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LE PARC DE VERSAILLES ET LE BASSIN DE LATONE

EjMV^IROJMS de fARIS

LE BOIS DE BOULOGNE - MEUDON - SÈVRES- SAINT-CLOUD - VILLE-D'AVRAY - CHAVILLE VIROFLAY — VERSAILLES ET LES TRIANONS -- SAINT-CYR

A RIS est une ville incomparable, non seulement par elle-même, mais encore par ses environs.

Dans une région où ne sauraient se trouver ni montagnes abruptes, ni torrents impétueux, ni forêts épaisses, il semble que la nature se soit plu à fournir, autour de la capitale , un aperçu en raccourci et en diminutif, pour ainsi dire, de toutes ses beautés. Le génie des hommes a fait le reste.

Le bois de Boulogne — le Bois, tout court, comme on a l'habitude de dire — prolonge le xvr arrondissement, si coquet déjà, en une promenade superbe. Bien que son territoire appartienne aux deux communes de Boulogne et de Neuilly, il est compris dans les limites de l'octroi de Paris, c'est-à-dire que la perception des droits s'acquitte aux points où l'on y entre pour venir de la banlieue vers Paris.

Ce fut jadis la forêt de Rouvray, qui, aux temps où Paris n'était encore que Lutèce, couvrait toute la rive droite de la Seine, s'étendant jusqu'au Louvre, occupant la majeure partie de la plaine à laquelle Saint-

Denis a donné son nom, rejoignant, par delà les circuits de la Seine, la forêt, plus vaste encore, de Laye, dont la dénomination s'est transmise à travers les âges, accolée au nom de Saint-Germain.

Les dimensions de la forêt de Rouvray étaient déjà bien restreintes au xiv« siècle. Dès le xii«, des chartes en font foi, elle s'appelait forêt de Boulogne, bien que ce ne soit qu'en 1320 qu'ait été fondée la paroisse de Boulogne et construite la jolie église dont les promeneurs du Bois aperçoivent la flèche, du haut de la butte de Mortemart.

En se faisant bâtir le château de Madrid, dont la démolition est si regrettable, car c'était un bijou, François pr attira l'attention de la Cour sur le bois de Boulogne, qu'il fallait traverser de part en part pour se rendre à la résidence royale. C'est aussi vers le même temps que fut construit, du côté de Passy, un pavillon de chasse dont le nom justifie l'objet : la Meute, devenu par corruption la Muette, et qui, transformé en château, eut, au xvin^ siècle, l'honneur de fréquentes visites de Louis XY, de Louis XVI et de Marie-Antoinette.

L'abbaye de Longchamp (nous gardons l'orthographe historique) occupait, du côté de l'Ouest, l'autre extrémité du triangle. Elle datait de saint Louis, et les pieuses filles qui vivaient à son ombre ne faisaient alors guère parler d'elles. Il n'en fut question qu'au xvi« siècle, préci-

sèment lorsqu'elles n'étaient plus pieuses et que la rigueur des cloîtres avait connu un singulier relâchement.

C'est au xviii^ siècle que s'introduisit l'usage mondain d'aller aux offices de l'abbaye de Longchamp durant la semaine sainte. C'était la promenade à la mode.

Saccagé pendant les invasions des alliés en 1814 et 1815, à peu près délaissé des promeneurs, le Bois s'était refait une végétation de forêt vierge, quand la loi du 8 juillet 1852 en transféra la propriété domaniale de l'État à la Ville de Paris, à la charge pour celle-ci d'affecter deux millions à Fembellisssement, à la transformation de la promenade.

Alphand en fut chargé; le bois de Boulogne, tel que nous le voyons aujourd'hui, est son œuvre ; on ne saurait trop en louer sa mémoire. Ce n'est pas deux millions, c'est quatorze, dit Haussmann, que la Ville consacra à cet embellissement. Il est vrai que dans ce chiffre il faut tenir compte de l'acquisition faite, en dehors du traité de cession, de la zone voisine de la Seine, où fut inauguré, au mois de mai 1867, l'hippodrome de Longchamp, avec sa pelouse d'entraînement.

Le reste passa surtout en dépenses d'adduction d'eau; l'ancien bois, exclusivement planté de chênes, était aride; le nouveau fut doté des deux lacs, de la

grande cascade et d'une foule de cours d'eau qui circulent en gazouillant lorsqu'ils rencontrent sur leur route des roches artificielles, formant de minuscules cascades. La mare d'Auteuil et la mare aux Biches, héritage du passé, furent également arrangées au goût d'alors, qui était avant tout celui des jardins anglais.

On est surpris, à consulter des plans du bois de Boulogne au x\iV siècle, de voir combien d'anciens noms se sont conservés dans le nouveau. Déjà l'on y trouve et l'allée de la Reine-Marguerite, et le « rond de Mortemart )>, et la croix des Sablons, voire même la porte Mayot ou Mahiau, dont nous avons fait la porte Maillot, et qui, avant d'être une grille, était bel et bien une porte en bois, alors que la forêt était entièrement close de murs.

La porte de Madrid s'ouvrait devant le château du même nom.

— Fleuriau d'Armenonville, qui mourut en 1728, était capitaine du bois de Boulogne, et son nom n'est pas non plus inconnu aux

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