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LE JUBÉ DE L'ÉGLISE SAIN T-ÉTIENNE-DU-MONT

Jésuites, l'école Sainte-Geneviève, qu'on persiste à appeler école de la rue des Postes. Des portes d'allure antique, surmontées ou non d'une croix, révèlent, presque pour chaque maison de la rue, l'existence d'un couvent ou d'un collège religieux. Le soir, quand, la dernière cloche a tinté, un silence de cloître, de tombeau s'épand sur la rue; nul n'y passe; rien n'y bouge. A trois pas du bruit du boulevard Saint-Michel, des gaîtés tumultueuses du quartier, le contraste est saisissant, presque solennel.

Au carrefour formé par les rues Lhomond et de Tournefort (ancienne rue Neuve-Sainte-Geneviève), s'élevait le coll^t<0 KoIIIDj qui, dopui^^ longtemps a émigré vers Montmartre. A ^^a place vint TÉcôlc municipale de physique. L'enseignement n'a duuc rien [nnxhx de son territoire. Par la rue de l'Arbalète, nous arrivons à la rue Claude - Bernard. A l'angle de ces deux rues est situé l'Institut agronomique, sur l'emplacement de l'École de pharmacie, passée au VP arrondissement, laquelle avait succédé au Jardin des apothicaires, fondé en 1576 par Nicolas Houel.

Les boulevards Saint-Marcel et de Port- Royal limitent le quartier dans sa région méridionale. Leur percement, sous le second Empire, a fourni la voie de communication la plus utile entre l'Observatoire et la gare d'Orléans. Sur la place de r Observatoire, qui n'appartient que pour partie au Y'^ arrondissement, le chemin de fer de Sceaux apparaît un instant à ciel ouvert à la station de Port- Royal. A côté, le bal Bullier qui, sous les noms de Prado, de Closerie des Lilas, a vu tant de générations d'étudiants faire les fous.- Ils ignorent qu'ils dansent sur un cimetière, un cimetière gallo-romain, dont les vestiges nombreux autant qu'intéressants ont été retrouvés en 1878, rue Nicole et rue d'Enfer.

Quartier de la Sorbonne. — Gomment décrire en quelques pages un quar-

Phot. Neurdein.

TOMBEAU DE RICHELIEU, par Girârdon (Chapelle de la Sorbonne.)

tier dont chaque monument mérite un volume entier, et dont le nombre n'a d'égal que la variété?

On croit trop généralement que Paris naquit et se développa dans la Cité exclusivement. Des fouilles, dont quelques-unes sont récentes, les recherches, patientes des éru-dits ont établi avec certitude que, dès la conquête romaine, la rive gauche de la Seine fut habitée par une population relativement nombreuse. La montagne Sainte-Geneviève se nommait alors mons Lucoliiius, dénomination dont on démêle l'analogie avec Lutetia, nom réservé à la Cité.

Il est également certain qu'à la fm du m® siècle au plus tard, un camp fortifié, tel qu'en construisaient les Romains, existait non loin de l'endroit oii la rue Soufflet débouche sur le boulevard Saint-Michel. Si l'on ajoute à cela la présence du palais des Thermes un peu plus bas, celle des Arènes sur le flanc oriental de la colline, celle d'un cimetière gallo-romain au Sud, la preuve sera faite que durant les premiers siècles de notre ère, cette région de Paris ne fut rien moins qu'un désert. Elle fut délaissée, au profit de la Cité, lorsque les invasions normandes forcèrent les Parisiens à se réfugier dans leur île. On y revint après avec d'autant plus de faveur, et le plus ancien hôtel de ville, le premier « Parloir aux bourgeois », doit être placé précisément vers remplacement de l'ancien camp romain de la rue Souffiot.

Yoilà pour l'antiquité. Le moyen âge peupla le quartier de couvents, de collèges, d'églises, y créa l'Université. Notre époque, elle, lui a donné de la lumière et de l'air par le percement du boulevard Saint- Miflîolj du boulevard Saint- Germain, de la rue SoufOot, de la rue Lagrange ; les vieux collèges ont . 'W^f ^'^^^ jdace à des lycées en harmonie avec l'état de

w^-.J/ ^^ ^^ civilisation; la Sorbonne, neuve et

^N^ r^ -..,^c. ^l triomphante, n'a gardé de ses bâtiments

du xvn^ siècle que la chapelle fondée par Uichelieu.

La partie voisine de la Seine, au nord du boulevard Saint-Germain, a conservé son ancien aspect, Nous la recommandons aux amateurs de pittoresque. Rien de monacal, au contraire, dans les étroites et vilaines rues qui relient la place Maubert à la rue de la Harpe en coupant la rue Saint-Jacques ; et cependant, une perle dans ce triste écrin :

Saint-Séverin, modèle charmant de l'art gothique à sa plus belle époque.

Non loin de là, une autre église, plus ancienne, moins belle, mais très digne encore d'une visite, Saint-Julien-Ie- Pauvre, aujourd'hui affectée au culte grec, jadis chapelle d'un prieuré, mentionnée par Grégoire de Tours, reconstruite au xii® siècle. Tout près encore, allez voir sur la maison portant le numéro 42 de la rue Galande, un curieux bas-relief du xni® siècle, représentant la scène où saint Julien fait traverser une rivière au faux lépreux qui n'est autre que Jésus-Christ. Ce morceau de

CINQUIÈME ARRONDISSEMENT

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