PERSPECTIVE DE L'AVENUE DE WAGRAM
saint fort obscur, mais patron du malheureux duc d'Orléans. Cet édifice, ni beau ni laid, a été considérablement agrandi, de 1875 à 1877, par les soins des architectes Yaudremer et Bray. Disons, en passant, que ce dernier était adjoint au maire de Neuilly et qu'une rue du quartier des Ternes porte son nom, mal orthographié, Brey. De pareilles erreurs seraient à peine excusables s'il ne s'agissait pas d'un homme qui vivait encore il y a vingt-cinq ans.
Une plaque de marbre, à droite de la porte de l'église, porte une inscription relatant que ces travaux d'agrandissement furent solennellement bénis, le 7 novembre 1878, par l'archevêque de Paris.
La ville des Ternes, si avide d'autonomie en 1833, n'avait plus du tout les mêmes sentiments en 1859, lorsqu'elle fut consultée — pour la forme — sur son annexion à Paris. Sa commission syndicale, composée de sept propriétaires, émit un vœu très favorable et alla même jusqu'à regretter que la totalité du territoire de IS(Mîillv ne fùî [)as compris dans cette mesure. Voici les raivSOHS <[if{^lle en donnait :
(k'iip <\\{onsi()ii, ù laquelle on s'était généralement attendu, garantirait la ^^tîciiuu dt^^ T^H'utiS contre le tort qu'elle est menacée d'éprouver en ce que le peu d'espace qu'elle offre à parcourir pour passer la nouvelle enceinte pourra provoquer rémigration d'un certain nombre d'habitants cherchant à se soustraire aux nouveaux droits d'octroi. Elle aurait, d'ailleurs, l'avantage de conserver le splendide ensemble de promenades établies ou à établir depuis les boulevards de Paris jusqu'au bois de Boulogne, lequel s'y trouverait définitivement compris : harmonie qui peut être détruite si la nouvelle enceinte vient séparer irrévocablement deux sections qui semblent avoir beaucoup à gagner à ce projet en restant réunies...
(Arch. nat. F. 87004.)
Pour valables que fussent ces arguments, ils ne prévalurent pas. Les Ternes seuls furent incorporés à Paris.
Nous avons dit ailleurs quelles furent les origines de l'avenue des Champs-Elysées et de la place de l'Étoile. Lorsque celle-ci fut formée, en 1670, il s'en fallait qu'elle eût son aspect d'aujourd'hui. C'était une butte pointue irrégulièrement, et x^ui barrait désagréablement la perspective des Tuileries. On ne songea guère à « l'approfondir », c'est-à-dire à l'aplanir, que lors du