VUE DE L'INSTITUT AGRONOMIQUE
sculpture provient sans doute d^*- l'église; il y serait mieux à sa place.
De Tautre côté de la rue, était naguère le cabaret du Château- Rouge, célèbre par la compagnie de mauvais drôles qui s'y donnaient rendez-vous jour et nuit. Plus près de la Seine, s'élèvent les hautes et mornes constructions dépendant de l'Hôtel-Dieu, le bâtiment Saint- Charles, autrefois relié par un pont à l'Hôtel-Dieu, lorsque cet établissement était du côté droit de la place du Parvis Notre-Dame.
Le percement de la rue Lagrange, de 1887 à 1890, a heureusement fait disparaître un dédale de ruelles qui venaient aboutir à la place Mauhert^ et rendre cette place même digne du voisinage du boulevard Saint-Germain. On n'a aucune incertitude sur le nom de la rue Lagrange : il s'agit du grand mathématicien qui occupa la première chaire de géométrie à l'École normale et à l'École polytechnique; il n'en est pas de même pour l'étym^logie de Haubert. Est-ce une corruption du nom Aubert, ou une contraction de la forme maître Albert? Grammaiici certant. Au centre de la place, s'élève la fière statue d'Etienne Dolet, brûlé là en 1546. Malgré ses embellissements, la place Maubert est restée un centre très populaire et très pittoresque ; elle a une clientèle d'habitués qui n'ont rien ou presque rien de commun avec l'aristocratie. On y rencontre même encore des négociants en bouts de cigares, qui savent transformer ce?> mégots en un tabac apprécié des fumeurs qui visent à l'économie.
Le marché des Carmes, au fond de la place, occupe le lorrain où, pendant près de cinq siècles, fut situé le couvent des Carmes. Il a été construit de 1813 à 1819, par Vaudoyer. Ce n'est pas une œuvi^o d'art, et, depuis longtemps, nos architecte^g font mieux en pareille matière. Pour, de là, monter à la place du Panthéon, deux voic^s s'ouvrent à nous, l'une à droite, l'autre à gauche du marché.
Prenons celle de droite, la rue des Carmes, Peut-être est-ce le chemin des écoliers, mais dans un tel quartier, tous pourraient être ainsi surnommés. Une construction moderne:^, de style gothique, remplace les bâtiments de l'ancien collège de Dormans-Beauvais, devenu en dernier lieu collège de Lisieux, et dorif l'église, faisant face à la rue de Latran, sert aii* jourd'hui au culte roumain. En montant toujours, nous atteignons la rue Valette^ fâcheii» sèment débaptisée de son ancien vocable, rue des Sept-Voies. A droite, les bâtiments d(; Sainte-Barbe, à gauche, de vieux logis, parini Icsqucln, au n*> 2!. une maison qui passe pour avoir quelque temps abrité Calvin. Nous sommes arrivés au point culminant de la monia^iH! SairHe-Cencviève, devant la façade septentrionale du Panthéon» L'ascoDHion est di; 73 mètres, c'est-à-dire que le sol de la place es( juslomeiiit à la hauteur du sommet des tours de Notre-Dame.
Les Romains s'étaient emparés de cette haulour pour y élever un , temple à Diane, tout de même qu'au haut do in bulle Monlmarlre était un temple à Mars ou à Mercure. Dans les deux ras, le clirislianisme y substitua des couvents : abbaye de feiuuHîs h Manimiwiro^ monastère d'hommes ici. A Porigine, l'abbaye de Saiuio-Cieneviève fut dédiée à saint Pierre et à saint Paul. Elle avait été fondée par Clovis, sur les instances de Glotilde, sa femme. Ce n'est qu'au
iK« siècle que le vocable de Sainte-Geneviève prévalut et demeura le seul. Nous ne ferons pas ici Fhistoire, même succincte, de la célèbre abbaye, la plus puissante de Paris avec Saint-Germain-des-Prés. Elle n'a pas tout entière disparu, d'ailleurs, car une partie de ses bâtiments est demeurée intacte, dans les constructions du lycée Henri IV, notamment les réfectoires, les dortoirs où était la riche bibliothèque des Génovéfains, la tour de Fancienne église, dite tour Clovis, uniquement parce qu'elle est voisine de la rue Clovis, mais nullement parce qu'elle serait contemporaine de la fondation.
Le Panthéon fut destiné à remplacer cette ancienne église qui tombait en ruine. Par la somptuosité du monument qu'a bâti Soufflet, on peut juger que les religieux ne regardaient pas à la dépense. Ils ne se doutaient pas, lorsqu'ils l'entreprirent, du sort qui l'attendait finalement. Alternativement nécropole des hommes auxquels la patrie réservait ce suprême honneur, ou église Sainte-Geneviève," suivant les gouvernements successifs. Le Panthéon a été enfin rendu, en 1885, à la destination que la Révolution lui avait assignée lorsqu'elle inscrivait sur son fronton ces mots si nobles : « Aux grands hommes la Patrie reconnaissante, » lorsqu'elle y faisait transporter les restes de Mirabeau, de Voltaire, de Rousseau. Notre gouvernement ne pouvait moins faire que d'associer au îuême voisinage les restes de Vielor Hugo et du président Carnet. Le lias-relief monumenlal qui décore la façade principah» <îst Tceuvre de David d'Angers. A Fintérieur, la déeoratioTi picturale, encore inachevée, a élu confiée aux peintres les meilleurs : ('abanel, Jean-Paul Laurens, Puvis de Chavannes. (rosi encore Soufûot qui, en 1771, conslruisii les doux façades symélricfues des <leux bâtiments ih) l'École de droit ci de la Mairie actuelle du 'V* arrondissement, La décoration do la place exigeait, paraîl-il, cet acrompagnement; mais, autant nous admirons le Panthéon, autant nous les trouvons froides. La bibliothèque Sainte « Geneviève ,