VUE DE L'HOPITAL SAINT-LOUIS
maraîchère). Le Tivoli Waux-Hall n'est plus qu'une salle de bal et de réunions publiques, comme il y en a tant d'autres. Jadis, au temps des marais, il y avait, dans un passage un peu plus au sud, un Waux-Hall plein d'attraits : « Lieu charmant, distribué avec élégance », en dit encore, en 1815, Marchant, dans son Conducleur de VEtranger à Paris.
De l'autre côté du boulevard Magenta, la Bourse du Travail s'élève, depuis 1892, là où était un café célèbre par la multiplicité de ses billards. Aux plaisirs ont succédé les préoccupations sérieuses, sinon le calme.
Sur une longueur moindre d'un demi-kilomètre, le boulevard Sainl- Martin n'offre pas moins de quatre façades de théâtres. Celle de l'Opéra populaire est la plus simple, car elle ne se distingue pas d'une maison ordinaire ; la nouvelle entreprise ne s'y est installée que dans le courant de 1900, succédant aux Folies-Dramatiques qui y étaient depuis le 30 décembre 1862, et là, que de succès, avec Lecocq et d'autres, y avait recueillis l'opérette !
L'Ambigu-Comique, ou plus simplement l'Ambigu, date de 1827 et soutient sa réputation; le drame, le mélodrame y font chaque soir verser des pleurs sans relâche.
Le théâtre de la Porte-Saint-Martin a des parchemins plus vénérables encore, et, s'ils sont authentiques, plus curieux. On raconte qu'il fut construit par Lenoir, en moins de trois mois, pendant l'été de 1781, pour remplacer l'Opéra du Palais-Royal, qui venait de brûler, à un moment où ni la cour ni la ville ne pouvaient se passer de l'opéra. Voilà un tour de force qui n'a pas été réalisé pour l'Opéra -Comique !. Hâtons-nous de dire que ce n'est pas de la salle actuelle qu'il s'agit, mais de la piécédente,. qui fut incendiée pendant la semaine sanglante (de mai 1871), réédifiée aussitôt après et remaniée en grande partie pendant l'année 1891. Quant à l'édifice si hâtivement bâti par « le Romain », après avoir été tour à tour Opéra, « salle des Jeux Gymniques », puis, plus modestement, théâtre de la Porte-Saint-Martin, une incomparable période de gloire l'attendait, de 1830 à 1840, avec les drames immortels de Victor Hugo. C'est sur cette scène que furent joués Lucrèce Borgia, Marie Tudor, Hernani, Angelo, Buy Blas . . .
D'autres succès lui ont été réservés après sa reconstruction; nous n'en rappellerons qu'un : Cyrano de Bergerac.
Le théâtre de la Renaissance présente des états de services bien moins longs, car ils ne remontent qu'à 1875.
Lui aussi donna un fructueux