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ANCIEN PONT LOUIS-PHILIPPE ET PASSERELLE DE LA CITE

corps défendant. Une fois de plus, les Parisiens arrosèrent de leur sang les fondations d'un nouveau régime.

Deux faits capitaux pour le développement de Paris marquent le règne de Louis-Philippe : la création des chemins de fer (le premier fut celui dé Paris à Saint-Germain en 1837) et la construction des for-

tifîcations. On a peine à comprendre aujourd'hui l'opposition qui fut faite à ces deux œuvres. Promoteur véhément de la seconde, M. Thiers était un adversaire résolu de la première. Il fut, plus tard, mieux placé que personne pour reconnaître leur utilité. Les chemins de fer ont, de plus en plus, continué à rendre d'incomparables services, si bien qu'il est impossible d'imaginer aujourd'hui ce qui arriverait s'ils nous manquaient. Quant aux remparts, moins durable aura été leur existence. Les progrès de la civilisation s'étendant à ceux de Fart militaire, ont rendu, paraît-il, leur protection inefficace, au moins dans la région de l'Ouest et du Nord-Oaest, où la Seine est considérée comme une barrière suffisante. Aussi leur démolition entre la porte du Point-du-Jour et celle de Pantin est-elle chose décidée; mais on n'oubliera pas que durant le siège de 1870, ils jouèrent leur rôle dans la glorieuse résistance de la cité.

Onpeut juger sévèrement le gouvernement politique de Napoléon III. Il y aurait injustice à méconnaître ce qu'il fit pour la ville. Peu importe que le désir de se conquérir de difficiles sympathies, que la spéculation aussi, aient été de puissants facteurs du souci dont témoignèrent l'empereur et son principal conseiller, Haussmann, pour la transformation de la capitale. La constatation reste entière.: Paris étouffait, manquait d'air, de jour, de larges débouchés correspondant à une circulation chaque

jour plus intense, de promenades, de boulevards pour les habitations de luxe.. Tout, cela lui fut donné. Les archéologues ont déploré, non sans raison, que çà et là quelque curieux monument du passé n'ait pas été épargné par un tracé brutal qui peut-être aurait pu l'éviter, nous persistons à penser que le remède fut meilleur que le dommage. Il suffit de s'égarer aujourd'hui dans l'un des quartiers, de plus en plus rares, que- nous a légués le vieux Paris, vers la rue Saint-Sauveur, par

exemple, ou en-

core autour de

Saint - Merri, pour se persuader que la capitale du monde n'aurait aucune prétention à ce titre si elle avait, dans toutes ses parties, conservé cet aspect.

Fort habilement, l'Empire s'intéressa aux quartiers excentriques, y créa des parcs superbes (les Buttes- Ghaumont, Montsouris), y perça des boulevards, y éleva des églises très fastueuses. Si leurs habitants ne lui en manifestèrent nulle reconnaissance, nous n'en sommes pas moins heureux de les avoir.

LA RUE DE LA cossoNNERiE Sa grande

ET LES PIMBES DES HALLES. ŒUVrC, QU ïtid,-

RUINES DE LA COMMANDERIE DE St-JEAN-DE-LATRAN EN 1853.

tière parisienne, fut Pextension des limites de la ville jusqu'au périmètre des fortifications. La loi du 16 juin 1859, ayant son effet à dater da 1°^ janvier 1860, annexa les territoires de onze communes suburbaines qui, depuis 1790, affleuraient la zone de l'enceinte des fermiers généraux : Auteuil, Passy, Batignolies-Monceau (formé, en 1830, de territoires provenant de Neuilly et de Glichy), Montmartre, La Chapelle, La Yillette, Belleville, Gharonne, Bercy, Yaugirard et Grenelle (démembré de Vaugirard de 1830). De timides protestations se produisirent, dont il ne fut pas tenu compte : les municipalités étaient d'ailleurs à la dévotion du souverain, choisies par lui, et se seraient bien gardées de résister à sa volonté.

Dès lors, Paris reçut la division en vingt arrrondissements qu'il a conservée jusqu'ici. Le plan en est ingénieux : c'est celui d' une spirale qui partant du centre géométrique se déroule en courbes excentriques.

Mais l'administration éprouva des difficultés quand il fallut attribuer le n*^ XIII à un arrondissement. Personne n'en voulait. Nous disons (pages 137 et 167) comment le chiffre terrible, refusé par Passy, échut aux Gobelins; on a peine à imaginer que, dans un siècle de lumière, la superstition ait eu tant de crédit encore. Finalement, voici le tableau des divisions adoptées. Pour la première fois, chaque arrondissement fut pourvu d'une dénomination, distincte de celle des quartiers et nous ne nous sommes pas fait faute de discuter certains des vocables adoptés :

P^ Arrondissement. Le Louvre. — Quartiers : Saint-Germain-l'Auxerrois. — Les Halles, — Le Palais-Royal. — La Place Vendôme.

Ile Arrondissement. La Bourse. — Quartiers : Gaillon. — Yivienne. — Le Mail. — Bonne-Nouvelle.

IIP Arrondissement. Le Temple, — Quartiers : Les Arts-et-Métiers. — Les Enfants-Rouges. — Les Archives. — Sainte-Avoye.

IV« Arrondissement. L'Hôéel-de- Ville. — Quartiers : Saint-Merri. — Saint-Gervais. — L'Arsenal. — Notre-Dam.e.

V® Arrondissement. Le Panthéon, — Quartiers : Saint-Yictor. — Le Jardin-des-Plantes. — Le Val-de-Grâce. — La Sorbonne.

VP Arrondissement. Le Luxembourg. — Quartiers : La Monnaie. — L'Odéon. — Notre-Dame-des-Ghamps. — Saint-Germain-des-Prés.

VIP Arrondissement. Le Palais-Bourbon. — Quartiers : Saint-Thomasd'Aquin. — Les Invalides. — L'École-Militaire. — Le Gros-Gaillou.

VHP Arrondissement. L'Elysée. — Quartiers : Les Champs-Elysées. — Le Faubourg-du-Roule. — La Madeleine. — L'Europe.

IX« Arrondissement. L'Opéra, — Quartiers : Saint-Georges. — La Ghaussée-d'Antin. — Le Faubourg-Montmartre. — Rochechouart.

X® Arrondissement. L'Enclos Saint -Laurent. — Quartiers : Saint- Vincent-de-Paul. — La Porte-Saint-Denis. — La Porte-Saint-Martin. — L'Hôpital-Saint-Louis.

XP Arrondissement. Popincourt, — Quartiers : La Folie -Méri-

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