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ÉGLISE SAINT-MICHEL

« A la Halte du Juif errant », sans doute parce qu'il était prudent de ne pas s'y aventurer avec plus de cinq sous...

Quartier des Épinettes. — Le 68« quartier de Paris, tout comme les peuples heureux, n'a pas d'histoire. 11 y a cinquante ans, il consistait principalement en terres labourables. La route de Saint-Ouen, se bifurquant avec celle de Clichy au lieu dit la Fourche, traversait ce canton qui, dès le xvii^ siècle, s'appelait les Épinettes. Peu à peu les champs ont disparu ; d'importantes usines, des maisons de rapport s'y sont élevées : 53,802 habitants y ont été recensés en 1896. Nous aimerions à dire qu'ils sont tous riches et heureux, nous ne le pouvons pas. H y en a beaucoup, il y en a trop, qui gagnent rudement leur vie, condamnés au triste régime des privations, ne connaissant d'autre voyage de vacances que la promenade dominicale sur l'herbe sale des fortifications.

On leur en a cependant donné une autre, le square des Épinettes, ouvert le 10 juin 1894.

Deux monuments s'y dressent : le pi"emier est celui de Jean Leclaire, industriel philanthrope qui, vers 1840, associait ses ouvriers à la participation des bénéfices : inauguré le 1^^' novembre 1896, il est l'œuvre de M. Delon pour la sculpture, et de M. Formigé pour l'architecture. L'autre est la statue que Barrias a élevée à la mémc-ire de Maria Deraismes, la vaillante

apôtre des droits delà femme.

Très simple, comme il convient, l'église Saint-Michel est la paroisse du quartier.

}" Il en est de plus fréquentées. Elle est située

un peu en retrait de l'avenue de Saint-Ouen, vers la partie supérieure de cette voie.

Un décret en date du l*''' juillet 1897 a ordonné l'établissement d'un groupe scolaire « pour le service du quartier des Épinettes ».

Au mois d'avril 1900, on a inauguré au n° 2S de ]a rue Lacroix, un abri de l'enfance.

Le chemin de fer de Ceinture dessert cette région depuis 1862. De la gare de Courcelles, il se dirige vers l'Est, parallèlement aux fortifications, passe sous les voies du chemin de fer de l'Ouest et s'élève suivant une forte rampe jusqu'à l'avenue de Clichy, station établie en remblai au croisement de cette avenue avec la ligne. Puis, une pente assez accentuée l'amène en déblai jusqu'à une tranchée où vient aboutir la voie, inutilisée aujourd'hui, des Docks de Saint-Ouen.

En passant sous Tavenue de Saint-Ouen, la ligne pénètre dans le XVIIP arrondissement.

Ce parcours a été ainsi établi à la suite d'une délibération du conseil municipal, en date du 16 juillet 1886, ordonnant la suppression des passages à niveau. Entre le point de croisement avec la ligne de l'Ouest et la poterne des Poissonniers, la ligne de Ceinture fut installée provisoirement, depuis le 7 mai 1888, le long des fortifications, afin que Ton pût procéder aux remaniements exigés, qui durèrent près d'un an. C'est de cette révolution pacifique et utile que date l'emplacement actuel de la station de l'avenue de Saint-Ouen. Jusque-là, l'embarcadère, situé à gauche de l'avenue, que le chemin de fer coupait à

pellent avoir aperçu à cette place un cabaret portant pour enseigne : niveau, appartenait au territoire du XVIP arrondissement

PARIS - DIX-SEPTIÈME ARRONDISSEMENT

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