LE DEUXIÈME PAYSAN
Allons , asseï de danse comme ça ; en route. ( Les paysans quittent leurs hottes et les placent sur les tpaules de leurs femmes.) ^ Mad. blinval. ^^
Ah ! malheureux !.. . qu'allez-yous faire ?. .. C'est époil^btable, c'est un guet-à-pens... Dans quel siècle sommes-nous ANATOLE , se jetant au milieu d'eux.
Etieurs toilettes I vous allez déchirer leurs robes- {AVakieux) Monsieur , de grâce , interposez-vous.
VAtviEf X , froidement.
Monsieur, je n'ai ici aucune autorité. Je ne suis qu'un pauvre homme tout au plus propre ù être mené à Charenton ; c'est vous qui l'avez dit toul-à-rheure.
ANATOLE
Allons, je le vois, c'est une véritable conspiration dont monsieur est le chef.
MAD. BLINVAL, à Valvieux,
Et vous oseriez après ceia prétendre à la main de ma nièce ! si elle était encore assez faible pour vous recevoir, je la déshériterais... .
VALTIECX.
Soyez Iranquille , madame , je sais ce qui me reste â faire.
SCEInE XX.
Les Mêmes, JEAN ei LOLISE.
( Us ont changé de vctemem. Jean a pris la robe de Louise, et Louise Chnhit de Jean.
JEAN ET LOmSE.
Ah ! ah I {Comme à ta Scène XIV. )
ANATOLE
Ah ! mon ilioii , comme les voilà faits '•
VALVIEl'X.
Quelle mascarade ! Et vous osez tous présenter ainsi devant . moi !
JEAN
Ne m'avcz-vous pas dit de quitter mon frac ù la mode ?
LOl'ISE.
El moi , ma robe de ville ?
VALVILCX.
Oui , «ans doute.
JEAN
Eh bien , j' vous avons obéi.
ANATOLE
Les imbécilles !
JEAN
Comment imbécilles ! Ne nous aviez-vous pas recommandé de venir au bal avec nos nouveaux costumes?
ANATOLE
Certainement.
JEAN
Eli bien, les voilà. Nous n'avons fait que changer.
ANATOLE
Décidément ils ont tous perdu la tête.
VALVIECX.
Et c'est h VOUS qu'ils le doivent. ( J Jean et Louise ). Mais cela ne se passera pas ainsi. Vous connaissiez mes intentions. Ne comptez plus sur moi pour votre mariage.
LonsE.
Ah! mon dieu , mon dieu ! qu'alions-nous faire? {A Madame Blinval.) Madame, intercédez pour nous.
MAD. BLIKVAL.
Moi, j'en serais bien fâchée.
JEAN
J'en mourrai de chagrin, c'est sûr.
Air du Carnaval de Béranger.
Un tel malheur ici tue décourage, C'est Tcoup d'Ia niort pour un sensible amant. Comuient plusd'doti aÎDsi plus d' mariage, V'ià donc d'un coup not' ménage au néant.
LOUISE
N'vous l'àcbez pas pjur un' pareille vétille, Mou ciîcr parrain, vjus dunt l'uœur est 5i bon.
JEAN , montrant Louise.
Ne souffrez pas que monsieur reste fille 1
LOUISE , montrant Jean.
Ne souffrez pas qu'mamsell' reste garçon !
{Ils se jettent a ses genoux.)
MA.D. DEfiMANCE , d Vahieux.
Allons, monsieur, laissez-vous attendrir.
VALVIETIX.
Eh bien , qu'ils se nnarient ; qu'ils adoptent les modes de Paris , el ils m'en diront des nouvelles.
JEAN
Ah ! j' vous jure bien qu' nous en avons assez comn'.e ça.
LOUISE
Et moi aussi.
LES PAYSANNES
Et nous aussi.
LE PREMIER PAYSAN
Vous v'iâ donc devenus raisonnables !
VAL VIEUX, à part.
La leçon a produit son effet.
MAD. BLfNVAt.
Vous comprenez, ma chère nièce, qu'après un pareil scandale, je n'ai plus qu'à refaire mes malles . . Vous m'accompagnerez , n'est-ce pas, monsieur Anatole.
ANATOLE
3Ia foi , j'en aurais bien envie,
VALVIEUX.
Parlez, partez, je vous le conseille. (^ Mad. Dermance ). Quant â vous, madame, j'espère que vous nous restez .'. . .
MAD. DERMANCE.
.'e vous dirai cela tantôt.
ANATOLE
Vous triomphez, monsieux Valvieux, t'est le moment de voiîs montrer généreux.. . Il faut que tout ça finisse par un galop général. . .
VALVIEUX.
Comment encoie. . .
ANATOLE
Allons, monsieur Valvieux, la main aux dames. . .
[Madame Dermance présente sa viain d Valvieux). VALVIEUX, souriant.
Galcpcr à 55 ans, c'est un peu dur. . . mais, pour une fois. .. (// prend madame Dermance , Anatole prend madame Blinval , Jean donne ^c bras d Louise , tous les paysans s\inisscnt aux paysannes. )
cncœi'u.
Au du chœur Onalde Matin et Soir.
Jusqu'à demain mettons-nous en cadence, Que la gaîté préside à notre bal.
On a l'eiprit et le cœur à la danse, Quand le plaisir a donné le signal.