TOMBEAU DE LOUIS XII ET D'ANNE DE BRETAGNE
escalier placé à droite du chœur, donne une impression tout à fait saisissante. Les guides allument des flambeaux, et expliquent, au milieu d'un silence que personne ne songe à rompre, les destinées de ce lieu funèbre. Au centre est un vaste caveau, complètement muré ; c'est le caveau des Bourbons. Par les soupiraux pratiqués dans le mur, de distance en distance, on distingue vaguement, posés, sur des tréteaux, les cercueils qui renferment les restes de Louis XVI, de Marie-Antoinette, de Louis XVIlï, du duc de Berry, de quelques membres encore de la famille royale.
Tout autour, des chapelles absidales correspondent à celles de l'église supérieure. On y voit quelques belles statues, parmi lesquelles celle de Marie-Antoinette, qui surprend par une attitude trop décolletée et mondaine; les quatre statues, de proportions colossales, qui étaient destinées au tombeau du duc de Berry; d'autres tombes royales, celles de Henri IV et de ses successeurs, etc.
Au sortir de la crypte, on admire, dans le chœur, quelques sépultures remarquables par leur ancienneté ou leur valeur artistique : les tombes de Frédégonde (xii^ siècle) et de Dagobert, le monument contenant le c^ur de Henri III, et enfin, dans le bas-côté méridional, le superbe tombeau de François P^' et de Claude de France, où ^ Germain Pilon s'est surpassé.
Gontigus à la façade Sud de la basilique s'élèvent les importants bâtiments de la maison de la Légion d'honneur. Ils ne sont autres que ceux de l'abbaye même de Saint-Denis, qui, au cours du xviii« siècle, avait été complètement reconstruite. G'est en 1809 que Napoléon I" les 'affecta à l'institution qu'il venait de fonder. La maison de Saint- Denis est la plus importante des trois établissements où sont élevées les filles de légionnaires : les deux autres sont situés aux Loges et à Écouen.
Sur la place aux Gueldres, à l'extrémité d'un square de modestes proportions, un monument qui ressem ble vaguement à une réduction du Panthéon attire l'attention : c'est la justice de paix, mais elle n'y a été installée qu'en 1896; auparavant, on l'appelait la petite paroisse, parce que, pendant longtemps, Saint-Denis n'eut pas d'autre église paroissale; à l'origine, cet édifice était la chapelle d'un couvent de Garmélites; il avait été construit non sans goût, vers 1773, par Richard Mique, aux frais de Marie de France, fille de Louis XV, qui venait de prendre le voile de carmélite à Saint-Denis.
A quelques mètres au delà de la gare de Saint-Denis, la ligne du chemin de fer se bifurque ; la voie de droite, se dirigeant vers le Nord- Est, conduite Greil par Ghantilly; celle de gauche, s'infléchissant sur l'Ouest, mène également à Greil par Enghien, Pontoise et la vallée de l'Oise; c'est la route la plus longue; ce fut cependant la première construite — en 1846 — parce qu'elle offrait un tracé beaucoup plus
aisé pour l'exploitation de la compagnie des chemins de fer du Nord.
Enghien en est la deuxième station. Gette aimable localité, qui n'est une commune (du département de Seine-et- Oise) que depuis 1850, fournit aux Parisiens tous les charmes d'une ville d'eaux lointaine située à leurs portes. Ils y trouvent un casino, des établissements thermaux, des hôtels, de charmantes promenades et surtout un lac qui est véritablement d'un charme exquis. La vogue n'est guère venue à Enghien que depuis le second Empire, en partie grâce à la résidence célèbre de la princesse Mathilde à Saint-Gratien,
de l'autre côté du lac, mais cette vogue a toujours été croissante et de mieux en mieux justifiée. ,
Et cependant, quelles modestes origines! Duxin^au xix® siècle, uniquement un moulin voisin du lac, qu'on appelait alors simplement étang, et dont on avait détourné le trop-plein pour faire tourner ce moulin. Ge coin de terre ignoré et sauvage et sans désignation ne bénéficia pas alors de la gloire que le vainqueur de Rocroy attacha au nom d'Enghien : c'est la terre de Montmorency, érigée en duché - pairie que les actes officiels baptisèrent Enghien, du nom d'un fief modeste que la famille de Gondé possédait en Belgique; il est vrai que les habitants et le public continuèrent toujours à dire Montmorency, que pendant la Révolution on imagina d'appeler Emile. Donc, le moulin tournait, le ruisseau coulait et personne n'y prenait garde, lorsque, vers 1766, le P. Gotte, curé de Montmorency, s'avisa d'analyser cette eau dont l'odeur rappelait si exactement celle