SCÈNE XII
ANATOLE, il marche à la tête des paysannes,
CHCffiUR DES PAYSANNES, en entrant. Air de Pique- Assiette.
Accourons,
Dépêchons, Monsieur pour vous plaire.
Nous venons tOHt's avec mystère, Quand vous voudrez vous fair' servir.
Vous pouvez nous faire avertir ; Nous sommes là pour vous obéir.
Nous venons ici pour vous plaire, {bis)
ANATOLE
C'est bien mes petites amies, nous donnons une fête ce soir et madame Dermance vous y invite toutes.
LES PAYSANNES
Ab! quel plaisir!
ANATOLE
Oui, mais vous savez, ou vous ne savez pas, que pour entrer à notre Tivoli comme à celui de Paris, une mise décente est de rigueur.
VHE PAYSi^NME.
Une mise décente !
ANATOLE
II ne faut pas que cela vous effarouche , ça veut dire une mrse
soignée. . .
LA PAYSANNE
J'entends bien, nous mettrons no» déshabillés des dimanches , nos grands bonnets.
Vous ne mettrez rien de tout oa... J'ai pour chacune de vous un costume dans le dernier genre que je viens de faire porter à la ferme, il ne vous reste plus maintenant qu'à aller vous habiller.
LA PAYSANNE
Mais ça uous ira-t-il ?
ANATOLE
Ça vous ira à merveille,
rNE DEUXIÈME PAYSANNE.
C'est fort bien ; mais qu'est-ce que diront nos maris ?
TNE TROISIÈME PAYSANNE.
Ils vont nous gronder.
ANATOLE
Vous gronder !... au contraire, c'est pour eux ce que j'en fais. Dites-moi, Nicole, votre mari est-il bien empressé, bien aimable auprès de vous?
LA PREMIÈRE PAYSANNE
Lui, monsieur, ma foi non, il est toujours de mauvaise humeur.
ANATOLE
Et le vôtre, Catherine ?
LA DEUXIÈME PAYSANNE
Ah ! ne m'en parlez pas, le mien est un ivrogne.