FAÇADE DE L'ÉCOLE POLYTECHNIQUE
CINQUIÈME ARRONDISSEMENT
faite par des hommes du métier, du bon état de construction des véhicules. Tel est le côté le plus important du rôle de la Fourrière, mais ce n'est pas par là qu'elle est populaire.
Il arrive chaque jour, souvent plusieurs fois par jour, qu'un cocher se trouve dans l'impossibilité de conduire sa voiture sur la voie publique ; dans ce cas, les agents de l'autorité la font ramener chez le propriétaire, qui en est quitte pour payer au conducteur une indemnité.
Mais si le cocher a commis un délit ou que ses papiers ne soient pas en règle, lui et son équipage prennent le chemin de la rue de Pontoise; il y a pour les recevoir un hangar, une écurie et une sorte de petite geôle, d'où, après interrogatoire, l'automédon est dirigé vers le Dépôt. La moyenne des arrestations de ce genre est de trois par jour.
Bien plus connue encore est la Fourrière grâce à la race canine, dont elle est, suivant les cas, le tombeau ou le paradis. Combien de malheureux
maîtres de Médor ou de Diane y voit-on apparaître, l'œil humide, la voix tremblante, s'enquérant des nouvelles de l'égaré ! On les invite à donner un signalement exact, et ils apprennent en quelques instants s'il a été recueilli ou non. Lorsque le chien était porteur d'un collier avec indication de domicile, c'est l'administration même de la Fourrière qui avise le propriétaire d'avoir à se présenter dans le délai de trois jours. En tout état de cause, il faut, pour délivrer son quadrupède : 1^ produire un certificat d'identité fourni par le commissaire de police ; 2° acquitter les frais de conduite du chien à la Fourrière (de 1 franc à 1 fr. 75, suivant la distance), les frais de garde (5 centimes par jour) et de nourriture (15 à 20 centimes) ; 3° subir un procès-verbal
LES ARENES DE LUTECE.
tenant de police; la rue Cochin en représente la partie Nord; Gochin fut
maire et député de Paris dans la première moitié du xix^ siècle ;
quant à M. de Sartine, son nom est rayé de la nomenclature parisienne.
L'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, à l'angle des rues des
Bernardins et Saint- Victor, avec une abside neuve sur le boulevard Saint-Germain, a le grand tort de dater du xvii^ siècle; elle en porte le cachet, en dépit de la part que prit, paraît-il, le célèbre peintre Charles Lebrun à sa construction; mais Lebrun n'était pas architecte ; elle a un autre tort, celui d'être privée de façade, et il est peu présumable que les deniers de la Ville ou ceux des fidèles se trouvent être jamais en assez grand nombre pour combler cette lacune. A l'intérieur, on admire les deux beaux tombeaux de Lebrun et de sa mère. Parmi les autres sépultures que renfeimait cette église, il faut noter celle de Pierre de Chamousset, l'inventeur trop oublié de la petite poste aux lettres parisiennes, mais on ne peut en retrouver trace.
A l'Est de l'église, le long de la rue Saint-Victor, s'élèvent les sévères bâtiments du séminaire Saint-Nicolas-du-Chardonnet ; un prêtre illustre, l'abbé Dupanloup, en a été, durant un temps; le directeur; un laïc aussi illustre, Ernest Renan, y fit une partie de ses études ecclésiastiques.
hd^riie de ia Montagne-Sainte-Geneviève est d'une rude montée. Elle a été oubliée sans doute dans les travaux de viabilité, car elle a conservé son aspect du temps où les diligences, chaises de poste et autres véhicules, avant la création du boulevard de l'Hôpital, n'avaient pas d'autre route à suivre pour gagner, par les rues Descartes et Mouffetard, le chemin de Fontainebleau, de Lyon, d'Italie. Beaucoup de vieilles maisons qui bordent cette voie abrupte sont contemporaines de ce temps-là.
A mi-côte, voici l'École polytechnique, installée dans le vaste