LA PLACE DE LA ROQUETTE ET LE PÉNITENCIER
DÉPÔT DES CONDAMNÉS (avant la démolition) ET LES CINQ DALLES DE LA GUILLOTINE.
Ville de Paris, reconnaissante, a fait mettre une plaque commémorative. Belges.
La mairie de l'arrondissement occupe un vaste espace triangulaire, limité par le boulevard Voltaire, la rue Sedaine (jadis rue Saint-Sabin) et l'avenue Parmentier. C'est un bon type de l'architecture municipale du second Empire ; elle a eu Bailly pour auteur.
Le boulevard Voltaire (du Prince-Eugène jusqu'en 1870) traverse les quatre quartiers de l'arrondissement, sur une longueur de 2,850 mètres. Il fut ouvert par sections, à commencer par la partie haute, entre 1857 et 1865. C'est une belle voie, bien bâtie, très pratique, mais insignifiante.
hfiplace Voltaire s'étend devant la mairie, avec un large développement, au croisement formé par le boulevard Voltaire, la rue de la Roquette et l'avenue Parmentier; elle est décorée d'une statue de Ledru-Rollin, par Steiner. Le célèbre homme d'État attend là, dans une attitude majestueuse, l'achèvement de l'avenue qui porte son nom; elle doit venir alDOutir à ce carrefour.
Quelques pas dans la direction du Père-Lachaise, et Ton est sur la trop fameuse place de la Roquette, Au xv® siècle, déjà, existait sur ces hauteurs un hameau dont la maison principale était le manoir d'un certain Regnault l'Espicier — nullement épicier, si ce n'est par le nom — une folie, comme celle de Méricourt ou Moricourt (voir plus haut), d'où le nom qui a conservé la rue de laFolie-Regnault.
L'espace était vaste, boisé, charmant. Au commencement du xvn^ siècle, les Jésuites de la maison professe en acquirent toute la partie orientale, la plus escarpée, qui devint leur maison de campagne, et par suite, celle du Père Lachaise. En 1637, les religieuses hospita-
lières de la Charité -Notre -Dame, établies à la place Royale, se firent construire un couvent, entouré d'un large enclos, dans la partie inférieure, plus voisine de Paris; on s'habitua vite à les appeler Hospitalières de la Roquette, parce que leur monastère barrait la rue de la Roquette. C'est alors que fut ouverte la rue des Murs-de-la-Roquette, qui contournait, par un retour d'équerre, les murs de ce couvent. En 1865, on a donné à l'une des branches de l'équerre le nom de la duchesse de Mercœur dont les libéralités avaient contribué à l'installation des Hospitalières. Sans la Révolution, les choses seraient peutêtre dans le même état; mais 1789 nous a ménagé bien d'autres surprises. Les religieuses dispersées, leur couvent rasé, la rue de la Roquette reprenant (en 1818) son tracé normal, une large place disponible de chaque côté de la place, voilà ce qui permit au gouvernement d'édifier deux prisons là où de pieuses filles avaient prié, et quelles prisons! Maintenant on estime que les établissements pénitentiaires doivent être relégués hors de Paris, témoins Fresnes et Montesson ; autrefois, sous le bon roi Louis-Philippe, on croyait bon de les ramener de la banlieue dans Paris, témoin la Roquette qui avait remplacé une des divisions de Bicêtre.
Nous signalerons, presque à l'angle du boulevard de Ménilmontant et de la rue du Chemin-Vert, le haut clocher d'une chapelle, dédiée à saint Hippolyte et appartenant à un couvent dit de Notre-Dame-de-Perpétuel-Secours, qui s'est installé là depuis peu.
A l'autre extrémité du quartier, tout en haut de la rue de Charonne, se voit la très jolie église flamande. Le faubourg Saint- Antoine et la région environnante comptent beaucoup de de gens de nos provinces du Nord, experts dans l'industrie du
COUR DE L'HOTEL DE VAUCANSON (rue de charonne).
meuble, et qui parlent peu ou mal ou pas du tout ]v français. Dès 1862, M»^'Delebecque prit Tinitiative de leur fournir une église oii les offices fussent célébrés en flaitiaiid^ et fit aménager à cet effet un édifice provisoire diuis la rue des Boulets. La première pierre du monument iwinv a été posée en 1873. Il a eu pour architecte M. Arlimr Verhaegen, qui s'est inspiré du style gothique le plus pur et a parfaitement réussi. A l'église est annexé un j)utronage pour les deux sexes, avec salles de lecturt*, de jeu, buvette, etc., véritable cercle, au sens propn^ du mot. Peut-être même y joue-t-on le baccara, mais,
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ancien hôtel de Vaucanson, situé rue de Charonne,47 [sic), icuant par l'autre extrémité à l'impasse de la Roquette ». A l'angle des rues de Gharorine et du Faubourg-Saint- Auloine s'élève une fontaine, plus haute que belle, qui date do 1671, mais fut en partie reconstruite en 1810. Elle portait, paraît-il, une longue inscription; il n'y en a plus de traces.
^t puisque nous parlons fontaines, signalons celle de la rue de la Roquette (n° 68), encastrée dans une arcade élégante et que l'on pourrait presque croire ancienne si on n'y lisait la date : MDGGGXLVI.