AVENUE DE LA GRANDE- ARMÉE
Devant cette ferme passait un grand chemin qui a dû exister de toute antiquité : la route de Saint-Germain. L'avenue des Ternes n'en est, en effet, qu'une section, prolongée vers Paris par le chemin du Roule et la (( grantrue Saint-Honoré )>.
Au XVI® siècle, à côté de la ferme s'éleva un château, construit par une famille berrichonne, les Habert, qui se le transmirent jusqu'en 1663. Ils avaient obtenu par lettres patentes de 1634, bien que leur maison ne fût point un fief, « le droit d'avoir colombier à pied et pont-levis en ladite maison des Ternes», mais sans que le propriétaire « puisse néantmoins prétendre aucun droit de seigneur autant plus grand que ceux dont il jouissoit avant... » En 1715, le château fut acheté par Mirey de Pomponne, conseiller du roi, qui le fit rebâtir et y mourut. Les registres paroissiaux de Villiers-la-Garenne mentionnent « le décès de messire Pomponne-Mirey, en sa maison des Ternes », le 21 avril 1740, à l'âge de soixante-cinq ans ou environ. Divers possesseurs lui succédèrent jusqu'à la Révolution : René Masse, conseiller du roi, mort en 1766; M. de LaLive, le marquis de Galiffet, prince de Martigues. Depuis, le percement de plusieurs rues, la création du chemin de fer de Ceinture, des aliénations de terrain, ont réduit le domaine à n'être plus qu'une simple maison bourgeoise ; mais ce qu'on a pu conserver de la construction de Pomponne lui donne encore grand air, et c'est pour le promeneur une charmante surprise que de se trouver tout d'un coup en face de l'arcade recouverte de lierre sous laquelle passe la rue Bayen.
Après la Révolution, ie hameau des Ternes se peupla rapidement. Le mur d'enceinte des fermiers généraux l'avait isolé de Paiis; il dépendait de Neuilly qui, lui-même, bien différent alors dtî ce qu'il est devenu, avait toute son agglomé? ration et ses édifices municipaux — église et mairie — rioii loin de la Seine. Les Ternes firent cause commune avec le qiuiriior neuf de Sablonville et déclarèrent tout net que se trouvant trop éloignés du centre de la commune, ils allaient demander au gouvernement la création en leur faveur d'une municipalité. Gela se passait aux environs de 1830. Neuilly s'en émut, ainsi que l'atteste le procès-verbal d'une séance du conseil municipal tenu le 8 août 1833, oii une compensation fut promise aux Ternes.
Et, en effet, l'année suivante, était entreprise la construction de la mairie à Sablonville.
■ La « section » des Ternes avait quelques droits à se montrer exigeante ; elle comptait alors 8,000 habitants. Une sorte de hangar servait de chapelle. L'impasse dite aujourd'hui avenue de la Chapelle, tout près de la barrière, en rappelle l'emplacement. La commune de Neuilly vota les fonds nécessaires pour la remplacer par une véritable église. Un terrain fut acheté au marquis d'Armaillé en 1842; les plans dressés par l'architecte Lequeux furent agréés : une église s'éleva. Elle était à peine commencée lorsque survint, sur le terri-