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QUARTIER : BERCY

oici que, pour la première fois, nous avons affaire à un arrondissement qui participe à la fois du Paris de Louis XVI et de celui de Napoléon III. Aucun de ceux qui le précèdent n'atteignait à l'enceinte fortifiée; tous ceux qui le suivent sont, en majeure partie — exclusivement, même, pour les XVIP, XVIIIe, XIX« et XX« — constitués par les territoires annexés en 1860, compris entre les fortifications et l'enceinte des fermiers généraux, celle des anciennes barrières, celle des boulevards qu'à tort et par routine on continue à appeler extérieurs. Le XII« arrondissement, dit Reuh^ly, couvre une surface de 568 hectares, supérieure à celle de tous les autres arrondissements sauf les XIII% XV« et XVP.

Sa population, au dénombrement de 1896, était de 113,527 habitants, et on a lieu de s'en étonner, si l'on considère les vastes espaces inhabités qu'y occupent l'Entrepôt et les gares du P.-L.-M. Il est vrai que,

sur ce chiffre total, les deux seuls quartiers de Picpus et des Quinze- Vingts entrent pour près de 92,000. Population qu'il est d'ailleurs aisé de définir, car elle ne comporte que deux grandes catégories : les artisans en activité, si on peut ainsi parler, et les artisans en retraite; les premiers habitent tout naturellement les deux quartiers populeux, et, les seconds, les deux autres.

Le quartier de Bel-Air est limité par l'axe du cours de Vincennes, le rempart (à droite) et l'axe des rue et boulevard de Picpus jusqu'à la place de la Nation. Si l'on donnait à l'expression Bel-Air le sens qu'elle avait au grand siècle, il faut convenir que la dénomination serait ici un peu trop élogieuse, car ce quartier ne saurait prétendre au monopole de toutes les élégances; il est surtout le quartier du bon air, et c'est ainsi que nos pères ont entendu désigner l'ancien hameau qui lui a donné son nom.

Ce hameau dépendit d'abord de la paroisse de Saint-Mandé qui, elle même, ne fut jusqu'en 1789 qu'un écart de la paroisse de Gharenton- Saint-Maurice (aujourd'hui Saint-Maurice). 1789 émancipa Saint-Mandé,

en fit une commune, malgré les protestations de son ancien chef-lieu. Elle avait un beau et vaste territoire du côté de Paris, mais la loi du 16 juin 1859 l'en déposséda en annexant à la capitale tout ce qui en était compris entre les fortifications d'une part, les boulevards de Picpus et de Reuilly d'autre part, c'est-à-dire tout le quartier de Bel- Air et la moitié environ de celui de Picpus. Les habitants de cette zone se trouvèrent, le 1er janvier 1860, deMandéens qu'ils étaient, devenus Parisiens; les uns s'en montrèrent mécontents , les autres flattés, chacun suivant ses intérêts. Au reste, on ne s'était pas amusé à les consulter; ils n'étaient pas assez nombreux pour -cela. Ce n'était pas encore depuis longtemps le quartier cher aux petits rentiers qui réalisent le rêve amoureusement caressé d'achever leurs jours dans une villa à eux, entre cour et jardin , les dimensions important

peu. Il y a soixante ans, on y aurait surtout rencontré de larges terrains livrés au maraîchage et quelques vastes propriétés. Aussi les souvenirs historiques sont-ils plus que rares. L'un des plus anciens peut-être est ce contrat que nous avons rencontré aux Archives nationales (L. 957) par lequel, le 18 août 1717, Etienne Malappe, marchand, et Marie Lemaistre, sa femme, acquirent de Jean Garnier, ancien capitaine général des charrois de l'artillerie du roi, « un arpent de terre situé au terroir de Saint-Mandé au lieu dit Montanpoivre, sur la hauteur de Picpuce,... tenant par bas sur le grand chemin qui conduit aux terres de If'"^ l'abbeysse de Saint-Antoine)-». La rue et la porte Montempoivre — avec une orthographe un peu différente, appartiennent à notre nomenclature parisienne, et voilà pour elle des titres de noblesse, mais nous aimerions mieux pouvoir expliquer cette dénomination bizarre, véritable casse-tête des étymologistes.

C'est aussi pour la première fois que nous rencontrons le chemin

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