ENTRÉE DU MINISTÈRE DE L'INTÉRIEUR
Phot. Nf^urdein.
FAÇADE DE LA GARE SAINT-LAZARE (bâtiment ouest)
d'Évreux a subi des transformations considérables. Les plus importantes, celles qui lui ont donné son aspect actuel, datent de Napoléon III, qui confia la restauration presque totale du palais à M. Lacroix, architecte. C'est alors, notamment, que fut élevée la façade sur la rue de l'Elysée, ouverte à cette occasion en 1860. Depuis la République, de nouvelles dispositions ont été apportées soit dans les constructions, soit dans les jardins, sur le désir des présidents. La principale modification est de fraîche date : elle consiste dans la création d une entrée d'honneur du palais sur l'avenue Gabriel et les Champs- Elysées (1900).
De la place Beauvau à la rue Boissy-d'Anglas, la rue du Faubourg- Saint-Honoré .est bornée (côté impair) de somptueux hôtels, parmi lesquels nous citerons l'hôtel de Brunoy, aujourd'hui hôtel Bagration, au n'' 47, et l'ambassade d'Angleterre qui s'est installée en 1815 dans l'ancien hôtel de Charost, au n°39. Tous s'étendent par derrière jusqu'à cette ombreuse et chavmdLïite avenue Gabriel, percée en 1818, et qui est un des plus grands charmes des Champs-Elysées. Elle ne peut donc pas être sur le plan de Maire, daté de 1803, mais les hôtels y sont figurés avec cette mention d'un enthousiasme un peu excessif : « Enfilade d'hôtels magnifiques ».
Quartier de l'Europe. -- Il est le dernier né de l'ancien Paris, de même que son voisin d'au delà des anciens boulevards extérieurs, celui de la Plaine-Monceau, est le plus jeune en date du nouveau Paris. Il fallut, pour en faire ce qu'il est, c'est-à-dire l'un des plus agréables de la capitale, la baguette transformatrice d'Haussmann, y perçant des boulevards et des rues, créant un parc magnifique, jetant bas un abattoir, élevant une église luxueuse entre toutes. Avec la gare Saint-Lazare,
l'industrie des chemins de fer s'est chargée de faire le reste.
C'était encore un désert, lorsque, sous Charles X, des spéculateurs firent approu • ver par ordonnance royale du 2 février 1826 un projet d'ouverture de rues portant les noms de grandes capitales européennes et devant aboutii" à une place circulaire, dite « place d'Europe ».
Le quartier de l'Europe était créé, mais sur les plans et dans les études de notaires plus que dans la réalité. Il suffirait de regarder les maisons pourvoir qu'elles sont toutes, ou à peu près, postérieures à Louis-Philippe ; celles qui ont moins de cinquante ans de date sont en immense majorité. La place d'Europe primitive était ornée à son centre d'un jardin clos d'une grille, qui disparut en 1864; eUe reçut sa disposition actuelle en 1866 et deyini place de V Europe. Cette disposition, fort ingénieuse, est celle d'un pont en étoile, sous lequel passent les multiples voies de la ligne de l'Ouest.
Vers l'endroit où la rue d'Athènes aboutit à la rue de Londres fut jadis l'entrée de la gare du chemin de fer de Saint-Germain, le doyen de nos voies r'errées, dont l'exploitation commença le 26 août 1837. « La musique de la garde nationale, dit Maxime du Camp, joua des fanfares pendant le trajet qui dura vingt-cinq minutes; on fit des discours, personne ne s'enrhuma sous les tunnels, la locomotive n'éclata point, les wagons ne déraillèrent pas, et l'on put croire qu'un voyage en chemin de fer n'était pas nécessairement mortel. »
Quelques années après, l'entreprise en pleine prospérité s'annexait l'exploitation des lignes de Versailles et de Rouen ; déjà Te modeste « embarcadère » du début devenait insuffisant ; on le reconstruisit en 1843, en bordure de la rue Saint-Lazare, d'où son nom de gare Saint- Lazare. C'était — on se le rappelle encore — un bâtiment haut de trois étages, précédé d'un large perron d'une vingtaine de marches, situé au fond d'une cour de dimensions médiocres, bordée de chaque côté de galeries couvertes où les librairies et les cafés avaient le plus souhaitable emplacement pour faire des affaires. Plus tard, sur le côté gauche du bâtiment principal, fut construite une longue galerie prolongée en 1867 jusqu'à la rue de Rome, et dans laquelle étaient centralisés les services de banlieue et de Ceinture. Enfin, un remaniement complet de la gare fut entrepris, en 1885, sur les plans de M. Lisch, inspecteur général des monuments historiques, et, achevé en 1889, lui donna l'aspect très monumental sous lequel nous la voyons aujourd'hui. Une longue façade règne parallèlement à la rue Saint-Lazare, entre les rues d'Amsterdam et de Rome. A l'angle de chacune de ces rues, s'ouvre une vaste cour, du côté de la première, cour des grandes lignes, cour des lignes de banlieue, du côté de la seconde. Entre elles, se dresse l'hôtel Terminus, relié à la gare par une passerelle, et sur la rue de Rome, s'élèvent les bâtiments de la direction et de l'exploitation. A l'intérieur, les façades donnant sur la voie ont été conservées, et seulement agrandies ainsi que l'immense hall sous lequel trente trains peuvent trouver abri. Dans la rue de Rome, ouverte en 1864, le lycée Racine, fondé
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