VUE DU PARC DE MONTSOURIS
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L'OBSERVATOIRE. — 53^ quartier : Montparnasse. — 54^ quartier : la santé.
55« QUARTIER : DU PETIT-MONTROUGE. — 56« quartier : PLAISANCE.
ARCE que en 1860 radministration préfectorale donna au XIV® arrondissement le nom d'un monument, et non celui d'une localité, il n'en est pas moins vrai que nous sommes ici en plein Montrouge. Encore que le vrai Montrouge, le Grand-Montrouge, constitue une commune indépendante, sise en dehors de Paris, il n'en est pas moins vrai que la tradition et l'usage attribuent son nom à toute cette région qui d'ailleurs n'est qu'un démembrement, au profit de la capitale, de l'ancienne paroisse de Montrouge.
C'est, avec Montmartre, qui lui fait exactement pendant au Nord, le plus ancien faubourg de Paris, aussi ancien que Paris lui-même. Les antiquités gauloises fournies par le sol l'attestent, ainsi que ces sépultures gallo-romaines qui bordaient la voie antique conduisant de Lutèce vers le sud de la Gaule, représentée aujourd'hui par les rues du Faubourg-Saint-Jacques et de la Tombe-Issoire.
Le nom même de Montrouge, mons rubeus, sent le romain. Nous ne nous expliquons pas que l'abbé Lebeuf, d'ordinaire si bon juge et critique, se soit refusé à le traduire littéralement. Il n'y a pas là de montagne, dit-il, et la terre n'y est pas plus rouge qu'ailleurs. Double erreur : toutes les voies qui conduisent de Paris vers Montrouge montent sensiblement (boulevard Saint-Michel, rue de Rennes, avenue du Maine) et, d'autre part, personne n'ignore que dans toute la banlieue Sud de Paris la terre est de nature argileuse et, conséquemment, de couleur rouge.
Les limites de l'arrondissement dit de L'OBSERVATomE sont : à l'Est, les rues de la Santé et de l'Amiral-Mouchez, qui le séparent du XIIP; au Sud, les fortifications ; à l'Ouest, le chemin de fer de Versailles qui le sépare du XV^, et au Nord, les boulevards Montparnasse et de Port-Royal jusqu'à la rue de la Santé, qui le séparent des V^ et YP arrondissements.
Quartier Montparnasse. — Il a suffi de la création d'un cimetière pour transformer en impression funèbre l'idée aimable et poétique qui s'attachait à son nom. Depuis Louis XY, le mont Parnasse n'existe plus; c'était une colline — naturelle? ou artificiellement constituée par des amoncellements de gravats et d'immondices comme la butte Copeau, la Yilleneuve, le Montfaucon? on l'ignore — que le percement du boulevard Montparnasse, vers 1725, fit disparaître jusqu'au niveau du sol. Dès le xvii^ siècle, les écoliers des nombreux collèges voisins venaient s'y récréer. Leurs divertissements étaient-ils seuls inspirés par le culte des Muses, nous avons quelque peine à le croire. Le lieu fut sans doute baptisé par un lettré, plutôt en raison des futurs poètes qui y fréquentaient qu'à cause des rimes qui s'y élaboraient. Toujours est-il que la dénomination se rencontre dans les textes pour la première fois en 1687, mais que la colline était bien plus ancienne; elle est déjà mentionnée en 1529, et, lors des travaux de fortification de la ville sous Henri II, parait avoir été utilisée comme bastion.
De la rue de la Santé aux ponts du chemin de fer de Bretagne, les boulevards Saint-Jacques, Raspail et Edgar-Quinet représentent les limites de Paris en 1790. Tout ce qui était au delà appartenait aux communes de Gentilly, Montrouge, Yanves et Yaugirard. C'étaient les boulevards extérieurs, et ils prenaient le nom de ces communes dans
la partie qu'ils bordaient :
boulevard de Montrouge, boulevard de Vanves, etc.
La rue de la Santé porte depuis longtemps son nom :
depuis le commencement du xviii® siècle, parce qu'elle conduisait à l'hôpital de la Santé — aujourd'hui Sainte- Anne — dont il sera question plus bas. Le privilège a été réservé à la prison de la Santé, sise dans cette rue, entre le boulevard Arago et la rue Humboldt, de demeurer le spécimen unique à Paris du genre prison.
Elle ne date que de 1867.
Elle comptait alors 500 cellules, mais la suppression des autres prisons parisiennes y a nécessité des travaux considérables d'agrandissement; le (( quartier commun » a été transformé en quartier cellulaire où sont aménagées 1300 nouvelles cellules.
Dans la partie du boulevard Arago qui appartient au Xiy^ arrondissement, derrière les beaux ombrages qui rendent le chemin si agréable entre la rue de la Santé et la place Denfert-Rochereau, la clinique générale de chirurgie s'est fondée en 1900.
Le boulevard de Port-Royal, dans le court trajet qui s'étend entre la rue de la Santé et l'avenue de l'Observatoire, n'a pas remplacé (en 1868) moins de trois rues : celle des Capucins, du Champ et de la Bourbe. Les deux premières — leur nom l'indique assez — avoisinaient le couvent des Capucins, fondé en 1613, transféré en 1779 à la Chaussée d'Antin, et dont les bâtiments furent en 1792 transformés en hôpital spécial aux maladies vénériennes, sous le nom d'hôpital du Midi. On le nomme depuis quelques années hôpital Ricord, pour honorer la mémoire du grand praticien qui s'illustra dans le traitement de ces maladies. Sa statue, œuvre de Barrias, est placée devant la façade de l'établissement. -
La troisième rue qu'a absorbée le boulevard de Port-Royal est la rue de la Bourbe. Il n'y a à en regretter ni son nom, ni son élégance.