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UNE DES FONTAINES DE LA PLACE DE LA CONCORDE

25 octobre, y fut dressé robélisque de Louqsor, amené d'Égypt( avec d'énormes difficiiUés, et qu'on eut aussi toutes les peines du mond( à installer sur son piédestal. ])urant les années suivantes, ïlittorlT, l'architecte de Saint-Yincent-de-Paul et de tant d'autres édifices du même temps, compléta la décoration de la place de la Concorde ; sur lei piédestaux massifs qui en marquaient le pourtour furent mises des statues personniflant les huit principales villes de France : Lyon, Mar seille, Bordeaux, Nantes, Lille, T3rest, Rouen, Strasbourg. On sait lej manifestations patriotiques dont cette dernière est fréquemment l'objet Elle est de Pradier, ainsi que celle de Lille. En même temps étaien construites les deux fontaines placées de chaque côté de l'obélisque Par une singulière rencontre, qui n'est pas due tout à fait au hasard les deux paires de groupes de chevaux qui ornent l'entrée du jardii des Tuileries, d'une part, et, vis-à-vis, celle des Champs-Elysées, proviennent du château de Marly; aux Tuileries, c'est un Mercure et une

Force, la Paix, la Prudence, la Justice, dont la vue inspira ce distique, bien souvent cité :

la belle statue ! le beau piédestal !

Les vertus sont à pied, le vice est à cheval I

Elle ne devait rester debout que trente ans: le 12 août 1792, l'Assemblée législative en ordonnait la destruction, et la place Louis^XV devenait place de la Révolution.

Dès 1753, Gabriel, le meilleur architecte du temps, avait été choisi pour construire les deux bâtiments formant les angles de la rue Royale. Ils ne furent achevés qu'en 1772 ; celui de droite, aujourd'hui ministère de la Marine, eut des affectations diverses : il dut d'abord être l'hôtel des Monnaies, mais on trouva cet emplacement bien éloigné du centre de la ville, et on en fit le garde-meuble de la couronne. L'autre, du côté de la rue Boissy-d'Anglas — que l'on nommait alors rue de la Bonne-Morue — a eu de multiples propriétaires. On le désigne souvent sous le nom d'hôtel Grillon. V Automobile-Club a pris possession, en 1898, d'une partie de ses bâtiments, qu'on a luxueusement modernisés pour lui.

Les deux façades de Gabriel sont universellement appréciées pour leur architecture majestueuse; leur style est, dans son ensemble, d'ordre corinthien, comme l'École militaire, du même Gabriel ; ce ne sont pas des hôtels, mais réellement des palais.

La place conserva cet aspect jusqu'en 1836. Cette année-là, le

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