LERIE ET JARDIN DE L'HOSPICE DE LA MATERNITÉ
rhospice des Enfants assistés. G'est une construction élégante et d'aspect riant, mais dont la façade ne saurait cacher ou faire oublier au passant la misère de l'humanité! Le plus ancien asile parisien offert à la pauvreté ou au vice pour recueillir de malheureux enfants qui n'avaient pas demandé à naître est sans contredit ce grand bénitier de bois placé au parvis Notre-Dame, où de bonnes âmes trouvèrent celui dont Victor Hugo a fait l'un, des héros de son admirable Notre-Dame de Paris, sous le nom de Quasimodo. G'était, en effet, la coutume, pieuse et naïve à la fois, du temps passé, de déposer au seuil des églises un berceau de ce genre, et il paraît qu'il ne chômait pas. Dès le xvi® siècle, une « maison de la couche » était fondée ; elle eut plusieurs emplacements, jusqu'à ce que, en 1814, elle ait trouvé, par permutation avec la Maternité, son installation définitive dans les locaux du noviciat des Oratoriens, fermés par la Révolution.
Donc, c'est la tutélaire Assistance publique qui tient lieu de père et de mère — de mère surtout — aux malheureux petits êtres qui n'en ont pas moralement. Elle les reçoit tous, les yeux fermés, on peut dire, bien que depuis 1860 le tour ait été supprimé. Il faut quelqu'un pour apporter l'enfant et son bulletin de naissance. A ce quelqu'un, quel qu'il soit, l'on ne demande rien s'il ne veut rien dire : l'immatriculation s'accomplit avec l'ordinaire banalité administrative, et la société compte un pupille de plus à sa charge. Gertes, ils sont à plaindre, ceux à qui les caresses, l'affection d'une mère sont à jamais interdites; mais aussi, ils ignorent les mauvais traitements, l'abandon, la faim, tous ces mauvais conseillers du vice. Nourris, éduqués, mis en état de gagner leur vie par la connaissance d'un métier ou comme soldats, il ne tient qu'à eux de mener à bien une existence dont la première étape aura été la rue d'Enfer,
A côté des Enfants assistés, vivent d'autres enfants déshérités par l'implacable nature : les jeunes filles aveugles, institution particulière dirigée par des religieuses. Elle avait auparavant son siège à Bourg-la-Reine. — Puis, à côté des enfants, des vieillards :
l'Infirmerie Marie-Thérèse a été fondée par la comtesse de Chateaubriand pour donner asile à des prêtres âgés ou impotents.
Réservons pour le quartier du Petit-Montrouge ce qui a trait à la place Denfert-Rochereau, et gagnons la rue Daguerre, qui limite au Sud le quartier Montparnasse, pour en dire que jusqu'à 1867 elle se nomma rue de la Pépinière, ce qui, il faut bien en convenir, n'est pas d'un intérêt palpitant; mais c'est là sa seule particularité.
Parallèlement à elle s'étend la rue Froidevaux (colonel de pompiers, mort au feu), jadis rue du Ghampd'Asile, un joli nom mélancolique qui lui seyait bien, car elle borde au Sud, le cimetière Montparnasse, le premier des grands cimetières parisiens que nous ayons encore rencontrés.
Depuis un siècle, ceux qui ont mission d'administrer Paris se sont toujours préoccupés d'éloigner du centre de la ville le lieu d'inhumation de ses morts, et d'en doter les communes suburbaines. Jusqu'en 1860, les cimetières étaient hors les murs ; lorsqu'ils devinrent insuffisants, le même sentiment égoïste fit créer de nouvelles nécropoles dans la banlieue, et c'est ainsi qu'existent les cimetières parisiens de Pantin, de Bagneux, de Saint-Ouen. Tant pis pour la banlieue. En 1804, Frochot, le premier préfet de la Seine, fit rendre un décret instituant pour Paris quatre cimetières situés hors de ses barrières: le Père-Lachaise, au Nord -Est; Montmartre, au Nord-Ouest; Sainte-Catherine, au Sud-Est; et Vaugirard, au Sud-Ouest. Les deux derniers furent supprimés et remplacés, en 1824, parle cimetière Montparnasse, nommé administrativement cimetière du Sud.
On y voit la colonne bizarre sous laquelle est inhumé Dumont d'Urville, brûlé si misérablement, après tant d'exploits maritimes, dans un wagon du train de Versailles ; le fastueux tombeau de M^« Boucicaut, celui de Santerre, celui d'Hégésippe Moreau, que la commission