‹ Paris--atlasChapitre 123 sur 339 · LA STATUE DE LA VILLE DE STRASBOURQ · texte numérisé non relu

LA STATUE DE LA VILLE DE STRASBOURQ

bien des gens se sont imaginé que cet incendie était un nouveau spectacle et éclairait magnifiquement la place pendant qu'on formait l'illumination. Mais, pendant ce temps, il se passait une scène infiniment plus tragique. La place n'ayant, à proprement parler, qu'un débouché dans cette partie, du côté de la ville, et la foule s'y portant, indépendemment des voitures qui venaient prendre ceux qui avaient été invités aux loges du gouverneur et de la Ville, pratiquées dans les bâtiments neufs, un fossé qu'on n'avait point comblé, et qui s'est trouvé au passage de quantité de gens poussés par derrière, les a fait trébucher, ce qui a occasionné des cris et un effroi général. Trop peu de gardes ne pouvant suffire à contenir la presse ont été obligés de succomber ou de se retirer; des filous, sans doute, augmentant le tumulte pour mieux faire leurs coups, des gens oppressés mettant l'épée à la main pour se faire jour ,^ ont occasionné une boucherie effroyable, qui a duré jusqu'à ce qu'un renfort puissant du guet ait rétabli l'ordre. On a commencé par emporter les blessés comme on a pu, et ce spectacle était plutôt l'idée d'une ville assiégée que d'une fête de mariage. Quant aux cadavres, on les a déposés dans le cimetière de la Madeleine et l'on y en compte aujourd'hui 133. M. le comte d'Argental, envoyé de Parme, a eu l'épaule démise, et M. l'abbé Rose,' aussi ministre étranger, a été renversé et est horriblement froissé et meurtri. »

Inauguration de sinistre augure, car vingt-trois ans après, deux héros de la fête allaient, sur cette même place, gravir l'échafaud révolutionnaire, où tant d'autres devaient porter leur tête avant et après eux.

Phot Nourdoirv.

PERSPECTIVE DE L'AVENUE DES CHAMPS-ELYSÉES (Vue de la place de la Concorde).

Phot. Neurdein.

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