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LA SALLE DU TRONE, AU PALAIS DE FONTAINEBLEAU

reconnaissance pour avoir consacré leur existence à y faciliter les excursions, à ouvrir des sentiers dans le dédale des fourrés, à élever des poteaux indicateurs, à écrire des guides et à dresser des plans, à marquer sur les rochers, par des signes bleus et rouges, le sens du chemin qu'il faut suivre pour ne pas s'y égarer pendant des heures ; ils se nomment Denecourt et Golinet, surnommés avec juste raison les sylvains de Fontainebleau.

Le tracé du chemin de fer de Lyon contribue heureusement à rendre accessibles, sans trop de fatigues, les différents cantons de ce vaste territoire, ceux qui sollicitent le plus la curiosité des promeneurs. Lagrande ligne de Lyon côtoie la lisière orientale de la forêt, entre Bois-le-Roi et Moret, et la ligne du Bourbonnais, se détachant de la précédente à Moret, en dessert la limite méridionale jusqu'à la station de Bourron.

De cette façon, il est possible de diviser les excursions principales en trois groupes ayant leur point de départ à l'une des trois gares de Melun, de Fontainebleau, de Montigny-Marlotte.

De la gare de Melun, un tramway mécanique conduit, en trois quarts d'heure (12 kilomètres de Melun, 57 de Paris) à Barbizon, simple hameau de la commune de Ghailly-en-Bière, mais dont le nom seul évoque l'idée des hautes futaies, des gorges et des roches, en même temps que le souvenir de maîtres paysagistes tels que Th. Rousseau, François Millet, Daubigny. Arrivé là, on est dans la région occidentale de la forêt, la plus belle peut-être, au dire des connaisseurs. C'est le centre des excursions au camp de Chailly (vers le Nord-Est), aux futaies du Bas-Bréau et à la caverne des Brigands (vers le Sud-Est), aux gorges d'Apremont et à celles de Franchard (à l'Ouest).

Si l'on descend à la gare même de Fontainebleau, l'on n'a plus que l'embarras du choix. Fascinés bien naturellement par le château, la plupart des touristes s'orientent vers la ville où un tramway commode les conduit; mais à ceux qui sont venus pour la forêt nous recommanderons instamment de se maintenir sur la gauche du chemin de fer; ils trouveront des parties de forêts superbes entre la ligne et la Seine, entre Samois et Thomery, en passant par Valvins. Ici les deux charmes sont réunis : l'eau et le bois; le juste reproche que l'on a souvent fait à la forêt de Fontainebleau d'être trop aride et rocheuse

ne saurait être justifié ici. Les excursions abondent, d'ailleurs, avec Fontainebleau pour centre : à l'Est, Avon, le mont Andart, le rocher Brûlé : au Nord, le mont Ghamet, la vallée de la Solle, le rocher Cassepot : à l'Ouest, le mont Aigu, les gorges du Houx, le Long-boyau : au Sud, le mont Morillon, le rocher des Demoiselles, etc.

Par la ligne du Bourbonnais, il faut s'arrêter à la stationde Montigny-Marlotte. A Montigny, que Guy de Maupassant célébra dans un de ses derniers romans. Notre Cœur, une rivière encore, le Loing, baigne la lisière de la forêt; Mariette partage avec Barbizon le droit d'héberger les hôtes de ces bois. De là, les promenades les plus recherchées sont la mare aux Fées, la gorge aux Loups, et pour ceux, enfin, qui veulent reculer les limites du pittoresque jusqu'au point où il confine à la sauvagerie, les grandioses solitudes du Long-Rocher.

Corbeil,.run des chefs-lieux d'arrondissement du département de Seine-et-Oise, est une aimable petite ville située sur la Seine, à son confluent avec l'Essonne, à la fois très manufacturière (les moulins Darblay sont célèbres) et très bourgeoise. La Seine s'est chargée de séparer ces deux éléments, en gardant le premier pour sa rive gauche. L'autre rive, celle du quartier tranquille, a conservé le nom de Vieux- Gorbeil; sur le coteau qui la domine s'élève l'ancienne église de Saint-Germain-du-Vieux- Gorbeil, restaurée et inaintenant transformée en musée d'antiquités locales. Ce que la ville offre de plus curieux, c'est son église Saint- Spire, monument historique dont la construction remonte aux xii'' et xjn« siècles et dont le portail hors œuvre donnait jadis accès au cloître de l'église. Les portes en ont été détruites pendant la Révolution, mais l'arcade gothique est restée intacte et très belle, encastrée tout simplement au milieu de maisons dont la banalité met mieux en relief l'élégance de son ogive et des deux échauguettes pointues dont elle est accostée.

Il fallait jadis, une bonne journée pour aller de Paris à Corbeil par le coche d'eau; on l'appelait le Corbeillard et sa lenteur proverbiale lui a valu de donner son nom, devenu corbillard, à nos chars funèbres. Aujourd'hui, c'est un jeu pour les trains directs de faire ce trajet en trois quarts d'heui^e, et la route est aussi jolie que par l'antique cor-

Phut. Neurdein.

Phot. Neurdein.

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