TOMBEAU DE LA REINE HORTENSE, A RUEIL
saires. Port-Marly doit à son heureuse situation de s'être développé, non sur la rivière, mais du côté de Marly. C'est là, en effet, que la route de Marly rencontre celle de Saint-Germain; là, par suite, qu'est la bifurcation des deux lignes de tramways.
Nous monterons tout à l'heure à Marly ; continuons notre chemin vers Saint-Germain. De plus en plus, le trajet demeure agréable; bientôt la route s'élève, commence à dominer la vallée de la Seine qui décrit une large courbe vers le Nord. Ce charmant château que l'on voit à gauche, accroché pour ainsi dire au flanc de la colline, c'est Monte-Cristo, une « folie » d'Alexandre Dumas, folie dans les deux sens, car elle absorba, dit-on, les 250,000 francs que lui avait rapportés son fameux roman, et il fallut, plus tard, la revendre, sans bénéfice.
Déjà, on atteint, toujours en montant, les premières maisons de Saint-Germain : voici des casernes, le pavillon Henri IV, des maisons bourgeoises, la statue de M. Thiers, œuvre de Mercié, élevée en 1880, devant la façade Sud du château, le château, enfin, lui-même, dont la façade principale s'ouvre sur la grande place, vis-à-vis de l'église.
Saint-Germain-en-Laye. — Parmi les forêts qui, au temps les plus anciens, couvraient presque entièrement le sol des environs de Paris, celle de Laye était une des plus importantes. Son nom, Lidn^ figure pour la première fois au \X' siècle dans un inventaire des posses^ sions de l'abbaye p.arisienne de Saint-Germain-des-Prés ; il y est dit que l'abbaye possède environ trois lieues de circonférence dans cette forêt.
Le roi Robert fit élever sur le sommet de la colline une église que l'on dédia à saint Vincent et à saint Germain, église dont les paroissiens furent, à l'origine, des vignerons de la côte et des bûcherons de la forêt. Telle est l'origine de Saint-Germain-en-Laye.
La position était militairement trop avantageuse pour que les premiers Capétiens, toujours menacés par leurs barons, n'aient pas songé à l'occuper en y construisant un château fort. Il existait déjà sous
Louis le Gros, qui en a daté des actes. Rien n'est resté de cet édifice, qualifié palais, si ce n'est peut-être les fossés et les substructions. La partie la plus ancienne du château actuel est la Sainte-Chapelle, qui date de saint Louis. On la voit du dehors, sur la face méridionale ; elle a été habilement restaurée et est très agréable à voir.
La façade de l'Ouest, où est l'entrée, avait été déshonorée par la construction, sous Louis XIV, d'un bâtiment massif, qui disparaît en ce moment, de façon à rendre au monument l'unité d'aspect qu'il avait au xvi® siècle, car, dans son ensemble, il est l'œuvre de François P^", et n'est pas l'un des moins intéressants parmi ceux dont ce roi, ami de l'architecture, a doté notre pays.
C'est par la façade septentrionale prenant jour sur les quinconces de la terrasse qu'il faut juger et goûter cette architecture. L'art de bâtir, sous François P'', était si souple, avait tant de variété, que le château de Saint-Germain ne ressemble ni à Rlois ni à Fontainebleau, ni à Ghambord, ni aux autres du même temps, et c'est peut-être aussi celui dont le style est le plus français. Le mélange, presque toujours heureux, de la brique et de la pierre en est une cause ; nous en voyons une autre dans le maintien des procédés qu'avait employés Farchitecture précédente, celle du xv« siècle, où l'ogive régnait en maîtresse.
L'œuvre ne paraît pas complète. Henri II ordonna la construction d'un château sur le bord extrême de la colline ; c'est ce au'on appelle le château neuf, que Henri IV devait achever. Il n'en reste plus aujourd'hui qu'un pavillon, classé d'ailleurs comme monument historique, mais encastré dans les bâtiments de l'hôtel qui a retenu le nom de pavillon Henri IV, et où mourut M. Thiers. Ce pavillon, où se donnent aujourd'hui d'opulents festins, n'était, dit-on, autre chose que la chapelle du château neuf, et c'est là que Louis XIV aurait été baptisé.
La ville de Saint-Germain revendique, en effet, l'honneur d'avoir vu naître le grand roi. Elle obtint de Louis XVIII des armoiries représentant un berceau accompagné de la date de naissance : 5 sep-