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TOMBEAU D'HÉLOISE ET D'ABÉLARD

VINGTIEME ARRONDISSEMENT

au départ des v)lontaires de 1792, puisquo le lieu ainsi nommé figure dans des documents du xvir- sicrJc.

Au commencement du xn« siècle, toute la partie nepItMitrionale de la paroisse de Gharonne, à gauche de la ii^miu rue (rue de Bagnolet) consistait en champs et vignes, possédés par le chapitre de la cathédrale de Paris el par (furlqurs particuliers. Ces cantons de terre s'appelaietU la Folie Wn-gnault, les Montibœufs, Dives, les Houzeaux, les Tartan (s, les Noues. En 1626, la maison professe des jésuites, rue Saint- Antoine (aujourd'hui le lycée Charlemagne et l'église Saint-Paul-Saint-Louis) en acheta la majeure partie: « ... Gomme aussi, disent les lettres patentes confirmant ces acquisitions, comme aussi les Pères Jésuites nous ont faict remontrer qu'estant obligez à l'estude continuelle pour satisfaire à leurs fonctions ordinaires et utiles à nos subjets, il leur a été nécessaire d'un lieu hors la ville pour y prendre l'air; pourquoy ils auroient acquis la maison qu'ils y possèdent, hors la porte Saint- Antoine, appelée Montlouis, au lieu dict la Folye Regnault..!» Le Montlouis existait donc sous ce nom au temps de Louis XIII, en l'honneur duquel, sans doute, il avait été baptisé, bien que nous l'ayons rencontré une fois dénommé mont Saint-Louis. En tous cas, il ne faudra plus répéter qu'on l'appela ainsi après que Louis XIV y fut venu, en 1652, suivre, de loin, les péripéties du combat du faubourg Saint-Antoine.

Ainsi devenus propriétaires à Gharonne, les jésuites firent, plus tard, reconstruire la maison du Montlouis pour

qu'elle devînt la maison de campagne d'un de leurs confrères les plus célèbres, le P. Lachaise, confesseur de Louis XIV. Le roi contribua beaucoup aux dépenses de cette réfection et de la création de vastes jardins environnant la propriété. Désormais, pour le peuple, le Mont- Louis s'appela le Père-Lachaise, même après la suppression de l'ordre des jésuites, même pendant la Révolution. Il semble que la fatalité de l'histoire ait voulu garder en réserve le nom de cet implacable prescripteur de protestants pour désigner un futur cimetière!

C'est en l'an XI qu'il fut créé. Une loi du 17 floréal (7 mai 1803) ordonnait l'acquisition de « l'enclos Montlouis » au prix de 160,000 francs pour en faire, sous le nom de « cimetière de l'Est », l'un des trois uniques champs de sépulture publique destinés à la capitale; mais cette dénomination officielle de cimetière de l'Est prévaut à peine dans les documents administratifs ; pour tout le monde, c'est toujours le Père-Lachaise. Brongniart, l'architecte de la Bourse, dessina les plans de la nouvelle nécropole, et au mois de mai 1804, elle fut solennellement inaugurée par le transfert des sépultures de Molière et de La Fontaine,

t. Nourdein.

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