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LE GÉANT POLYPHÈME SURPRENANT ACIS ET GALATÉE

(Groupe d'Ottin, ornant la fontaine Médicis.)

d'un long et charmant bassin. En 1852, le sculpteur Ottin exécuta, pour orner la fontaine, le joli groupe de Polyphème surprenant Acis et Galatée. Avant de quitter le jardin du Luxembourg, il faut rappeler que, depuis quelques années, l'usage s'est établi d'y consacrer, par des monuments ou des bustes, la mémoire de nos artistes ou de nos écrivains morts depuis peu : Watteau, Eugène Delacroix, dont le beau monument est dû au ciseau de Dalou ; Théodore de Banville, Murger, Sainte-Beuve, Leconte de Liste. Quant aux statues des reines et femmes illustres qui, depuis trop longtemps se dressent sur le pourtour des deux terrasses, il vaut mieux n'en rien dire. Jetons enfin un dernier coup d'œil au bassin du parterre central, si cher aux navigateurs en herbe qui confient à ses flots leurs légers esquifs, aux patineurs hardis qui aspirent aux fortes gelées pour aller s'y entrechoquer.

Le musée du Luxembourg était autrefois installé dans l'aile du palais la plus proche de l'Odéon; en 1887, on l'a transféré dans l'orangerie du jardin, sise à l'Ouest du Petit-Luxembourg, avec entrée spéciale sur la rue de Yaugirard, vis-à-vis de la rue Férou. Dans l'organisation actuelle de nos musées nationaux, celui-ci est réservé aux artistes vivants, peintres, sculpteurs, médailleurs, dessinateurs. Il est sans cesse approvisionné d' œuvres remarquables, mais appelées, d'après les conditions même qui les ont fait admettre, à laisser la place à d'autres. L'espace y est en outre bien mesuré, encore qu'on ait récemment agrandi les galeries.

A l'extrémité opposée du jardin, sur lequel elle fait une emprise, l'École des mines a sa façade principale sur le boulevard Saint- Michel. Sa fondation est antérieure à la Révolution, mais, telle cj:u'elle fonctionne maintenant, elle est en quelque sorte une école complémentaire de l'École polytechnique, dont elle reçoit les premiers élèves sortants pour l'étude spéciale de la métallurgie et de la minéralogie. Elle admet, en outre, après concours, des aspirants au brevet d'ingénieur civil des mines.

Le boulevard Saint-Michel ne date que du second Empire. Si l'on

regarde un plan antérieur, on se rend compte que la voie de communication à laquelle il s'est avantageusement substitué était la rue de la Harpe. Au carrefour, resté sans dénomination, que forment le boulevard, les rues de Médicis, Monsieur-le-Prince et Soufflot, était l'ancienne porte Saint-Michel, de l'enceinte de Philippe-Auguste, porte détruite en 1684 et remplacée alors par une place dite de Saint-Michel, où il y avait une fontaine et un marché. L'enceinte suivait le tracé de la rue Monsieur-le-Prince, nommée jadis, pour cette raison, rue des Fossés-Monsieur-le-Prince.

Sur le boulevard Saint-Michel, le lycée Saint-Louis cache, derrière une façade monumentale, les bâtiments beaucoup moins beaux du collège d'Harcourt, auquel il a succédé. Ses titres de fondation sont vénérables, car ils datent de 1280. On ne songeait guère alors à la rue Racine; elle ne fut percée qu'en 1779, pour servir de dégagement à l'Odéon jusqu'à la rue Monsieur-le-Prince, son prolongement jusqu'à la rue de la Harpe ne date que de 1826. En revanche, la rue de VEcolede-Médecine. existait dès le moyen âge sous le nom de rue des Cordeles ou des Gordeliers, parce que le couvent des Gordeliers, célèbre au moyen âge, plus célèbre encore comme club révolutionnaire, y était situé. De ses bâtiments est restée debout une belle salle du xv^ siècle, le réfectoire des religieux, devenu musée Dupuytren, mais les constructions annexes de FÉcole de médecine Font si complètement enveloppée qu'il est bien difficile maintenant de l'apercevoir du dehors.

En face, s'ouvre la rue Hautefeuille, qui a conservé quelques gracieuses tourelles en encorbellement. D'où vient ce nom de Hautefeuille? d'arbres de stature élevée? Ce serait trop simple. L'éminent érudit Quicherat a établi qu'avant la construction du couvent des Gordeliers, cette rue se prolongeait sur le flanc de la colline jusqu'à un vieux château datant du haut moyen âge, situé vers la porte Saint- Michel, dont nous venons de parler, et nommé en vieux français hautfeuil ou haute folie. Ge mot avait alors le sens de trahison, d'embuscade, et le nom en avait été donné au château à la suite de quelque sombre aventure.

L'École de médecine — que Ton doit plus exactement appeler la

, Pliot. Neurdein.

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