JEAN, LOUISE
Ah.' ah! etc.
ANATOLE
Ah ! ah !
Les voilà ! Pauvre petite, Elle est tout interdite.
Ah! ahl Les voilà.
Us sont vraiment très-hien comme cela.
tOCISE.
Eh! bien, monsieur, ai-je ti bonne façon avec ces belles manches 1'.
JEAN
Et moi, monsieur, ai-je ti le genre?
ANATOLE
Vous êtes à ravir. . . Comment donc Jean, tu portes un de mes habits presque aussi bien que moi.
JEAN
C'est là un de vos habits, n'est-ce pas qu'il me va bien ?
ANATOLE
Tu n'es pas mal d'honneur. . . Mais tous les suffrages seront pour Louise.
JEAN
Il est certain qu'elle est fièrement bien pomponnée.
ANATOLE
Air : Rendez-moi tnon ccuello de bois.
De son teint, j'aime la f, aîcbeur.
JEAN
Quelle robe élégante!
ANATOLE
Quelle précieuse candeur!
Quel' ceinture brillante !
Ses traits sont doux et gracieux.
JEAN
3 'crois qu'ses bas sont de filoaelle.
ANATOLE
Elle a surtout de forts jolis yeux.
JEAN
Et ses souliers d'prunelle.
ANATOLE
Ah! ça mes amis, ce n'est pas tout que d'être mis à la mode, il faut encore prendre les manières des gens comme il faut.
JEAN
Ah! oui, des manières aimahles et séductrices... Ai-je l'air assez déréglé comme ça ?...
( // prend une attitude et lorgne Louise. )
LOCISE.
Et moi, monsieur, ma tournure est-elle assez distinguée. [Elle cherche à se donner des grâces.)
Ajh : Elle cùl ùtcr'uhcà Paris^ elle fut heureuse au vUia^9. l''aul-il riicî fau»-il chanter î J'alluns iniilcr la l'auvcltc, Piéltre-t-on danser, sauter, Dam' il faut me voir sur l'iierbctle.
Je pouvons, si c'est votre avis, Essayer autr' chose pour plaire.
Tout c'que l'ont les dam's de Paria, Je suis en état de le faire.
ANA.TOLE.
Elle a de la bonne volonté, on en fera quelque chose [A Jean.) Conimenpons par toi, sais-tu saluer?
Si je sais saluer. . . voyez plutôt... (// salue gauchement.)
ANATOLE
Non, c'estgauche... Tu te places ainsi... le cou sur les épaules, les épaules sur les hanches.
JEAN
Le cou sur les hanches .'
ANATOLE
Eh! non. . . sur les épaules. . .
JEAN
Ah! oui. . . j'y suis.
ANATOLE
Et tu salues comme cela. .. [llsecoue la tête sans remuer le corps.)
JEAN, cherc/iant à l'imiter.
Comme les petits chinois qui sont sur la cheminée de madame.
ANATOLE
Ensuite tu parcours !e jardin, en fredonnant une chanson, et tu vas l'asseoir... Tu as soin d'occuper trois ou quatre chaises.
JEA>'.
Quatre chaises pour moi toiit seul?
ANATOLE
C'est le dernier genre.
LOUISE, montrant un sac qu'elle tient à (a main. A propos, monsieur, qu'est-ce que c'est donc que celte petite poche qu'on m'a donnée là ?
Ça, mon enfant, autrefois c'était un ridicule... maintenant ça se nomme un farceur.
JEAN
V'ià un drôle de ;:om !
ANATOLE
Ces* là ded;ms qu'on met les billets doux, les scrmens d'amour, de fidélité.
LOflSE.
Dans un farceur. . .
JEAN
Ah! je comprends!. . . à présenl l'amour, le sentiment, la fidélité, tout ça tombe dans la farce.
LOfISE.
Ahl j'aperçois monsieur Valvieux.
JEAN
Ton parrain, qu'ei-t-ce qu'il va dire en nous voyant comme ça?