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VUE GENERALE DE L'INSTITUT DE FRANCE ET DU PONT DES ARTS

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LE LUXEMBOURG. — 21^ quartier : la monnaie. —22^ quartier : L'ODÉON. 23^^ QUARTIER : NOTRE-DAME-DES-CHAMPS. — 24° quartier : SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS.

E VI« arrondissement participe de ses deux voisins, le V^ et le VII^ Au quartier latin il ressemble par Fanimation, la vie tour à tour studieuse et bruyante, les établissements d'enseignement, la résidence des maîtres et des écoliers. De l'austère VII«, il tient, au contraire, par le calme, les rues longues et silencieuses, les communautés monastiques. Le jardin du Luxembourg est le terrain neutre où ces deux mondes s'approchent, sans se confondre.

La superficie de l'arrondissement, dit le Luxembourg, est de 211 hectares. Ce n'est pas la moyenne, car seuls les quatre premiers arrondissements lui sont inférieurs en territoire. Le chiffre de la population s'en ressent dans les mêmes proportions : 100,692 habitants au dernier recensement, juste ce qu'il faut pour avoir, depuis 1893, deux députés au lieu d'un seul.

Ses limites sont formées : à l'Est, par le boulevard Saint-Michel; au Sud, par le boulevard du Montparnasse, dans toute sa longueur; à l'Ouest, par l'axe de la rue de Sèvres entre le boulevard du Montparnasse et la rue des Saints-Pères, et l'axe de cette dernière rue ; au Nord, par le milieu de la Seine entre le pont du Carrousel et le pont Saint-Michel.

En dépit des deux monuments éminemment sévères situés sur son territoire, la Monnaie et l'Institut, le quartier de la Monnaie est le plus vivant, le plus peuplé, le plus ancien aussi de l'arrondissement. L'enceinte de Philippe-Auguste l'enferma dans Paris ; c'est dire qu'il

était bâti déjà, puisqu'il avait besoin de protection. La muraille partait de la Seine, juste en face de l'extrémité de la colonnade du Louvre et dans la direction du Nord-Ouest au Sud-Est, atteignait la rue Saint- André-des-Arts, où était la porte de Buci, entre le carrefour Buci et la rue Mazet. Cette dernière ne porte que depuis 1867 le nom d'un médecin mort pour la science; avant, c'était la rue de la Contrescarpe-Saint- André, ce qui suffisait à expliquer aux gens du quartier le tracé de l'enceinte. Au point 011 le mur coupait la rue Dauphine (qui n'existait pas alors) était une porte, qui fut démolie en 1673, comme obstacle à la circulation. On peut encore voir, plutôt que lire, car elle est bien effacée, l'inscription qui fut apposée, l'année même, sur la maison portant le n» 44 de la rue Dauphine, pour constater cette démolition. Et c'est à l'honneur de l'ancien temps, lorsque n'existaient ni le comité des Inscriptions parisiennes, ni la. commission du Vieux Paris, que nos échevins aient songé à marquer pour la postérité un fait historique.

Pourquoi leurs ancêtres n'eurent-ils pas la même sollicitude à nous transmettre par la voie lapidaire ce qu'ils savaient de la tour de Nesle, la tour fameuse entre toutes, qui précisément commençait l'enceinte sur la rive gauche ? Ce que nous en savons, nous, est, hélas ! un peu insuffisant ou douteux. Elle s'appelait, à l'origine de sa construction, tour de Philippe-Hamelin. A la fm du xiii^ siècle, un certain Amaury de Nesle s'étant fait construire un hôtel dont les bâtiments s'adossaient à l'enceinte de la ville et dont les jardins débordaient sur la campagne, la tour et l'hôtel prirent le nom de leur propriétaire. Ils le gardèrent après avoir passé, en 1308, à Philippe le Bel, puis, en 1319, à Philippe le Long et à sa femme, Jeanne de Bourgogne. Et maintenant, à laquelle

des reines de ce temps attribuer les mœurs aussi dépravées que criminelles que Ton sait? Laquelle attirât les Buridans de FUniversité, les recevait dans sa propre chambre pour, le matin venu, les faire précipiter du haut de la tour dans la Seine ?... Il nous sera permis de n'en pas croire là-dessus les auteurs du célèbre mélodrame, ni même Brantôme, qui écrivait, deux cents ans après les faits, ni même Villon, dont les souvenirs n'étaient pas non plus d'un contemporain, lorsqu'il dit, avec un point d'interrogation :

Semblablement où est la Royne Qui commanda que Buridan Fust gecté en un sac en Seine?...

Le doute doit profiter à l'accusée; il se pourrait bien que les crimes ^ de la tour de Nesle ne fussent qu'une légende, bonne pour les théâtres de drames.

Par la suite, le « séjour » de Nesle se transmit à divers propriétaires, dont les noms sont connus dans l'histoire : les ducs de Nevers, Marie de Gonzague, la famille de Guénégaud,les princes de Gonti. C'est à cette dernière famille qu'il appartenait lorsqu'en 17o0 la ville de Paris résolut de l'acquérir pour en faire son hôtel de ville. Pourquoi elle y renonça, on l'ignore. Sur ces entrefaites, le roi avait décidé de faire construire l'hôtel de la Monnaie sur la place de la Concorde (alors place Louis XV) que décoraient déjà les deux belles façades édifiées par Gabriel. La Monnaie était, en effet, fort mal à l'aise dans ses vieux bâtiments de la rive droite de la Seine, entre le Pont Neuf et la rue de Rivoli (la rue actuelle de la Monnaie en rappelle le souvenir). Ce projet fut également abandonné pour la raison, assez juste alors, que l'établissement se trouverait bien éloigné du centre de la ville, » et — disent les lettres patentes — « que les orfèvres et autres correspondants aux monnoies seroient obligés de perdre un temps considérable pour y porter leurs ouvrages et matières... » Ces lettres sontdatéesda I6avrill798.

Quelques mois après, la démolition de l'hôtel de Gonti était entreprise, et, le 30 avril 1771, la première pierre de l'Hôtel de la Monnaie fut posée. Les plans de l'édifice avaient été dressés par l'architecte Jacques-Denis Antoine ; il en poussa rapidement l'exécution, qui ne fut pa'S achevée, cependant, avant 1779, car les fonds avaient manqué

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