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VUE DE LA GARE DE L'EST

Phot. Neurdein.

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L'ENCLOS SAINT-LAURENT. — 37« quartier : St-VINCENT-DE-PAUL. 38« QUARTIER : PORTE-St-DENIS. — 39« quartier : PORTE-St-MARTIN. - 40° quartier : HOPITAL-St-LOUIS.

ORS du remaniement de 18B9 qui porta à vingt les douze arrondissements précédents, les bureaux de la préfecture de la Seine durent éprouver quelque embarras à choisir une dénomination appropriée au territoire du nouveau X« arrondissement. Peu de monuments; aucun d'eux ne pouvant être comparé à ceux qui avaient donné leur nom aux neuf premiers arrondissements; aucune situation géographique suffisante ou caractéristique de toute la région. Que faire? On se rabattit sur un vieux souvenir : la foire Saint-Laurent; mais, comme un pareil vocable eût manqué de dignité, la difficulté fut tournée, et celui qui trouva le nom d'Enclos Saint-Laurent et le fit agréer dut, ce jour-là, être content de lui. Nous eussions mieux aimé : Enclos Saint-Lazare; on verra plus Las pourquoi.

Gomme son voisin le IX% l'arrondissement de l'Enclos Saint-Laurent constitue une partie importante du vaste faubourg du Nord qui se forma au delà de l'enceinte de Charles V, renforcée au xvi^ siècle par celle de Henri II, dont le tracé correspond, pour le X^ arrondissement, aux boulevards Saint-Martin, Saint-Denis et Bonne-Nouvelle.

Cette formation ne prit quelque corps que dans la seconde moitié du XVII® siècle et se poursuivit lentement. L'avant-dernière enceinte qu'ait eue Paris, celle des fermiers généraux sous Louis XVI, fit entrer le faubourg dans la ville, mais les espaces vides, les terrains en culture ou même tout à fait incultes y restèrent encore nombreux; aussi, les deux chemins de fer du Nord et de l'Est trouvèrent-ils aisément et à bon

compte les superficies nécessaires au développement de leur exploitation ; faute de quoi, ils eussent dû installer leurs terminus plus loin du centre, à la Chapelle et à la Yillette.

Le X^ arrondissement occupe une surface de 286 hectares. Les dix arrondissements qui le suivent dans l'ordre numérique sont tous plus vastes; en revanche, il est le plus grand des neuf qui le précèdent, exception faite du YIIP.

Ses limites sont faites par l'axe de grandes voies : à l'Ouest, la rue du Faubourg-Poissonnière qui le sépare du IX«; au Nord-Est, les boulevards de la Chapelle et de la Villette qui le séparent des XVIIP et XIX« arrondissements; à l'Est, la rue du Faubourg-du-Temple, qui le sépare du XI^ ; au Sud, la ligne des grands boulevards, qui le séparent des III^ et IP arrondissements. Antérieurement à cette division, créée par la loi du 16 juin 1859, son territoire était réparti entre les IIP et Y^ arrondissements.

La physionomie générale de la région est très diverse suivant ses quartiers. Celui de Saint-Yincent-de-Paul, le plus riche et le mieux bâti, appartient au haut commerce et à la bourgeoisie; ceux de la Porte-Saint-Denis et de la Porte-Saint-Martin à la production et à l'exportation industrielles, en même temps qu'ils abritent un grand nombre d'artisans et petits commerçants. Quant au quartier de l'Hôpital- Saint-Louis, il est caractérisé par une particularité que nous n'avons pas encore rencontrée : un canal, dont le trafic est fort actif, le traverse, donnant ainsi à ce coin de Paris quelque chose de l'aspect d'une ville des Pays-Bas.

Au point de vue historique, on ne nous en voudra pas de ne pas

remonter plus haut que la période quatornairt». DanB un Rajrpmi nir la mairie du X^ arrondissement qui, sous sa Inniu» adniinlstralivo, (îsl une œuvre historique considérable et qun nous (ïlerons plusiinira lois, M. Georges Yillain, conseiller municipal de l'arroiulissemcHl, a élahli qu'à l'époque préhistorique la vallée do la Si^iue compojlail, au .\<n'd du lit actuel du fleuve, un plateau, lari^i» d'environ ijCRiU nu'4n*Sj ion d'une lieue. Au delà de ce plateau, que M. Villain appelle idéalement île Saint-Martin a en raison de l'ancien prieuré de Saint-Martindes-Ghamps devenu aujourd'hui le Gonservatoire des arts et métiers », le sol s'abaissait de nouveau et dans cette dépression coulait un bras Nord de la Seine qui, détaché du lit principal à hauteur du canal Saint-Martin, le rejoignait vers l'emplacement du pont de l'Aima. A l'époque historique, la dépression se combla peu à peu par des alluvions, et, là où passait un fleuve, des marais, des coutures comme on disait jadis, se créèrent.

Ajoutons à cette ingénieuse démonstration que le bras Nord ne disparut pas entièrement; il fut représenté durant tout le moyen âge par ce qu'on appelait le ruisseau de Ménilmontant, plus tard converti en égout, dont le tracé correspond exactement à celui qu'a reconstitué M. Yillain, puisqu'on le retrouve sous les rues du Ghâteau-d'Eau, de Provence, etc., et qu'il se termine au pied de la colline de Chaillot.

Depuis qu'on a établi que la voie romaine conduisant du Midi vers les provinces du nord franchissait la Seine sur le grand pont (aujourd'hui pont Notre-Dame) et se prolongeait en ligne droite par la rue et le faubourg Saint-Martin jusqu'au carrefour formé par la rue Philippe-de-Girard, on s'explique comment, dès le vi« siècle au moins, une église ait été jugée nécessaire dans le faubourg auquel elle donna son nom de Saint-Laurent. L'abbé Le-

Phot Neurdeiu.

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