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FAÇADE DE LA GARE DU NORD

bml", si ])ien informé des antiquités parisiennes, croyait à lorl (pie la voio roiyainé suivait le tracé de la rue et du faubourg Hainl-Drnis; (fest pour cela qu'il a été forcé de suppoHin* (|u<^ ITMlifice piimitif de Saint-Laurent s'élevait la maison de Saint-Lazare ; il ne le prnseraiL plus aujourd'hui.

Ni de ce premier édiflce, ni de celui qui le remplaça, rien n'est resté. Celui que nous avons sous les yeux date, dans sa construction essentielle, du xv^ siècle ; il fut dédié solennellement le 19 juin 1429, par l'évêque de Paris; le chœur et l'abside sont, en effet, de ce temps-là, mais la nef fut refaite au xvi« siècle, et les bascôtés, au siècle suivant. Dans son excellent Itinéraire archéotogique de Paris, Guilhermy attribuait au règne de Louis XV l'édification de la chapelle de la Vierge, qui termine assez disgracieusement l'église sur la rue du Faubourg-Saint-Martin.

Les documents recueillis par M. Villain apportent plus de précision : ils contiennent une délibération du l^ï' mai 1712, relative à la construction d'une chapelle neuve de la Vierge au pied du chevet du chœur jusqu'au mur de la rue, « chapelle qui semble fort nécessaire, tant pour l'embellissement de cette église, qui est fort serrée, que pour l'utilité par son agrandissement pour les paroissiens, d'autant plus que l'ancien plan l'avait désignée ».

Toutes les architectures sont représentées à Saint-Laurent; celle de notre époque l'est par la façade qui s'ouvre sur le boulevard de Strasbourg, et qu'on voulut mettre en harmonie avec l'importance de la nouvelle voie. Elle fut construite de 1862 à 1866 et a eu pour architecte M. Constant Dufeux. L'exécution de ce travail permit de retrouver l'inscription constatant que la première pierre du portail antérieur

avait été posée, le 21 juin 1621, par Charlotte-Marguerite de Montmorency, la mère du grand Condé.

Pendant la période révolutionnaire, Saint- Laurent, fermé au culte catholique, devint « temple de l'hymen et de la fidélité )>.

C'est à cette circonstance que doit son nom la rue de la Fidélité, ouverte en ce temps-là pour relier obliquement le faubourg Saint- Denis au faubourg Saint-Martin.

Le boulevard de Strasbourg, percé en 1852, en a supprimé l'extrémité orientale. La cour centrale de la gare de l'Est et la partie de la rue de Strasbourg comprise entre ce point et le boulevard Magenta, recouvrent l'emplacement d'une foire qui, pendant quatre siècles au moins, fut chère aux Parisiens, la foire Saint-Laurent.

Le prieuré de Saint-Lazare, que nous allons retrouver tout à l'heure, avait eu, dès son origine, le privilège d'ouvrir, devant ses bâtiments mêmes, une foire dite de Saint-Lazare, que Philippe- Auguste lui racheta, pour l'installer aux Ghampeaux, où, devenue permanente, elle donna naissance aux Halles.

Cent cinquante ans s'écoulèrent, et les religieux de Saint-Lazare purent^ sans grands scrupules, croire périmée la charte par la-

Piiot. JNeuruein.

DIXIÈME ARRONDISSEMENT

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quelle leurs prédécesseurs avaient aliéné le droit de tenir une foire en ces parages. Ils en créèrent donc une nouvelle sous l'invocation de saint Laurent. Elle ne devait, à l'origine, durer que le jour même de la fête du saint, c'est-à-dire le 10 août, mais peu à peu le délai s'augmenta de huit, puis de quinze jours. M. Arthur Heu- Ihard, qui a écrit un livre très bien renseigné sur la Foire Saint - Laurent ( Paris, 1878, in-8°), nous apprend que les bâtiments furent reconstruits en 1663 et que cette dépense, dont les archives de Saint- Lazare ont conservé l'état, s'éleva à 245,099 livres, 17 sous et 4 deniers.

Les grandes foires d'autrefois n'étaient pas, comme les nôtres, foraines et formées de « baraques » démontables ; elles occupaient des édifices faits pour elles, des « loges »

appropriées au commerce qui s'y faisait, desservies par Me véritables rues. A la foire Saint-Laurent, il y avait la rue de la Lingerie, celle des Trois -Pavillons, les rues Saint-Lazare, Saint-Laurent, Princesse, Dauphine, Royale,

qui devenaient plus que mornes, absolument désertes, en dehors de la tenue de la foire. Mais, pendant cette quinzaine d'août, quelle animation, quelle foule, que d'éclats de rireî Les guinguettes y étaient noiilbreuses, en proportion avec la chaleur de la saison et Ton s'y pressait, entre deux visites, aux marionnettes du fameux Nicolet, chez les montreurs d'animaux, dans les loges de danseurs de corde. Mais la plus grande attraction de la foire, c'étaient les théâtres. L'Opéra-

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