PRISON DE SAINT-LAZARE
ouvertes que dix ans plus tard. La gare primitive était de proportions très modestes, en rapport avec des services dont l'importance a centuplé depuis. La gare actuelle, construite par l'architecte Hittorfî, est le monument majestueux qui convient à ces services. Haussmann en parle dans ses Mémoires, que nous aimons à citer : « J'arrêtai, dit-il, de concert avec l'architecte, le tracé des trois voies d'accès de cette gare : l'avenue de Denain, qui se dirige de la rue La Fayette vers le milieu de la place de Roubaix, ménagée devant la façade; la rue de Gompiègne, conduisant à la cour de départ, la rue de Saint-Quentin, menant à la cour d'arrivée. Je fis ouvrir ces deux dernières voies selon ses indications, et il me joua le tour de changer ensuite le plan de sa construction et de déplacer l'entrée des cours de départ et d'arrivée qui ne sont plus en face des rues y conduisant. » Il nous semble bien qu outre de la mauvaise humeur, il y a là une inexactitude flagrante, caries deux rues en question sont bien réellement en face des deux cours de départ et d'arrivée.
Au mois d'avril 1898, la Compagnie du chemin de fer du Nord étant devenue propriétaire des deux immeubles de la rue de Dunkerque, qui séparaient cette cour d'arrivée de la rue du Faubourg-Saint-Denis, elle les a fait abattre pour élever à leur place un pavillon d'angle conçu dans le style général du monument, et qui donne accès aux voies de ceinture et de banlieue.
En même temps que la Compagnie du Nord, l'Assistance publique prenait possession d'une partie, la partie occidentale de l'enclos Saint- Lazare pour y faire construire un hôpital modèle, l'hôpital Lariboisière. Dans l'excellente monographie qu'il a écrite de cet établissement, le D'' Guérard rappelle que Lariboisière est le premier hôpital où le système des pavillons isolés ait été appliqué, et il ajoute que ce fut l'application d'études faites, dès l'année 1788, par l'Académie des sciences. « La disposition la plus salubre pour les hôpitaux, disait le mémoire rédigé alors pour ce corps savant, serait celle où chaque salle serait un hôpital particulier; mais ce qui serait une trop grande dépense quant aux salles devient praticable pour les bâtiments. »
On n'en vint pourtant à l'exécution qu'en 1845. L'hôpital, avant d'être construit, devait s'appeler hôpital du Nord; plus tard on le nomma hôpital Louis-Philippe, puis hôpital de la République, et enfin, Lariboisière, lorsque, par testament du 15 mai 1849, M^^^ Elisa Roy de Lariboisière eut légué sa fortune à la ville de Paris pour la fondation d'une maison hospitalière qui porterait son nom. Cette fortune s'élevait à 2 millions 600,000 francs.
De l'autre côté des voies du chemin de fer du Nord, juste en face de Lariboisière, se trouve un édifice que l'administration se refuse à considérer comme un hôpital et qu'elle désigne sous le nom de maison municipale de santé. Les Parisiens la connaissent mieux sous le nom de maison Dubois, et ils savent bien qu'en dépit de l'euphémisme ce n'est pas autre chose qu'un hôpital, mais un hôpital payant. « Elle est, dit le prospectus officiel que nous avons sous les yeux, par son installation et son caractère, particulièrement destinée aux personnes malades ou blessées qui, ne pou-
Phot. Gaillard.
DIXIÈME ARRONDISSEMENT
vant se faire traiter chez elles, ont besoin de soins assidus, de confort et d'indépendance. »
Beaucoup d'hommes de lettres, d'artistes, de bohèmes aussi, vivant un peu au jour le jour et sans foyer, prennent, quand il le faut, le chemin de la maison Dubois; il en est qui n'en reviennent pas, tel Murger, qui y mourut dans la nuit du 27 janvier 1861...
La partie septentrionale du quartier Saint- Yincentde-Paul n'offre pas grand aliment à la curiosité : la rue de l'Aqueduc doit son nom à l'aqueduc qui passe au-dessous d'elle, conduisant les eaux de TOurcq aux lointains quartiers de l'Europe et du Roule.
Sa voisine, la rue de Château- Landon, mérite une mention, moins pour elle-même que pour sa dénomination qui est inexacte : il faudrait dire de Ghâteau- Landon, M. Charles Sellier a excellemment établi, d'après les archives de la maison de Saint-Lazare, qu'il existait dans ces parages un domaine — château est bien ambitieux — auquel son propriétaire du xvii^ siècle, M. Landon, avait légué son nom. Le joli bourg de Château-Landon, dans le Gâtinais, doit donc renoncer à revendiquer toute paternité, et les frères Lazare avaient assurément la berlue lorsqu'ils ont écrit dans leur Dictionnaire, habituellement si exact : « Cette rue est ainsi appelée parce qu'elle se dirige vers le village de Château-Landon; » ils n'osent pas ajouter que ce village est sur la route d'Italie. La Nomenclature officielle devra, elle aussi, rectifier sur ce point sa prochaine édition.
Les fureteurs qui s'intéressent aux plus menus détails de la topographie parisienne apprendront peut-être avec intérêt qu'en 1866 la partie supérieure du boulevard Magenta s'est confondue avec une rue dite du Nord, depuis que, par décision du 22 janvier 1833, le ministre du Commerce et des Travaux publics avait substitué cette dénomination à celle de rue de la Barrière-Poissonnière qui faisait confusion avec les rues Poissonnière et du Faubourg-Poissonnière. Il paraît, d'après le mémoire préfectoral (Archives nationales, F. II, Seine, 6) que les propriétaires auraient préféré le nom d'André Cottier, que l'administration l'avait repoussé comme étant celui d'une personne existante, qu'elle avait proposé le nom de rue Clignancourt et que les intéressés s'en étaient tenus au vocable rue du Nord.
Qin'IaK dont* André CoHiri^? lue curimsr
pla<pM'n<* cons<M'v<M' ii la de la Villp {10.:;39, in-^i :
zms'Z'
Mri/iuirc pour qnarlAcr Pois-