BIBLIOTHEQUE DE L'ARSENAL
LA CASERNE DES CÉLESTINS. (Garde républicaine.)
fm du xvu^ siècle, c'était le seul chemin pour aller du pont Marie à la rue Saint-Antoine, par la rue des Nonnains-d'Yères; un acte des Archives nationales (S. 3472) établit qu'en 1688 a le cul de sacq estant entre la rue de Jouy et celle de Saint-Antoine seroit ouvert pour donner par ce passage communication du quartier de l'isle Nostre- Dame et de Saint- Bernard à celluy de Saint-Anthoine ». Ce cul-desac appartenait à M. de Fourcy, prévôt des marchands ; il devint donc la rue de Fourcy, Quant à la rue des Nonnains-d'Yères^ elle doit ce joli nom à la maison qu'y possédaient les religieuses (nonnains, en vieux français) de l'abbaye d'Yères, au delà de Villeneuve-Saint-Georges.
Rien à signaler sur la tortueuse rue de rEôtel-de-Ville^ sinon son étroitesse, encore surpassée de beaucoup par les laies du Paon-Blanc et de la Masure, qui la relient au quai ; il n'en est pas de moins larges à Paris.
Une surprise — mieux que cela — une merveille nous attend à l'angle des rues de l'Hôtel-de-Ville et du Figuier- Saint-Paul : l'hôtel de Sens. Ils sont si rares, maintenant, les monuments civils qui peuvent évoquer le Paris antérieur au xvi« siècle : la tour de Jean sans Peur, la porte de l'hôtel CJisson, l'hôtel de Gluny, l'hôtel de Sens — et c'est tout. Celui-ci, si l'on en croit l'inscription apposée sur sa façade par la municipalité aurait été bâti (( vers 1500 » par les ordres de Tristan de Salazar, archevêque de Sens. A le regarder de près, nous avons peine à voir là un logis construit à l'extrême fm du xv^ siècle. Qu'on le compare précisément à Cluny, qui est de ce temps-là, il est visible que l'influence de la Renaissance française apparaît dans celui-ci, et nullement à l'hôtel de Sens, qui est un spécimen parfait de l'architecture du moyen âge finissant, mais encore du moyen âge. Au surplus, Tristan de Salazar fut archevêque de Sens dès 1475. On peut admettre qu'aussitôt nommé, il ordonna la construction de son hôtel parisien ; de là cette haute baie ogivale, ces charmantes tourelles en encorbel^ lement, ces escaliers en vis qui donnent tant de saveur à la construction, mais qu'un architecte de 1500 aurait jugés archaïques. L'important est que le joyau reste intact: il appartient à l'art, bien plus encore qu'à ses propriétaires.
A deux pas de là, le passage Charlemagne, composé des cours accolées de deux maisons qui séparent la rue Charlemagne de la rue Saint- Antoine, offre la vue d'un joli corps de logis du commencement du XVI® siècle, maladroitement badigeonné il y a quelques années ; c'est l'hôtel des Prévôts, qu'habitèrent plusieurs prévôts de Paris, durant le xv® et une partie du xvi® siècle. Quant à la rue du Prévoie toute voisine, son nom est moderne; on peut lire encore sur sa maison d'angle avec la rue Saint- Antoine l'inscription gravée sur la pierre : rue Percée; mais l'hôtel des Marmousets, qui appartint à Hugues Aubriot, prévôt de Paris, y était situé.
Une longue et sombre allée, s'ouvrant à droite de la façade de l'église Saint-Paul-Saint-Louis constitue
QUATRIÈME ARRONDISSEMENT