LES CLOCHETONS DE LA BASILIQUE DU SACRÉ-CŒUR
n*^ 3, la première mairie de la commune, installée en 1790; une inscription en fait foi.
A l'extrémité orientale du plateau, la rue de la Bonne rappelle le souvenir d'une des fontaines de la butte, la fontaine de la Bonne eau. Nous avons retrouvé aux archives de la Seine la preuve que Scribe y posséda une maison; le 24 juin 1859, le conseil municipal vota « pour le sieur Eugène Scribe, propriétaire, demeurant àParis, rue Pigalle, 10 », le payement d'une somme de 1,300 francs principal et intérêts, correspondant à la valeur d'un terrain retranché de sa propriété pour le redressement de la rue.
La rue de la Barre représente le tracé de deux anciennes voies dont les noms étaient charmants, les rues des Rosiers et de la Fontenelle, tandis que le nom du chevalier de la Barre évoque un drame de l'injustice. Il est vrai que la l'ue des Rosiers avait été le théâtre de la mort tragique des généraux Lecomte et Clément Thomas, le 18 mars de l'année terrible...
En dévalant par la rue.de la Barre, on atteint assez vite la rue de Clignancourt. Les maisons 42-54 de cette rue, 7-13 bis de la rue Custine représentent l'emplacement du Château-Rouge. La tradition veut que Gabrielle d'Estrées y ait eu un manoir, qui serait au moins le dixième possédé par elle autour de Paris, mais il faudrait le prouver. C'était, à la fin du xvin'' siècle, au dire d'un Guide, « une charmante maison située dans une position très heureuse dont les jardins ont environ trente arpents d'enclos ». En 1814, lors de l'attaque de Paris par les alliés, le roi Joseph en fit, pendant quelques heures, son quartier général. En 1845, un bal public y fut établi qui eut une grande vogue tant par lui-même que par les banquets politiques qui eurent lieu en 1847 dans la salle de danse. Cette vogue ne dépassa pas l'année 1871.
La place du Château-Rouge se charge d'en perpétuer le souvenir. Elle marque le centre, ou à peu près, du boulevard Barbes, la voie la plus importante du quartier, continuée par le boulevard Ornano qui porte le nom d'un maréchal de France. Ouverts sous le second Empire, les deux boulevards n'en faisaient qu'un ; en 1882, le nom de l'éminent publiciste Barbes fut donné à la section comprise entre le boulevard de la Chapelle et la rue Ordener.
Presque à l'extrémité de la rue de Clignancourt s'ouvre la rue cZ'Or^e/. Elle traverse un quartier que créa de toutes pièces, en 1802, un spécu-
DIX-HUITIEME ARRONDISSEMENT
lateur de terrains nommé M. d'Orsel. On rappelait encore le village Orsel en 1838 (10 février), lorsque le conseil municipal de Montmartre se chargea, moyennant 250 francs par an, de pourvoir à son nettoiement et à son éclairage.
Non loin, \oici\ei place Saint- Pierre qui, au temps où Montmartre était commune, n'était jamais autrement désignée que sous le nom de « place publique )>. Le square Saint-Pierre a une superiicie de 7,300 mètres carrés; les frais de premier établissement ont été de 26,500 francs.
En remontant la butte par la place Dancourt, qui n'a changé son ancien nom de place du Théâtre que pour prendre celui d'un auteur dramatique (le théâtre y subsiste toujours), on atteint làrue A^ntoinette {i^rénom. d'une femme de propriétaire) où un couvent de femmes, sis au no 9, a été fondé sur l'emplacement présumé du martyre de saint Denis, qu'occupa en 1622 un prieuré dépendant de l'abbaye de Saint-Denis.
Si l'on redescend par la rue des Martyrs, on rencontre
h rue André-Gill, qui constitue une sorte de cité au centre de laquelle a été inauguré, le 21 avril 1895, le buste du spirituel et malheureux auteur de la Muse à Bibi.
Nous n'avons plus guère à signaler, dans le même ordre d'idées, que le no84 du boulevard Rochechouarf, où Salis, en 1881, créa son premier cabaret du « Chat Noir », qu'il transporta quatre ans plus tard dans le IX« arrondissement, rue Victor-Masse, alors rue de Laval.
Quartiers de la Goutte-d'Or et de La Chapelle. — A eux deux, ils correspondent exactement aux limites de l'ancienne commune de la Chapelle, commune de l'arrondissement et du canton de Saint-Denis depuis 1790, après avoir été, depuis plusieurs siècles, paroisse de la banlieue de Paris, finalement annexée à Paris en 1860.
Son histoire, pour remonter haut, sera brièvement exposée. A l'époque romaine, une des voies les plus importantes de la Gaule traversait ce territoire ; dans Paris, c'était la rue Saint-Martin ; au delà, le faubourg Saint-Martin, la rue du Ghâteau-Landon, celle de Philippe-de- Girard et une route sensiblement parallèle à la rue de la Chapelle et à
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