ABSIDE DE L'ÉGLISE S A IN T-M AR TIN-DES-CH AMPS
toutes les parties du monde. Par le défaut de local, cette collection est disséminée dans trois dépôts... Le second est celui de la rue de Charonne, composé de plus de cinq cents machines léguées en 1783 au gouvernement par le célèbre Vaucanson... »
Nous ne suivrons pas dans toutes leurs phases les développements d'un si utile établissement; chacun des gouvernements qui se sont succédé depuis le Directoire a tenu à les favoriser, mais c'est à dater de Louis- Philippe qu'on a fait le plus et le mieux, lorsque Vaudoyer fut chargé de restaurer et d'aménager définitivement le Conservatoire. Il y travailla pendant plus de trente ans. De l'ancien prieuré restaient debout deux constructions très remarquables, malgré leur délabrement : l'église et le réfectoire. L'église, romane par son abside, gothique par sa nef; le réfectoire, un véritable bijou d'architecture du xiii« siècle, que l'on peut attribuer à Pierre de Montereau, i'habile constructeur de la Sainte- Chapelle, furent restaurées avec le meilleur goût. Dans la première sont maintenant exposées les principales machines; le réfectoire est devenu bibliothèque. Outre ce travail de restauration qui a bien ses mérites, la part de Vaudoyer est des plus considérables dans la construction du Conservatoire : les bâtiments en façade sur la rue Saint-Martin, l'aile qui fait vis-à-vis à l'ancien réfectoire, l'élégant perron qui se trouve en face de l'entrée principale sont également son œuvre et lui font honneur.
Le Conservatoire des arts et métiers n'est pas seulement un admirable musée, c'est aussi une école nationale des sciences industrielles.
Le colonel Laussedat s'exprime ainsi à cet égard dans une excellente notice qu'il a consacrée à l'établissement :
« Le nombre des chaires est de 17, qui se répartissent de la manière suivante : arts mécaniques, 3; arts des constructions, 2; applications de la physique, 2; arts chimiques, 3; arts et sciences agricoles, 3; sciences économiques, 3.
(( La plupart de ces chaires ont été occupées par des savants du plus grand mérite, dont les travaux et les découvertes ne sauraient être énumérées ici en détail, ir suffira sans doute de rappeler que c'est au Conservatoire que Pouillet a évalué pour la première fois la chaleur solaire, source de la vie sur tout notre globe, et établi expérimentalement, à l'aide d'instruments qu'il avait imaginés, les lois fondamentales
TROISIEME ARRONDISSEMENT
des courants élect r i q u e s /; que Payen a soumis à l'analyse chimique et physiologique la plupart des substances alimentaires et donné les moyens scientifiques de reconnaître leurs falsifications; que Peligot a isolé l'uranium, étudié plusieurs des propriétés essentiel-, les des aciers et réuni en un corps de doctrine tout ce que l'on savait sur la fabrication du verre . depuis l'antiquité... »