RUINES DES THERMES DU IV« SIÈCLE
sa grande cour que coupait en deux un emmarchement de quelques degrés. Tout cela a disparu, ou a commencé à disparaître, à dater du 3 août 1885, jour où la première pierre du nouvel édifice a été posée en grande solennité. On commença par la façade sur la rue des Écoles et celle en retour, à l'angle de la rue Saint- Jacques. Le grand amphithéâtre, orné de Fadmirable fresque de Puvis de Ghavannes, fait le plus grand honneur au talent de Farchitecte, ainsi que la bibliothèque, occupant toute Faite orientale de la grande cour.
La Sorbonne est le siège de FUniversité de Paris.
Dans son enclos sont groupées les Facultés des lettres, des sciences et l'École pratique des Hautes Études. Depuis le mois de novembre 1897, FÉçole des Chartes a quitté, pour s'y installer, la triste demeure qu'elle avait à côté des Archives nationales. Son objet est Fétude de nos antiquités nationales, monuments, institutions, droit féodal, diplomatique, critique des textes.
Ses élèves obtiennent le diplôme d'archiviste paléographe -après trois années d'étude, plusieurs examens et la soutenance d'une thèse. Quand les futurs historiens de Paris voudront rechercher l'origine du square de la Sorbonne, situé entre la Sorbonne et le musée de Gluny, il leur faudra se reporter aux journaux qui ont paru de juillet à novembre 1898. Ils y verront qu'à cette place s'élevait autrefois entre les rues des Écoles, de la Sorbonne, du Sommerard et de Gluny une construction basse, occupée par Fimprimerie-librairie Delalain; qu'à cette date cette construction fut démolie pour être remplacée par une maison de rapport, haute de sept étages. Tous les amis de l'art protestèrent avec la dernière énergie contre une entreprise aussi barbare, dont l'effet eût été de masquer à la fois l'hôtel de Gluny et la Sorbonne; non sans peine ils eurent gain de cause et obtinrent l'acquisition par FÉtat et par la Ville du terrain, au prix de 1 200 000 francs.
G'eût été un crime, en effet, de cacher aux regards cette charmante façade de l'hôtel de Cluny, bijou de la Renaissance française, occupé en 1833 par les , collections magnifiques que réunissait avec amour M. du. Sommerard, et qu'à sa mort FÉtat racheta, cette fois sans hésitation, pour en faire un musée ouvert aux artistes et au public.
G'est le musée de l'art domestique et intérieur par excellence :
ameublement, ivoire, pièces d'orfèvrerie. Le inusée de Gluny se complète par le voisinage le plus heureux, le plus vénérable aussi, les ruines du palais des Thermes, construit par Gonstance Ghlore, au commencement du W siècle, et où l'empereur Julien fut proclamé, en 360. Que d'objets de méditation pourlesjoyeux passants du boulevard Saint-Michel! L'habitude, hélas! les en distrait, sans doute, et à force de voir ces pierres, restées si nobles dans leur délabrement, ils ne songent pas qu'ils sont là en présence du plus ancien monument resté debout de Fantique Lutèce !
PARIS - CINQUIÈME ARRONDISSEMENT
Chemin de fer ..^ „
Phot. Neurdeia