LA SYNAGOGUE DE LA RUE DE LA VICTOIRE
s'en mêlèrent; ils se firent construire des hôtels, entourés de jardins que peu après ils convertirent en maisons de rapport; les hôtels particuliers disparurent eux-mêmes ; de nombreuses voies furent percées. Sous Louis XYI un quartier nouveau était né. La rue de la Grange-Batelière en fut tout d'abord l'accès principal. Dès 1704, des lettres patentes autorisèrent son prolongement en retour d'équerre jusqu'au rempart {rue JDrouot). De 1779 à 1786, furent ouvertes les rues Rossini (d'abord cul-de-sac de la Grange-Batelière, puis rue Pinon), Chauchat, Lepeletier.
Peu de monuments dignes d'intérêt dans cette région; rue Drouot, l'hôtel des Commissaires-priseurs (Hôtel des Ventes), construit en 1858, est un type remarquable de la vilaine architecture ; il a un digne pendant dans le temple protestant, trapu et affreux, qui s'ouvre sur la rue Ghauchat. En revanche, la synagogue de la rue de la Victoire offre aux regards, même profanes, une façade harmonieuse et de bon ton. Rue Drouot encore, l'hôtel au Figaro, qm date de 1874 et a été agrandi par l'adjonction de la maison voisine, en 1897, est coquet et sémillant. Il a eu pour architecte Aimé Sauffroy ; la statue de Figaro occupé à aiguiser malicieusement sa plume est due — circonstance assez rare — à la collaboration de deux sculpteurs. Boisseau et Amy. La mairie de l'arrondissement occupe un hôtel du siècle dernier, où elle succéda, en 1849, à Aguado. Dans la cour se voit, sans qu'on en aperçoive bien la raison, une statue de Voltaire jeune, par Lambert.
Nous ne parlons que pour méînoire de l'ancien Opéra, rue Lepe-