FAÇADE NORD DU CHATEAU DE SAINT-GERMAIN
Après avoir franchi le vestibule où se voient des moulages de bas-reliefs de la colonne ïrajane et de l'arc de triomphe de Constantin, on pénètre dans la cour du château, où s'accuse mieux qu'à l'extérieur la disposition inattendue des cinq façades. L'entrée duanusée est à gauche. Voici encore, dans les deux premières salles, des moulages empruntés aux deux monuments que nous venons de nommer, consacrés à la gloire de Trajan ; le centre de la seconde est occupé par une pirogue gauloise trouvée dans le lit de la Seine, à Paris. Dans les
salles suivantes sont, notamment, des moulages de Parc de triomphe d'Orange.
L'entresol comporte huit salles. On y voit des reproductions de colonnes milliaires romaines, c'est-à-dire marquant la distance d'un mille [soit 1 ,481^,50) le long des routes; ce sont les aïeules vénérables de nos bornes kilométriques; puis, de nombreux documents épigraphiques relatifs aux légions romaines et à leur stationnement sur les frontières de la Gaule ; des tombeaux gallo-romains, urnes de métal ou de verre, destinées à contenir les cendres des morts, ou bien tombes de plomb, de brique, de pierre; puis des moulages d'enseignes gauloises, représentant des artisans, des voituriers, des chasseurs, etc.
Il y a, de même, huit salles au premier étage. Les trois premières sont consacrées à l'âge de pierre, au temps où l'homme ignorait l'usage des instruments en métal. « Ce qu'on ne savait pas il y a cinquante ans, dit M. S. Reinach, et ce qui a été définitivement établi vers 1860 par les travaux de Boucher de Perthes et de Lartet..., c'est qu'à l'époque où le mammouth et le rhinocéros buvaient dans la Seine, un grand nombre de dizaines de siècles avant J.-G., l'homme vivait et se multipliait à côté de ces redoutables voisins. La salle I est, comme la démonstration de cette vérité, une des plus belles conquêtes scientifiques du xix« siècle. On y voit les outils en pierre, en os et en corne dont se servait l'homme primitif..., les traces qu'il a laissées tantôt à la surface du sol, tantôt dans les sables des rivières et dans les cavernes où il cherchait un refuge ; les rares ossements de l'homme qu'on peut attribuer à cette période éloignée, à côté de ceux des animaux, ses coiatemporains ; enfin, les premiers essais d'un art naïf qui se complaisait à graver sur l'os ou sur la corne des dessins au trait, parfois d'une exactitude surprenante. »
Dans les salles suivantes se voient, très nombreux encore, les instruments de pierre employés parles Gaulois: haches, flèches, pics, objets de poterie, etc., et des réductions ou des dessins de dolmens et de menhirs. Les premiers, on le sait, ayant la forme d'allées couvertes, étaient affectés aux sépultures ; les menhirs étaient des colonnes marquant l'emplacement d'un tombeau, ou élevées en commémoration d'un fait important.
Puis vient (salle XIII) l'exposition des objets gaulois trouvés dans les fouilles d'Alise-Sainte-Reine (Côte-d'Or), la fameuse Alesia, dont l'emplacement a été tant controversé mais est maintenant certain, et où Vercingétorix 's'immortalisa par sa résistance aux légions romaines. Les salles XIV-XVII contiennent des spécimens de la céramique, de la verrerie et des bronzes de l'époque romaine. Les salles du deuxième étage ne sont pas moins intéressantes. On y a réuni de nombreux vestiges provenant d'habitations lacustres, c'est-à-dire établies sur des lacs, qui ont fourni des ossements d'hommes et d'animaux domestiques, des fruits, des outils de pierre, etc. Les vitrines des salles suivantes contiennent des armes gauloises en bronze, des poteries, des bijoux provenant de sépultures sous tamvli et des nécropoles de la Marne ; enfin, toute une série d'armes, de monnaies et de bijoux de l'époque mérovingienne.
Devant le château s'élève l'église paroissiale. Plusieurs fois reconstruite depuis Louis XIV et achevée seulement sous Charles X, elle est
Phot. Paul Robert.