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LE MONUMENT DE PASTEUR, PLACE DE BRÉTEUIL

« l'ancien Vaugirard » — était sillonnée de rues parallèles ou perpendiculaires comme il convient à une ville neuve : une église, un marché, un port, un pont sur la Seine et, mieux encore, un théâtre, s'étaient bâtis comme par enchantement; quinze cents habitants y vivaient déjà. Il ne lui manquait plus que de constituer une commune indépendante,

se détacher de Vaugirard, qui voyait d'un mauvais œil cette jeune rivale si audacieuse dans sa prospérité.

Ce rie fut pas une petite affaire. Il faudrait, pour l'exposer en détail, donner le texte des délibérations du Conseil municipal de 1826 à 1828, conservées aux archives de la Seine.

Les hostilités, après avoir duré plus de deux ans encore, se terminèrent par une ordonnance royale du 23 octobre 1830 qui érigeait enfin Grenelle en commune distincte.

En même temps, les limites des deux communes furent réglées de la façon suivante (nous les avons relevées sur le plan de Lefèvre) : à partir de la barrière de l'Ecole (place Cambronne), une ligne en haches à travers les propriétés bâties, entre les rues Cambronne et Croix-Nivert, jusqu'à la rue Quinault, alors avenue du Théâtre ; puis l'axe des rues Mademoiselle, Croix-Nivert, de Javel et de Lourmel, alors chemin des Vaches, jusqu'à la limite du territoire d'Issy.

Telle fut la situation topographique de Grenelle, par rapport à Vaugirard, pendant trente années.

Elle a été modifiée par la loi d'annexion de 1859, qui englobait les deux communes dans Paris, et, de celle de Grenelle, faisait deux quartiers administratifs. Le quartier de Javel fut alors constitué par la partie de Grenelle située au Sud des rues des Entrepreneurs et Linois. La rue, la place et la caserne Dupleix constituent une assez singulière oasis dans les solitudes qui séparent le Champ-de-Mars du boulevard de Grenelle : la caserne surtout, avec son porche d'un autre âge, du temps où il donnait accès aux chariots à fourrages de l'abbaye de Sainte-Geneviève, car c'était alors la ferme de Grenelle.

Au bout du boulevard de Grenelle se terminait le Paris des fermiers généraux, par la barrière de la Cunette ; on en a retrouvé les fondations en juillet 1896. Elle offrait cette particularité d'être construite sur la berge même ; d'ailleurs elle ne servait guère qu'à l'entrée des marchandises apportées par la route fluviale.

C'est bien à tort que l'on persiste à désigner sous le nom d'allée des Cygnes ou d'île des Cygnes la jetée longue de 850 mètres qui coupe la Seine en deux bras, entre la passerelle de Passy (construite en 1878) et le pont de Grenelle. L'île des Cygnes, jadis nommée île Maquerelle,

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