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INTÉRIEUR DE L'ENCLOS DES OTAGES, 79, RUE HAXO

rieurs, il est vrai, mais auxquels l'avenue Gainhctia <*{ lu ru<' d<'H Pyrénées donnent de faciles accès — pour Ïhâvù uublirr ce qui lui manque encore de bien parisien — nous n'en .sniinacs pas encore à dire de boulevardier; — et pourtant, dnjis sn{i Pariiiy Maxime du Camp Ta calomnié en disant qun c/est « luie cuiliriiî affreuse, couverte de masures, mal percée d«^ chemins bonlés do haies, d'aspect misérable et déplaisant ».

Quelques curiosités s'y présentent, très diunes d'èlrc simulées. Au premier rang, les réservoirs de Ménilmontànt Pour les visiter, il faut quitter l'avenue Gambetta à son point de croisement avec la rue Saint-Fargeau et prendre à droite la rue Darcy. Là, une grille faisant face à une jolie maisonnette encadrée de verdure défend l'entrée d'un jardin moins rigoureusement gardé que celui des Hespérides. Il vaut mieux cependant s'être pourvu d'une carte, que le service des eaux à la préfecture de la Seine ne refuse jamais. Après avoir contourné la coquette maison, on se trouve à l'extrémité d'une prairie de plus de 2 hectares, qui n'évoque aucune idée d'hydrologie, mais bien plutôt celle d'une immense arène pour joueurs de foot-ball. Un gazon, soigneusement entretenu, recouvre deux immenses réservoirs, superposés — là est le tour de force de Belgrand qui les a conçus : le réservoir supérieur reçoit l'eau de la Dhuis, le réservoir inférieur celle de la Marne, prise à Saint-Maur. Cet admirable ouvrage d'utilité pratique a été exécuté de 1863 à 1865; il a coûté un peu plus de 3 millions.

Le général Haxo a donné son nom à une rue voisine et ce nom seul donne un frisson. Les plans de Paris figurent au n° 79 un enclos désigné sous le nom de villa des otages. Cette appellation est on ne peut plus maladroite. Dans la langue courante, une villa est une propriété de plaisance située dans un lieu champêtre. Or, voici l'histoire de la villa de la rue Haxo :• le 26 mai 1871, pendant la sanglante bataille de Paris, une troupe de cinquante-deux hommes conduite par des gardes nationaux, escortée par un flot de populace hostile montait rapidement les pentes de la rue de Belleville. Arrivée à la rue Haxo, elle tourna à droite, et, peu après, encore à droite pour entrer dans le terrain vague numéroté 79, où une sorte de café-concert avait été installé, puis abandonné pendant la guerre. Ces cinquante-deux hommes étaient vingt et un gardes de Paris, vingt et un gardiens de la paix, dix ecclésiastiques, détenus comme otages à la Roquette. Il se passa alors une chose horrible, que la férocité même des représailles les plus sanglantes ne saurait justifier. Poussés jusqu'au mur du fond, les malheureux furent fusillés

pèic-inehs les mor(s tombant sur les mourants, jusqu'à ce que monceau tfhonnnes ne fit plus le moindre mouvement. Quelqnen Jrnirs après, quand la pacification fut enfin accomplie, les corps fuiM^U reconnus, les uns rendus à leurs familles, les autres inhumés au rîm(^l}èr(j de Belleville. Plus tard, une « société civile » a achi^lé le lnguhi*e enclos, y a placé une inscription commémorativ(% a fait élever une modeste chapelle. Telle est la villa des ()lag(*s. X^n'if on pas mieux fait d'abolir pour toujours cet dlVcnx sniivenir, d'ouvrir une rue sur ce terrain, de laisser ignorer aux générations de l'avenir ce qui se passa là un certain jour, au lieu d'y attirer les pèlerins et les étrangers ?

Le nom de la rue du Télégraphe apporte un renseignement à l'histoire. C'est dans les terrains où elle fut ouverte que Ghappe fit les expériences décisives de la télégraphie aérienne, qu'il avait imaginée; là était le premier de ces disgracieux, mais utiles sémaphores qui permettaient de correspondre jusqu'à Strasbourg. L'électricité a détrôné l'invention de Chappe, mais pas complètement, toutefois. Voici que l'on revient à latélégraphie optique sous forme de mâts pourvus de verres lumineux, de phares terrestres dont les indications peuvent être aperçues à de très grandes distances.

Le cimetière de Belleville-Ménilmontant, réservé aujourd'hui aux concessions perpétuelles, est situé dans la rue du Télégraphe ; on y chercherait en vain sur les dalles funéraires un nom célèbre.

C'est par erreur que l'on a dit que Paul de Kock, mort rue de Belleville en 1871, y était inhumé; le joyeux romancier dort son dernier sommeil au cimetière voisin, mais hors barrière, des Lilas.

A côté du cimetière est le réservoir de Belleville, construit tout à fait au réservoir de la Dhuis l'alimente d'eau aux maisons du quartier. C'est une construction robuste, d'aspect rocailleux, qui ressemble à une forteresse.

La rue Pelleport, qui est la principale artère transversale du quartier, porte, comme la rue Haxo, le nom d'un général du premier Empire. Elle était route départementale avant l'annexion et reliait les communes de Charonne et de Belleville.

Quartier du Père-Lachaise. — Bien que le point central de ce quartier soit le cimetière dont il tient son nom, ou la place Gambetta, sur laquelle est située la mairie dite de Ménilmontant, nous ne sommes plus ici ni à Belleville, ni à Ménilmontant, mais bien à Charonne. Au temps où les deux communes étaient autonomes, elles avaient pour limite la rue des Partants, qui ne doit pas son nom, comme on l'a cru,

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