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LE LABORATOIRE DU D' ROUX, A L'INSTITUT PASTEUR

Phot. Neurdein.

ques, dispensaire homœopathique où se donnent des consultations gratuites et des soins payants. Il était autrefois situé dans le faubourg Saint-Jacques, d'où son nom.

De l'autre côté de la rue de Vaugirard, le lycée BufFon, fondé en 1889, fournit l'enseignement moderne aux jeunes gens du quartier; il ne reçoit que des externes.

Un peu plus bas, jusqu'à l'angle de la rue de Sèvres et du boulevard Garihaldi {avant 1885, boulevard de Grenelle, après avoir été boulevard de Sèvres), un grand terrain vague, où se sont élevées d'élégantes maisons, représente l'emplacement des abattoirs de Grenelle, supprimés et remplacés, comme nous l'avons dit, en 1898, par ceux de la rue des Morillons. Le quartier n'a eu qu'à gagner à la disparition de ces constructions, d'une lourdeur peu commune. Leur dénomination administrative était, au surplus, inexacte, ce territoire ayant toujours fait partie de Vaugirard.

Au centre de la belle place de Breteuil, s'élevait, jusqu'à l'hiver de 1903, l'étrange colonne en fonte du puits artésien, foré sur les indications d'Arago, de 1833 à 1841, et portant fort inexactement le nom de puits de Grenelle, puisque, pas plus que les anciens abattoirs du même nom, il n'avait jamais appartenu au territoire de cette localité.

La colonne a été déboulonnée très administrativement et sur son emplacement a été construit le monument à la gloire de Pasteur, inauguré très solennellement, le 16 juillet 1904, en présence du président de la République, de l'Institut et des grands corps de l'État. Un nombre incalculable de discours furent prononcés.

La rue Pérignon, qui, de ce côté, sépare le XV« arrondissement du VIP, rappelle le souvenir d'un membre du conseil général du département, qui, sous Louis XVIII, eut quelque renom : il n'était pas inutile de le dire.

L'hôpital Necker est un des meilleurs legs que nous ait pu faire l'ancien régime. C'est un lieu commun dQ dire qu'avant la Révolution, et même pas mal de temps après, le régime hospitalier laissa fort à désirer. Non pas que les hôpitaux manquassent, mais ils étaient déplorablement administrés. Pour y porter remède, la vigilance éclairée de Necker conçut le projet de créer dans les meilleures conditions pos-

sibles, une succursale à l'Hôtel-Dieu, pour les paroisses de la Charité et du Gros-Caillou.

Il n'est pas tout à fait juste de dire, comme l'ont fait les frères Lazare, que M"^«Necker a été la fondatrice du nouvel hôpital; elle eut simplement la haute direction — la direction d'honneur de l'établissement pour lequel son mari avait obtenu du roi une subvention annuelle de 42,000 livres. Installé dans les bâtiments des religieuses de Notre-Dame de Liesse, il fut ouvert aux malades en 1778 sous le nom d'hospice de charité. Il ne s'y trouvait alors que soixante lits pour les hommes, autant pour les femmes. En 1792, on le nommait hospice de l'Ouest; en 1802 il reçut sa dénomination actuelle. On y compte près de cinq cents lits.

Son voisin, l'hôpital des Enfants malades, demeure connu sous

LE COLLÈGE DE L'IAIM ACULÉE-CONCEPTION.

le nom de maison de l'Enfant-Jésus qu'il reçut lors de sa fondation, au commencement du xviu® siècle. C'était, depuis 1751, une maison d'éducation pour des jeunes filles pauvres, appartenant à des familles dont la noblesse authentique remontât à 1550. Il fut, en 1802, converti en hospice pour les enfants; grâce à des agrandissements successifs, dont les derniers sont tout récents, il atteint le chiffre de six cents lits.

Quartier de Grenelle. — Ce qu'il y a moins de cent ans encore on nommait la plaine de Grenelle avait commencé par être une vaste garenne (garanella^ d'où Grenelle) que dès le xm^ siècle les deux abbayes parisiennes de Sainte-Geneviève et de Saint-Germain-des-Prés possédaient à peu près par moitié.

On n'y chassait pas le lapin, mais les moines, d'esprit pratique, y avaient de riches fermes où paissait le bétail. Un castel, sur lequel les renseignements manquent, malheureusement, montrait ses tourelles gothiques à peu près à l'endroit où les rues Cambronne et Croix-Nivert aboutissent à la place Cambronne ; il figure sur le plan de 1667 et on sait encore de lui qu'en 1751 il fut annexé à l'École militaire.

Sous Henri III, ce territoire paraissait assez désert et lointain pour qu'on y ait construit, en 1580, un hôpital de pestiférés, qui, la peste ayant passé, servit un moment, en 1587, dit Pierre de l'Estoile, à abriter deux mille mendiants, (( pour y être logés et nourris par le Roy,

qui leur faisoit distribuer tous les jours à chacun cinq sols; mais pour ce que, se derobbant de là, ils ne laissoient encores avenir mendier par la ville, on les remist en Testât auquel ils étoient auparavant ».

Le passé de Grenelle est des plus tragiques. Sous la Révolution, une poudrière y avait été installée ; le 31 août 1794, elle fit explosion sans que l'on ait su pour quelle cause ; il y eut beaucoup de morts et de blessés. On pailla d'un complot royaliste, mais l'enquête ouverte par la Convention n'aboutit à rien.

Puis la plaine servit aux exécutions militaires, et elle en vit beaucoup ; les plus fameuses sont celles du général Malet, en 1812, de La Bédoyère, en 1815.

Une période moins sombre allait s'ouvrir. En 1823, quelques capitalistes et entrepreneurs de travaux publics se groupèrent en compagnie d'actionnaires et résolurent de transformer la plaine en ville. Servis par l'argent et par l'énergie, ils y réussirent, grâce aux efforts de MM. Violet et Letellier. En quatre ans, < la Ferme de Grenelle » — c'est ainsi qu'on appelait le nouveau quartier pour le distinguer de

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