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LE GRAND PALAIS DES CHAMPS-ELYSÉES

prier la maison de retraite de Sainte-Périne, que le premier Empire avait instituée là, entre les rues de Chaillot et du Chemin-de-Versailles (aujourd'hui rue Galilée). Nous la retrouverons à Auteuil. La rue du Fauhourg-Saint-Honoré, anciennement rue du Faubourg-du-RoulC' depuis la rue Matignon, est l'artère historique du 30' quartier de Paris, dénommé un peu archaïquement faubourg' du Roule. Ce n'est que tardivement, disions-nous plus haut, que les maisons s'élevèrent le long de cette voie, qui était pourtant la route directe de Saint-Germain et de la Normandie par Neuilly avant l'ouverture de l'avenue de Neuilly. La nécessité d'y créer une paroisse ne fut reconnue que l'avant-dernière année duxvii^ siècle, en 1699. Jusque-là, les habitants se contentaient de l'église de la Villel'Évêque, ou de celle de Villiers.

Dès le commencement du xiu« siècle, une léproserie existait dans ces parages, au croisement de la chaussée du Roule avec le chemin dit des Percherons (rue de La Roëtie). Elle avait un caractère très spécial; n'y étaient admis que les ouvriers de la corporation des monnayeurs atteints de la lèpre. Avec le temps, la hideuse maladie disparut, du moins en tant que fléau coutumier; lamaladrerie du Roule n'en resta pas moins debout; elle devint un hôpital ordinaire —un hospice, plus exactement — pour les monnayeurs devenus vieux ou infirmes. C'est la chapelle de cet établissement qui fut érigée en paroisse en 1699. On lui conserva son vocable de saint Jacques et saint Philippe. Elle était vieille de quatre siècles et demi environ lorsque son état de délabrement contraignit à la démolir en 1739. Le service paroissial fut long-

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VUE GÉISÉRALE DU POIST ALEXANDRE IIL

temps fait dans une sorte de grange, jusqu'à qu'on se soit décidé à approuver les plans de Ghalgrin pour la reconstruction d'un véritable édifice sur l'emplacement même de l'ancienne chapelle. C'est l'église actuelle, Saint- Philippe-du-Roule, aujourd'hui l'une des principales de Paris. La première pierre en fut posée en 1774, mais le monument ne fut livré au culte que le 30 avril 1784.

Si l'on examine des plans de Paris au xvni® siècle, on se rend compte que la Pépinière du roi a occupé deux emplacements différents, au quartier du Roule : le plus ancien était entre les Champs- Elysées et la rue du Faubourg -du -Roule, d'une part, les rues de La Boëtie et de Berry, d'autre part.

En 1720 environ, on la transféra de l'autre côté du faubourg, et elle s'étendit jusque vers la place actuelle de Saint-Augustin.

C'est pour cela que la rue de la Pépinière aurait dû conserver son ancienne dénomination jusqu'à l'avenue des Champs-Elysées.

On a eu tort de la débaptiser partiellement en l'honneur d'Abbatucci, d'abord, puis de La Boëtie, dont il était aisé de consacrer ailleurs la mémoire.

L'hôpital Beaujon, au delà du boulevard Hauss-

mann, avait eu, à l'origine, une destination bien plus modeste, mais également charitable. Enrichi quelque peu scandaleusement parles produits de la Ferme générale, le financier Beaujon avait jugé bon de rendre aux pauvres un peu de leur bien. Il obtint du roi en 1785 des lettres patentes pour la fondation d'un hospice : « Le sieur Nicolas Beaujon... nous a très humblement fait représenter qu'ayant formé depuis longtemps le projet d'établir et fonder dans la paroisse de Saint-Philippe-du-Roule, dont les besoins lui sont connus, un hospice pour y faire nourrir et instruire vingt-quatre pauvres enfans, orphelins \ ou autres, natifs de ladite paroisse, moitié garçons et moitié fiUe;^ lans lequel hospice les habitans de ladite paroisse pourront envoyer leurs enfans pour y être instruits gratuitement...» La Convention, en 1795, en fit un hôpital ordinaire et il l'est resté. On y compte près de six cents lits.

Deux groupes de rues très calmes, très riches aussi, coupés par la belle avenue de Friedland, bordent la partie occidentale du faubourg Saint-Honoré. Dans le premier, nous signalerons la maison qui porte le no6 de la rue d'Artois (rue des Écuries-d'Artois jusqu'en 1897) comme celle où mourut Alfred de Vigny le ,17 septembre 1862. Le second groupe forme lui-même deux îlots séparés par l'avenue Hoche. La rue de

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