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PERSPECTIVE DE LA RUE TURBIGO

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LE TEMPLE. — 90 quartier : des ARTS-ET-MÉTIERS. — 10« quartier : DES ENFANTS -ROU GES. 11« QUARTIER : DES ARCHIVES. -- 12° quartier : SAINTE-AVOYE.

E 111° arrondissement, dit Le Temple, a un pourpris des plus simples, formé par Taxe du boulevard Sébastopol, à partir de la rue de Rambuteau, des boulevards Saint-Martin, du Temple, des Filles-du-Calvaire, Beaumarchais, jusqu'à la rue du Pas-de-la-Mule, l'axe de cette "rue et de celles des Francs-Bourgeois et de Rambuteau jusqu'au boulevard de Sébastopol. C'est là un territoire d'une étendue médiocre : 116 hectares, et seul, le Ile arrondissement est moins grand encore. En revanche, sa population est des plus denses, et si les monuments y sont maintenant un peu clairsemés, du moins nous aurons à glaner çàet là maints souvenirs.

Historiquement, cette partie de la ville ne se bâtit qu'au xni^ siècle; elle est, en effet, tout entière comprise dans l'enceinte de Philippe- Anguste et celle de Charles V; la première laissait en dehors de Paris tout ce qui est au delà, vers le nord-est, de la rue des Francs-Bour-

geois; la seconde, représentée aujourd'hui parla rue Meslay et la ligne des boulevards jusqu'à la Bastille, enferma donc cette région dans les limites de la capitale.

On croira sans peine qu'elle était alors bien différente de ce qu'elle est devenue. Les vastes enclos de nombreux monastères et d'hôtels seigneuriaux, dont quelques-uns très considérables, en occupaient la majeure partie; au centre, seulement, des rues étroites et sans air, où la population s'entassait; à l'est, jusqu'au xvii^ siècle, des terres en culture maraîchère que l'on nommait déjà le Marais. La région tend chaque jour à perdre de son aspect pittoresque... et insalubre d'autrefois; d'importants travaux de voirie s'y sont faits depuis moins d'un demi-siècle et quelques-uns même sous nos yeux : le percement des rue Turbigo, Réaumur, l'élargissement si utile de la rue Beaubourg, la trouée produite par le prolongement de la rue Etienne-Marcel. On y retrouve cependant encore bien des traits caractéristiques du vieux Paris. C'est maintenant le quartier de l'industrie manufacturière dans toutes ses branches, la grande fabrication qui s'est installée dans

les nobles logis du Marais, aussi bien que la petite industrie de Farticle de Paris, cantonnée en chambre.

La rue Saint-Martin est la voie la plus ancienne du quartier, nous pourrions presque dire de Paris, puisqu'elle est, on le sait, avec la rue Saint-Jacques, la voie romaine traversant la Gaule du nord au sud ; elle tire son nom du célèbre prieuré de Saint -Martin -des -Champs, dont le Conservatoire des arts et métiers occupe l'emplacement et même quelques bâtiments anciens. Ce prieuré avait été fondé en 1060, par Henri 1^% sinon à la place, du moins en souvenir d'une chapelle élevée jadis à l'honneur du saint charitable qui partagea son manteau avec un pauvre. La générosité royale, et aussi l'esprit d'accroissement, en fit un des plus riches monastères parisiens. Sa juridiction s'étendait sur la plus grande partie de la rue Saint-Martin et du quartier environnant, le Beau Bourg, jusqu'au Temple; de nombreux villages de la banlieue nord et est le reconnaissaient pour seigneur. L'enclos du prieuré ne comprenait pas moins de 14 arpents qu'entourait une muraille crénelée et flanquée de tourelles, datant du xiii^ siècle; nous retrouverons tout à l'heure une de ces tourelles. Dès 1705, la partie orientale de l'enclos avait été désaffectée et transformée en marché, qu'on supprima en 1811, pour le remplacer par une construction plus vaste, dont Peyre fut l'architecte. Il était précédé d'une place, autrefois jardin du couvent, et où se faisait le commerce des oiseaux; l'École centrale en occupe maintenant la place.

Quand le prieuré fat supprimé, ^ ^

en 1790, il n'était plus habité que par dix-neuf religieux, qui firent don à l'Assemblée nationale — un don quelque peu forcé — de leurs revenus, évalués à 180000 livres, environ deux millions d'aujourd'hui.

On fut d'abord embarrassé de l'emploi de ces vastes bâtiments, et huit années s'écoulèrent dans cet embarras. Le 26 floréal an YI (15 mai 1798), la solution fut enfln trouvée : sur le rapport du célèbre abbé Grégoire, le Conseil des Cinq-Cents désignait l'ancien prieuré pour servir de local au Conservatoire des arts et métiers.

L'idée de grouper les machines, les instruments utiles à la science et à l'art industriels n'était pas tout à fait nouvelle; l'honneur en appartient à Vaucanson qui, quelques années avant la Révolution, avait formé une collection de ce genre dans l'hôtel de Mortagne, rue de Charonne, 51, où il avait admis le public à le visiter.

C'est le rapport de Grégoire lui-même qui nousl apprend : «D'après la loi de son institution, le Conservatoire réunit les instruments de tous les arts à l'aide desquels l'homme peut se nourrir, se vêtir, se loger, se défendre, établir des communications dans

Phot. Gaillard.

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