VUE DES BERNARDINS AU COMMENCEMENT DU XIX« SIÈCLE
LE LOUVRE. — 1- QUARTIER : SAINT-GERMAIN-L'AUXERROIS. 2° QUARTIER : LES HALLES. — 3« quartier : LE PALAIS-ROYAL. — 4« quartier : LA PLACE VENDÔME.
E premier dans l'ordre numérique, cet arrondissement tient aussi la première place par rimportance des monuments que son territoire, dans un espace restreint, possède ou a possédés autrefois : des édifices comme le Louvre, le Palais-Royal, l'ancien Ghâtelet, les Tuileries, le Palais de Justice; — des églises telles que Saint- Eustache, Saint-Germain-l'Auxerrois, la Sainte- Chapelle ; — d'autres constructions de tout genre : le Pont-Neuf et la statue de Henri IV, la colonne Vendôme, les Halles, la fontaine des Innocents, — des rues dont le nom est célèbre dans tout l'univers : la rue de Rivoli, une partie de l'avenue ,de rOpéra, la rue Saint-Honoré.
La superficie du P^' arrondissement, di t Le Louvre, est de 190 hectares (c'est-à-dire fort au-dessous de la moyenne).
Ses limites sont les suivantes : le milieu du petit bras de la Seine à partir du pont Saint-Michel, le milieu du cours du fleuve jusqu'à la hauteur de l'extrémité du jardin des Tuileries, le mur Ouest de. ce
Paris-AtlaSo
jardin, l'axe des rues Saint-Florentin, Richepance et Duphot, du boulevard de la Madeleine, des rues des Capucines, des Petits-Champs, de La Feuillade, de la place des Victoires, de la rue Etienne-Marcel, du boulevard Sébastopol, du pont au Change, du boulevard du Palais et du pont Saint-Michel, pour la moitié Nord seulement.
Ses quatre quartiers sont dénommés : Saint-Germain-l'Auxerrois, les Halles, le Palais-Royal, la Place Vendôme.
Au dernier recensement, sa population était de 66,150 habitants, ce qui lui assure l'avantage appréciable d'être le moins peuplé des vingt arrondissements. Il suffit, pour ne pas s'en étonner, de jeter un coup d'œil sur le plan et de voir les vastes espaces non bâtis — ou non habités — qu'y occupent les monuments et les jardins.
De ce côté, d'ailleurs, la ville ne se développa que tard. Le Paris gallo-romain et mérovingien était restreint à la Cité, aux pentes de la montagne Sainte-Geneviève, à l'enclos de l'abbaye de Saint-Germaindes-Prés; sur la rive droite, il n'y avait que des bois, des marais et quand, au ix^ siècle, les Normands vinrent assiéger Paris, ils n'eurent à détruire, dans ces parages, que la modeste chapelle nommée alors
Saint-Geriiiain-le-Rond, — aujourd'hui Saint-Germainl'Auxerruis, — desservie par quelques moines.
Après les angoisses, après les terreurs de l'an mille, la rive droite commença à se défricher, à se bâtir, mais ce fut d'abord du côté de l'Est, entre le Châtelet et l'Hôtel de Ville; à cet égard, le lY^ arrondissement l'emporte sur le premier, mais d'un siècle à peine. Paris se développait promptement, et, à la fm du xn° siècle, toute la partie centrale du P^ arrondissement était habitée, si bien qu'elle fut englobée dans l'enceinte à laquelle Philippe-Auguste a donné son nom. Cette enceinte, pour la région qui nous occupe, est à peu près représentée par le tracé de la rue Turbigo à son intersection avec la rue Saint-Denis, les rues Mauconseil, du Jour et Oblin ; puis, par une ligne traversant les bâtiments de la Bourse du Commerce et rejoignant la Seine à hauteur du pont des Arts en passant