LA SEINE ET LE PONT MARIE
tel qu'il est, ne date que de 1862; il a succédé à un pont suspendu qui existait depuis 1833. Enfin, les deux ponts Sully fournissent depuis 1876, à l'extrémité Est de l'île, les relations les plus faciles avec les deux rives du fleuve. Sur le terre-plein qui les sépare a été inauguré, le 18 juin 1894, le beau monument^U sculpteur Marqueste et de l'architecte Bernier, élevé en l'honneur du célèbre sculpteur animalier Barye, non loin de la maison 4, quai des Célestins, où il était mèrt le 25 juin 187o.
PARIS - QUATRIÈME ARRONDISSEMENT
Phot. Naurdein.
VUE PANORAMIQUE DU V» ARRONDISSEMENT ET DE L'ILE DE LA CITE. (Au centre, Notre-Dame; au loin à gauche, le Panthéon.)
LE PANTHÉON. — 17» quartier : SAINT-VICTOR. — 18° QUARTIER : LE JARDIN DES PLANTES. 19" QUARTIER : LE VAL-DE-GRACE. — 20» quartier : LA SORBONNE.
ous voici sur la rive gauche. C'est la première fois. Le V^ arrondissement est, en effet, dans l'ordre numérique, le premier qui soit situé dans cette région de l'ancien Paris, qui n'était ni la Ville, ni la Cité, et que l'on nommait l'Université. Ce nom, il le mérite, à tous égards, dans le passé et le présent. On l'a nommé aussi, avec non moins de raison, le quartier latin, expression heureuse, suggestive, car d'un seul mot, elle donne une image complète.
Le V° arrondissement, dit Le Pant[ii::on, a une superficie de 249 hectares, supérieure à celle de chacun des quatre premiers. Le cours de la Seine le sépare du IV^, entre les ponts Saint-Michel et d'Austerlitz ; les boulevards de l'Hôpital, Saint-Marcel et de Port-Royal jusqu'à la rue de la Santé, le séparent du XIII«; ce même boulevard de Port- Royal, entre la rue de la Santé et le carrefour de l'Observatoire, lui sert de limite avec le XIV^; enfin, le boulevard Saint-Michel, entre ce carrefour et la Seine, lui est mitoyen avec le YP. Nous venons de dire que c'est le quartier latin, et qu'on ne le pouvait mieux définir. Ne fut-ce pas, en effet, dans cet espace que s'étaient fondés collèges, couvents, abbayes, prieurés avant et depuis la fondation de l'Université, en un mot tous les établissements où le latin était la langue en honneur par excellence, la seule officielle? La physionomie et les
mœurs mêmes du « quartier» — comme on dit encore pour simplifier, — ont pu changer ; il est toujours le centre principal de l'étude, où la plupart des grandes Écoles, trois importants lycées se groupent dans le voisinage de la Sorbonne ; il demeure la résidence préférée des professeurs aussi bien que des élèves.
Le quartier Saint-Victor s'étend dans la plaine, entre la place Maubert et la rtie Cuvier, et le versant oriental de la colline jusqu'aux rues de Lacépède, Descartes et de la Montagne-Sainte-Geneviève qui le séparent, la première du quartier du Jardin-des-Plantes, les deux autres de celui de la Sorbonne. Il doit son nom à l'ancienne et fameuse abbaye fondée par Louis VI au bord de la Seine, sur un terrain tout à fait en dehors de la ville et qui resta tel jusqu'au xviii^ siècle. On y accédait par la place Maubert et la rue Saint-Victor, voie jadis importante, que le percement du boulevard Saint-Germain, de la rue Monge et de la rue des Écoles ont réduite à presque rien. Les religieux de Saint- Victor ont laissé un bon renom dans l'histoire ; ils s'illustrèrent dans l'étude ardue de la scolastique où ils étaient passés maîtres. Leur bibliothèque, accessible au public « et aux pauvres étudiants » presque depuis la fondation du monastère, était composée de nombreux fonds, que plusieurs legs vinrent encore enrichir; cela ne la préserva pas cependant de la malignité de Rabelais, qui en publia un catalogue éminemment fantaisiste. Parmi les sépultures que l'église renfermait, il faut citer celle de Santeuil, chanoine régulier du lieu, mais avant tout
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