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CHAMBRE A COUCHER DE MARIE- AN TOINETTE , A FONTAINEBLEAU

ENVIRONS DE PARIS

billard, car elle remonte comme lui la Seine et traverse ces localités charmantes qui ont nom: Villeneuve-Saint-Georges, Juvisy,Ris-Orangis, Évry-Petit-Bourg. Depuis quelques années, la ligne a été prolongée sur la rive gauche de la Seine entre Gorbeil et Melun, d'où elle se prolonge par la rive droite jusqu'à Montereau, tandis que l'ancienne ligne, celle de Lyon, dessert la rive gauche du fleuve, entre ces deux dernières villes.

Étampes, si coquette soit-elle, ne justifierait peut-être pas suffisamment l'honneur d'une excursion spéciale, mais ceux qui, y passant,

pourront s'arrêter quelques heures ne le regretteront pas. Malheureusement, le chemin de fer d'Orléans semble mal disposé à les encourager.

Autrefois les trains rapides s'arrêtaient à Étampes; tous, maintenant, «brûlent» dédaigneusement sa gare, et la perspective d'aller de là à Orléans par un train omnibus n'a rien d'encourageant; nulle part, les plaines de la Beauce n'offrent une monotonie plus fastidieuse. Il n'en est pas de même, à vrai dire, entre Étampes et Paris ; la campagne y ofîre toutes les variétés de ses attraits : vallons, bois, cours d'eau discrets, et, à chaque pas, de riants et riches villages, des propriétés magnifiques entourées de murs à perte de vue, ou de gentils chalets, montrant les dentelures de leurs façades à demi cachées derrière quelque vieil arbre.

Étampes même est fort bien située au pied d'une colline d'où descend la Juine, grossie — ohî bien peu — des eaux de l'Œuf. Le sommet de la colline est couronné par un vénérable donjon, nommé la tour Guinette, qui est tout ce qui reste d'un château fort du xii« siècle. Dans le centre de la ville se trouvent quelques maisons de l'époque de la Renaissance : celles de Diane de Poitiers, d'Anne de Pisseleu, duchesse d'Étampes.

Du côté de l'Est, les environs ofïrent de nombreuses promenades, dont la plus attrayante' consiste à rejoindre la forêtde Fontainebleau, tout au travers du canton de Milly, qu'arrose l'Essonne. Montlhéry. — Pendant des siècles, Montlhéry n'eut de relations avec Paris que celles que lui procuraient les lourdes pataches parcourant la route d'Orléans. Quand la voie ferrée fut ouverte, en 1844, jusqu'à Orléans, on eut la ressource de s'arrêter à la station de Saint-Michel, qui n'est distante de Montlhéry que d'une lieue, et de là, soit pédestrement, soit en carriole, soit en voiture publique lorsque le service fut créé, arriver à destination. C'était tout un voyage; il fallait presque y être forcé pour le faire; les touristes regardaient à deux fois avant de l'entreprendre. Et pourtant, ils savaient trouver au terme de leur pérégrination de quoi les récompenser de leur peine. Ils n'ont plus hésité depuis qu'en 1894 leur a été livré le chemin de fer sur route de Paris à Arpajon, qui part de fOdéon, et, en une heure et demie, les conduit au pied de la tour fameuse. Sans compter que dès que Ton a franchi les quelques kilomètres qui, au sortir même de Paris, n'ont rien de séduisant, la route ne paraît pas longue, tant les panoramas qui se succèdent sont d'un agréable aspect : le parc de Sceaux, que l'on côtoie de Bourg-la- Reine à la Groix-de-Berny, les hauteurs et la belle plaine de Wissous, jusqu'à Ghilly-Mazarin, l'aimable Longjumeau, les magnifiques coteaux boisés qui do-

LA TOUR DE MONTLHËRy,

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minent Saulxles-Chartreux, la route d'Orléans que l'on retrouve à Ballainvilliers , toute bordée de vergers opulents avec des échappées à perte de vue sur les prairies qu'elle traverse. Déjà, dans le lointain, la tour se dresse à l'horizon. Boileau a été injuste pour elle dans Le Lutrin. Nous sommes moins sévères aujourd'hui pour les monuments du passé, surtout lorsqu'ils ont, comme celui-ci, huit cents ans d'existence, des brèches vénérables, que la brique a mal à propos et tant bien que mal cimentées, et une histoire glorieuse dans les annales

de la féodalité, car, jusqu'à Louis XI, ce fut le rempart le plus redoutable derrière lequel s'abritèrent les vassaux en rébellion contre la royauté. Il suffit, d'ailleurs, d'en gravir non pas même la plate-forme supérieure, mais la «motte» sur laquelle elle est assise et de reconstituer par la pensée les différentes enceintes du château fort dont elle était le dernier refuge, pour comprendre quelle résistance des hommes résolus pouvaient opposer là à toute une armée.

Le bourg ne se réveille de sa torpeur habituelle que les jours de foire et de marché, quand les fermiers des villes voisines s'y donnent rendez-vous d'afîaires. Si souvent troublé jadis par les aventures belliqueuses, il donne asile maintenant à de nombreuses maisons d'éducation aux programmes éminemment pacifiques. Il a toutefois conservé quelques curieux vestiges du passé : une porte de ville très pittoresque, et la façade, malheureusement trop restaurée, d'un hôpital fondé par Louis YII.

Au Nord-Ouest de Montlhéry régnent de fertiles plateaux, mont, val ou plaine, ou bois encore, qui s'élèvent jusqu'à la vallée de l'Yvette. Quand on les a parcourus, l'on arrive au milieu d un des sites les plus délicieux des environs de Paris. Nous disions plus haut que la région voisine d'Orgeval a été surnommée la petite Suisse; ici, le surnom s'applique au moins aussi bien; depuis longtemps, les paysagistes le

CHATEAU DE LA MADELEINE, A CHEVREUSE (Tour de l'Ouest.)

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