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VUE DE L'HOPITAL DEBROUSSE

15 avril 1789, trois mois avant la journée du 14 juillet, que la Bastille fût démolie et qu'une statue de Louis XVI s'élevât sur son emplacement.

Enfin , la loi d'annexion de 1859 incorpora la commune à Paris ; le conseil municipal et les plus imposés s'étaient déclarés très favorables à cette mesure.

. Charonne se composait alors de deux parties distinctes, séparées par des champs auxquels des maisons ont succédé : le Grand et le Petit-Gharonne, reliés par la rue de la Réunion. Le premier — de beaucoup le plus ancien — bordait la rue de Bagnolet, alors rue de Paris; le second consistait surtout en cabarets s'alignant le long de la rue d'Avron, qu'on aurait bien dû continuer d'appeler rue de Montreuil. La vie administrative et commerciale était tout entière au Grand-Gharonne : elle y est restée; le Petit-Gharonne n'est devenu habité qu'à partir de 1830.

L'église Saint-Germain n'a conservé du xin^ siècle que la base de sa tour; le reste de l'édifice est du commencement du xvii*^ siècle. Elle est, dans Paris, le seul type survivant — par celamême curieux — d'une église de village. Quelques inscriptions sans intérêt s'y voient, ainsi que la litre de François Thoré, secrétaire du roi, qui, en 1755, devint seigneur de Gharonne.

Le caractère villageois de l'église s'accentue encore par le voisinage du cimetière communal qui l'entoure sur trois côtés. Une seule tombe y est digne de remarque : elle est surmontée d'une statue en bronze qui représente, dit-on, un secrétaire de Robespierre, François- Éloi Bègue, enterré civilement.

L'ÉGLISE DE CHAROiNNE ET SON CIMETIÈRE,

Par la longue et monacale rue Saint-Btaise, on atteint assez vite la rue Vitruve. Au n^ 58 habitait un latiniste qui fit graver au-dessus de sa porte le vers si connu : Meliàœe, Deiis 7iobis hœc olia fecit.

Deux maisons plus loin, au n^ 62, la tradition veut que la princesse de Lamballe ait habité; mais rien n'est moins sûr. Rue Florian, n° 4, on montre quelques vestiges de la maison de Fouquier-Tinville. La rue des Orteaux était autrefois rue des Orties et non rue des Jardins, comme l'affirment quelques étymologistes qui croient à tort que le mot latin hortus a passé dans la langue française.

Gharonne a eu jadis deux châteaux : l'un dont l'entrée était assez proche de l'ancienne barrière de Fontarabie, vers le passage Ligner, et s'étendait sur la gauche de la rue de Bagnolet jusque près de l'église; l'autre, dit château de Bagnolet, était situé, pour la majeure partie, au delà des fortifications, sur le territoire de Bagnolet, mais ses dépendances étaient intra-muros. Après avoir appartenu à la famille d'Orléans qui s'y plaisait fort, après avoir été morcelé et détrait pendant la Révolution, il est représenté aujourd'hui, pour la partie parisienne, par l'hôpital Debrousse créé en 1892 grâce aux libéralités de la baronne Alquier, née Debrousse. Un pavillon Louis XV, heureusement conservé, contribue à donner plus de grâce encore à ce joli coin.

Nous venons de parler de la barrière de Fontarabie;

elle se dressait à l'extrémité de la rue de Gharonne et

à l'entrée de la rue de Bagnolet; dès la fm du xvn® siècle, un hameau

s'était créé là, qui avait pris le nom du village espagnol où Mazarin

négocia en 1660 le traité entre ~^. ^ la France et l'Espagne. Ge n'est

pas d'hier, on le voit, que date l'usage de donner aux agglomérations naissantes des noms de lieu étrangers, célèbres au moment où on les choisissait comme parrains : tels, depuis, Malakoff et le Kremlin.

Dans le XX® arrondissement, le chemin de fer de Geinture a un parcours forcément accidenté. Quand il y pénètre, du côté de La Villette, c'est vers le milieu du souterrain de 1,100 mètres qui relie la gare de Belleville- Villette à celle de Ménilmontant. Gette station occupe l'emplacement de l'ancien lac que la rue de la Mare rappelle dédaigneusement. La ligne ne reste pas longtemps à ciel ouvert.

Après avoir passé sous la rue de Ménilmontant et suivi pendant 200 mètres en tranchée la rue Sorbier^ elle entre à nouveau sous terre dans le tunnel, dit du Père- Lachaise bien que la voie ne passe que sous l'angle extrême Nord du cimetière, et en sort, après un parcours de 1 kilomètre à la station de Charonne, s'ou- , vrant sur la rue de Bagnolet, presque à l'angle de celle des Pyrénées. De là, par un remblai dont la pente est assez accentuée, les trains atteignent la station de la rue d'Avron — créée seulement en janvier 189o, puis, à peu de distance, celle de l'avenue de Vincennes. La ligne quitte alors l'arrondissement pour entrer dans le XII°, où nous l'avons rencontrée pour la première fois et décrite.

PARIS - VINGTIÈME ARRONDISSEMENT

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