LES GRANDS BOULEVARDS A L'ANGLE DE LA RUE DROUOT
et finalement démolie en 1796 pour cause de ruine; le n° 54 de la rue Lamartine représente son emplacement.
Le culte fut transféré alors dans la chapelle du cimetière désatîecté de Saint-Eustache, et ce n'est qu'en 1822 que Louis XVIII ordonna la construction d'une véritable église paroissiale. Hippolyte Le Bas en fut chargé après concours, et réellement l'on se demande comment
pouvaient être les autres projets pour que le sien ait été jugé le meilleur.
Il est difficile, en effet, de rêver un édifice d'aspect plus disgracieux.
L'intérieur, par contre, grâce à de belles fresques et à un luxe que seules admettent nos églises modernes, fait oublier la nudité de l'extérieur.
Quartier du Faubourg' Montmartre.
— On a beaucoup disserté sur Tétymologie de la Grange-Batelière, vaste fief, avons -nous dit, auquel le quartier du Faubourg Montmartre a succédé dans sa partie orientale. A en croire certains auteurs, ordinairement bien informés, il y aurait eu là, dès le haut moyen âge, un champ clos réservé aux joutes, aux batailles, d'où le nom de Grange bataillère, que les scribes traduisaient par granchia prœliata. En dépit de l'autorité de l'abbé Lebeuf, qui a défendu cette thèse, nous avons peine à y croire, et il nous paraît plus probable, d'après d'autres textes, que c'était la grange d'un nommé Batelier ou Gastelier (cette dernière forme se rencontre déjà en 1308), à moins qu'il se soit simplement agi du batelier même qui faisait passer dans son bac le ruisseau de Ménilmontant, déchu maintenant, et depuis longtemps, au point d'être un égout que recouvre la rue de Provence dans toute sa longueur. Jusqu'au commencement du xviii^ siècle, le fief resta aux mains des maraîchers ; alors un financier, nommé Crozat, donna l'exemple d'y bâtir, et peu après, cela devint une sorte de frénésie. Les fermiers généraux