LE CALVAIRE DE SAINT-PIERRE-DE-MONTMARTRE
la route nationale n" 1 jusqu'à Saint-Denis, où la voie romaine se bifurquait en deux branches comme aujourd'hui, l'une allant vers l'Ouest (route du Havre), l'autre vers le Noi^d (route de Calais). Au moyen âge, un autre chemin fut créé pour relier Paris à Saint-Denis; il partait de la maison de Seine dans cette dernière ville, et aboutissait aux Halles.
Suivi surtout par les marchands de poisson, il leur dut son nom : rue Poissonnière, du Faubourg -Poissonnière, rue des Poissonniers, chemin des Poissonniers , formant une seule et même voie.
La légende prétend que sainte Geneviève allant, chaque semaine, prier sur le tombeau de saint Denis, s'arrêtait à La Chapelle devant un oratoire construit par ses soins, d'où l'origine du lieu, mais comme la Vie de cette sainte , presque contemporaine de son existence, n'en dit rien, nous observerons le même silence. 11 est infiniment croyable que La Chapelle-Saint-Denis (tel était son nom officiel) date du temps où les moines de Saint- Denis, qui en possédaient toutes les terres, y installèrent une colonie de laboureurs et vignerons et transformèrent en paroisse la chapelle primitive du lieu. Le territoire était presque en entier couvert de vignes; maintenant, il est, pour les deux tiers, envahi par l'industrie des transports : voies et ateliers du chemin de fer du Nord, voies et ateliers du chemin de fer de l'Est, voies de raccordement de ces deux réseaux entre eux et avec le chemin de fer de Ceinture.
Le quartier de la Goutte-d'Or s'est créé, après 1830, sur les dernières ondulations du versant oriental de la butte Montmartre, au lieu dit la Goutte-d'Or, dénomination provenant probablement d'une enseigne de cabaret. 11 a gardé sa physionomie de faubourg, si pittoresquement, si admirablement décrite dans U Assommoir d'Emile Zola. La rue de la Charbonnière rappelle aussi un ancien lieu-dit; celle de Jessaint porte le nom d'un ancieri préfet de la Seine; la rue'Polonceau^ celui d'un ingénieur de la Compagnie du chemin de fer du Nord; la rue Jean- François- Lépine consacre la mémoire d'un philanthrope qui fit, au commencement du siècle, de grandes libéralités à la commune de