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LE ROND-POINT DE L'AVENUE DES CHAMPS-ELYSÉES

position universelle de 185o y fut installée; depuis, il servait aux Salons annuels de peinture, aux réunions du concours hippique, à diverses expositions commerciales. Sa disparition, peu regrettable d'ailleurs, s'imposait dès que fut décidée, à l'occasion de l'Exposition de 1900, la construction d'un pont dans l'alignement de la façade des Invalides. Elle a eu lavantage de rétablir, au profit des Champs-Elysées, une perspective que l'édifice démoli avait supprimée d'une façon très fâcheuse. En outre, on l'a remplacé par deux palais destinés aux Beaux-Arts, le Grand et le Petit Palais, bordant la grandiose avenue Nicolas II, et qui sont des œuvres architecturales de premier ordre. MM. Deglane, Louvet et Thomas ont construit le premier; M. Girault est l'architecte du second.

Le Cours la Reine, avons-nous dit, date du xvn« siècle. C'est Marie de Médicis qui eut l'idée, en 1628, de créer cette promenade, — d'où son nom; mais si l'on en croit ïallemant des Réaux, il mériterait mieux de s'appeler Cours Bassompierre : « On luy a l'obligation, dit-il dans son Historiette sur le maréchal de Bassompierre, de ce que le Cours dure encore, car ce fut luy qui se tourmenta pour le faire revestir du costé de l'eau et pour faire faire un pont de pierre sur le fossé de la ville. » Quand on sait que Bassompierre habitait alors Chaillot, on se persuade que ce n'était pas le seul bien public qui le faisait se <( tourmenter» de la sorte.Le Cours — tout court — n'était pas alors ce qu'il est aujourd'hui; confondu avec les Champs-Elysées, il en a partagé toutes les élégances, dédaigneux, au moins dans sa première partie, entre la place de la Concorde et le pont des Invalides, de faire corps avec son voisin, le quai de la Conférence. Celui.-ci, en effet est parallèle au Cours la Reine et paraît se confondre avec lui. Il doit son nom à un fait historique, aux fameuses conférences tenues en 1593 à Suresnes, et qui aboutirent à la capitulation de Paris devant Henri IV, et à cefie de Henri IV devant Paris, s'il est vrai que le mot célèbre ait été réellement dit : (( Paris vaut bien une messe. »

Le pont Alexandre III lui a donné une nouvelle parure, qui est radieuse.

Sa construction et sa dénomination ont été décidées par décret du 4 octobre 1896 ; la première pierre en fut posée, on se rappelle au milieu de quelles fêtes et de quel enthousiasme, le 7 octobre suivant, par Nicolas II, empereur de Russie.

Avec un tact parfait, on avait voulu honorer le fils en commémorant le souvenir du père, en lui rappelant les sympathies que son nom gardait dans les cœurs français.

Ce pont, le i^lus beau

HUITIEME ARRONDISSEMENT

de Paris par lui-même autant que par sa situation, a été construit, de la fm de 1896 au commencement de l'année 1900, sur les plans et sous la direction de M. Resal, ingénieur en chef des ponts et chaussées. Sa courbure est gracieuse, ses piles sont ornées de motifs de sculpture bien traités, deux pylônes monumentaux s'élèvent à chacune de ses extrémités. Ces pylônes supportent à leur base des statues de femmes représentant allégoriquement la France aux grandes époques de notre histoire : la France féodale, la France au temps de Louis XIV, . la France de la Révolution, la France moderne. Leur sommet est couronné de chevaux ailés que^ tient en main un héraut et qui personnifient les Renommées. I^e^l'autre côté du pont des Invalides, le Cours la Reine est bordé, du côté droit, de luxueux hôtels. Au coin de la rue Rayard, une maison charmante du xvi" siècle retient l'attention. Elle est généralement connue sous le nom de maison François P^, bien que certains des médaillons qu'elle porte sur sa façade représentent, dit-on, les portraits de Henri II et de François IL Ce que l'on .sait mieux, c'est que, construite à Moret au temps de la Renaissance, elle fut rapportée et réédifiée, pierre à pierre, au Cours la Reine, en 1823. C'était l'année où des rues^ nouvelles s'ouvraient dans cette région : on leur donna des noms en harmonie avec le

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