ENTRÉE ET GRILLE PRINCIPALES DU PARC MONCEAU
en 1887, a une entrée secondaire ; la façade principale est située sur la rue du Rocher. Cette dernière voie, que nous trouvions tout à l'heure mentionnée sous le nom de rue de la Roche, en 1778, est bien ancienne ; elle n'est autre que l'ancien chemin d'Argenteuil. Dans sa partie supérieure, au-dessus de la roche qui lui a valu sa dénomination, elle s'appelait, sans qu'on ait pu expliquer pourquoi, chemin des Errancis. A cet endroit, à gauche, s'ouvrait le cimetière des Errancis où furent inhumées plusieurs victimes de la Révolution.
Le collège Chaptal occupe, sur le point culminant de la colline, l'îlot compris entre les i^ues de Rome, Bernouilli, Andrieux et le boulevard des Batignolles. C'est en 1875 "que les élèves y ont été transférés de l'ancien collège situé rue Blanche, dans le IX*^ arrondissement, où nous le retrouverons. L'édifice fait honneur à son architecte, M, Train. Jusqu'à l'année 1898 on put voir, sur le boulevard des Batignolles, au delà de la rue Andrieux, de vastes réservoirs à ciel ouvert, connus admiuistrativement sous le nom de réservoirs de Monceau; c'était le point terminus du canal de l'Ourcq. Ils ont été supprimés, comblés, et sur leur emplacement s'élevèrent, l'année suivante, de belles maisons de rapport, numérotées de 55 à 63.
Un peu plus à l'Ouest, existait depuis le moyen âge, un château seigneurial qu'on appelait Monceaux ou Mousseaux, mais dont l'origine doit bien probablement être Monticellum, c'est-à-dire monticule, et elle est justifiée par la situation du lieu. C'était un vaste domaine qui fut successivement occupé par des propriétaires assez obscurs. Philippe, duc d'Orléans, en devint possesseur sous Louis XYL II confia à Carmontelle, en 1778, la mission de transformer le parc en jardin anglais avec toute l'élégance désirable. Telle est l'origine du parc Monceau. Confisqué avec tous les autres biens de la famille d'Orléans par la Révolution, restitué plus tard à cette famille par les Bourbons, abandonné pendant longtemps à l'indépendance de la végétation, le parc allait enfin attirer l'attention de la Ville. Un décret du 23 janvier 1852 l'expropria; ses possesseurs indivis reçurent en échange une indemnité de près de dix millions, sur laquelle la Ville retrouva plus de huit millions par la cession de parties de terrain aliénées; un plan nouveau fut donné à l'ancien parc, tout en lui conservant tout ce qui était utilisable, et il faut reconnaître que les Le Nôtres et lesGarmontelles d'alors firent merveille.
. On ne compta pas, d'ailleurs, avec eux :
les Mémoires d'Haussmann révèlent que ladépense s'éleva à 1 190 000 francs, dont près de 500000 pour les grilles d'entrées
et celles qui entourent la promenade. Et Haussmann ajoute : « Les autres dépenses ont eu pour objets la restauration de la rotonde à colonnes des boulevards de Courcelles et de la Naumachie ; l'établissemet d'un service d'eau pour l'alimentation des bouches d'arrosage et de la cascade tombant du rocher à grotte dont le goût public imposait alors la construction aux décorateurs de nos promenades importantes; le vallonnement des pelouses, les plantations des arbres et arbustes de choix, isolés ou groupés en massifs, et les corbeilles de plantes vertes et de fleurs. Tous les travaux furent exécutés en neuf mois, de janvier à septembre 1861. »
On peut lui préférer le Luxembourg, plus vaste, le parc des Buttes- Chaumont, plus accidenté; il n'est pas possible de lui contester une supériorité de distinction, d'élégance raffinée, due en partie au quartier même et à ses visiteurs habituels. Il faut y admirer ce joli bassin ombragé que l'on appelle assez improprement la Naumachie et dont une colonnade à demi ruinée, provenant de l'ancienne chapelle des Valois à l'abbaye de Saint-Denis, augmente le charme mélancolique. On s'arrête aussi avec respect devant les beaux monuments élevés à la mémoire de Bizet (1895), de Guy de Maupassant (1897), d'Ambroise Thomas (1900). La rotonde qui forme l'entrée du parc sur le boulevard de Courcelles était l'une des anciennes barrières de l'enceinte des fer-
Phot. Neurdein.