‹ Paris au boisChapitre 15 sur 24 · LE MANÈGE DE LA PORTE MAILLOT · texte numérisé non relu

LE MANÈGE DE LA PORTE MAILLOT

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chevaux en confiance ; ils comptent pour peu de chose l'inlelligence de l'animal, el, confiants dans leur propre adresse, ils ne cherchent pas à prévenir par une entente cordiale des résistances qu'ils ont la prétention de surmonter grâce à leur assiette, k leur vigueur et à la connaissance approfondie qu'ils possèdent de l'organisme du cheval.

Il n'est à leurs yeux qu'une machine très sensihte, très compliquée, mais dont ils connaissent à fond la construction et dont ils se font forts d'arrêter ou de mettre à volonté en mouvement chaque ressort.

Je ne croîs pas beaucoup aux règles invariables en matière d'éducation, même quand il s'agit de nos semblables, et je doute qu'on puisse appliquer à tous les animaux, si difTérents entre eux, des procédés de dressage mathématiquement identiques. Il me semble (]ue ce qui réussira avec les uns exaspérera fatalement les autres. Mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit.

Le manège circulaire en question se trouve situé presque en face du pavillon d'Armenon ville, au milieu du taillis qui s'étend à droite de la roule portant de la porte Maillot pour aboutir au Jardin d'acclimalalion. C'est un cirque découvert cerné par une palissade d'un mètre de hauteur environ. Le terrain est bon et l'endroit propice pour les gens qui voudraient, sans perte de temps, s'assurer des aptitudes d'un cheval à acheter. Je dois dire que je n'ai jamais vu personne l'utiliser de cette façon.

Ses b&bitués sont peu nombreux, mais assez assidus. Ce sont les derniers amateurs de haute école, disciples atlardés de Baucher, espèces de maîtres de donn hippique dont l'uoique préoccupation est de substituer aux allures naturelles du cheval un certain nombre de courbettes et autres gentillesses qui sont au trot et au galop l'équivalent du menuet et de la gavotte pour la marche el la course.

Loin de moi la pensée de médire de ces différents exercices ; mais chaque chose doit être faite en son lieu et place, el il me semble qu'un cavalier qui se met à faire du passage ou du pas espagnol au milieu de l'avenue du Bois n'est pas moins ridicule qu'un piéton qui traverserait la place de la Concorde sur le pas du boston ou de toute autre danse de caractère. Il y a, pour se livrer à ces exercices spéciaux, des édifices non moins spéciaux : ce sont les manèges et les salles de danse.

On me dira que bien des gens dansent au milieu de la rue. Je le reconnais, mais outre que ces danseurs en plein vent n'ont pas la prétention d'appartenir an high li/e, ils ne s'adonnent pas jusqu'à présent à cet exercice d'une façon quotidienne. Ils attendent le 14 juillet. Pourquoi les cavaliers de haute école n'imilent-ils pas cette sage réserve?

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