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LES TROIS PORTAILS DE LA FAÇADE DE NOTRE-DAME

successeurs lui préférèrent une résidence toute voisine, située de l'autre côté de la rue Saint-Antoine, l'hôtel des Tournelles, que nos historiens de Paris n'ont pas encore suffisamment reconstitué. Louis XII y mourut, Henri II y fut blessé à mort dans son célèbre tournoi avec Montgomery. Dès lors, les Tournelles furent délaissées.

C'était un grand terrain vague et désert, servant parfois aux duels (témoin la fameuse rencontre qui y eut lieu des mignons de Henri III) quand Henri IV conçut le dessein d'y construire une place quadrangulaire à galeries, bordée de maisons monumentales. Ce fut la place Royale, que Marie de Médicis inaugura solennellement en 1612 — la Place, comme disaient alors les beaux esprits. Telle elle était alors, au moins en soïx ordonnance générale, telle nous la voyons aujourd'hui, et c'est bien le plus important, le plus précieux souvenir que Paris ait conservé du temps de Henri IV. La statue de Louis XIII qui occupe le centre du square n'est pas celle que Richelieu avait fait placer en 1639 au milieu de la place, et que l'on « descendit » en 1792; celle-ci est l'œuvre de Dupaty et Gortot et fut inaugurée en 1829.

Que de noms illustres à citer parmi les locataires de la place : M"^« de Sévigné y naquit, au n° 1, le 6 février 1626 ; Marion Delorme, puis Victor Hugo ont habité le n*^ 6; au n^ 9, l'hôtel de Ghaulnes ; au 13, les Rohan-Ghabot ; au 14, Dangeau ; au 18, Richelieu, avant la construction du Palais-Gardinal.

On a eu tort, à notre avis, en 1870, de retirer à la place Royale son nom d'origine pour faire honneur à nos montagnes des Vosges, qui

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