LE MAITRE DE DANSE
Oui , madame, un galop général.
mad. blinval.
Un galop général ! alors j'en suis, tu en seras aussi , ma nièce /
MAD. DEBMANCE
Je suis si fatiguée.
MAD. BLINVAL
Et moi donc ! mais un galop! pour tout au monde je ne manquerais pas un galop. Si tu savais pourtant les scènes que j'ai eues l'hiver dernier avec mon mari .' Monsieur ne voulait-il pas m empêcher de galoper! mais je lui ai bien dit son fait.
Aia nouveau de M. Amédécde Beauplan.
C'est le galop, le galop Qui fait le bonheur de ma vie.
Par un galop aussitôt De dix ans je suis rajeunie. '
Qu'il est piquant, qu'il a d'attrails ! Nuit et jour je galoperais, Dans la Chine au galop j'irais.
Cher ami, cher époux, laissez-moi galoper. Ou je fais un éclat et je vais m'échappcr.
Pour II a verser les salons, Lorsqu'on passe à reculon», On briive des périls dont je fais mes délices. Les galopeurs maladroits Se heurtent bien quelquefois; J'en porte avec fierté les nobles cicatrices. Car le galop, le galop
Fait seul le bonheur de mn vie;
Par un galop aussitôt
De dix ans je suis rajeunie.
Changer de danseur tout-à-coup.
Me réjouit cncor beaucoup
Cette inconstance est de mon goût.
riicr ami, cher époux, laissez-moi galoper
Ou jo fais un éclat et je vais m'écliapprr.
'vîais il va tourner le dos, Je saisirai l'à-propos. . .
Bon quelqu'un vient à hù, l'instant tsl favorable, Mon danseur est à deux pas, Allons, donnons-lui le bras.
{Elle prend le bras cCAnaioh).
Partous et répétons ce refrain adorable. C'est le galop, le galop, etc.
{Pendant ce refrain, elle entraîne Anatole et galope avec hd.)
C'est qu'en vérité il n'y a rien de comparable à un galop : aussi je me propose bien de paraître un jour dans celui de Gustave à l'Opéra.
ANATOLE
C'est du dernier genre. {Aa maitrede danse) allons, monsieur, commençons. [Anatole offre le bras àMad. Blinval et d Mad. Der~ vxance. )
MAn. BLINVAL, rt Valvicuv
Eh bien , monsieur, vous n'en êtes pas ?
VALVIEUX.
Non, madame, je ne me dispose pas encore à figurer à i'Opéra. [Les paysannes se mettent en place pour le galop.)
CHOETJR EN DEHORS.
Am : Ouii ions les soirs à la veillée (de Jenny), Allons, allons à la prairie.
Il faut terminer nos travaux.
Quand la reçoit' sera finie, Nous nous lÏTrerons an repos.
[Les paysans entrent avec des hottes et des gaules.)
REPRISE DU CnOEVR.
Allons, allons à la prairie, etc. .
( A Caspect de leurs maris , les paysannes quittent la danse et paraissent tout interdites. )
MAD.DERMANCE
Que veut dire ceci ?
MAD. BLINVAL
C'est sans doute encore une surprise de monsieur'Anatole , quelque ballet champêtre.
VALVIEUX, rt pari.
Oui , en action.
ANATOLE , interdit. D'honneur, je ne sais.
LE PREMIER PAYSAN, aux Paysannes.
Ali- ça , ii'ètes-vous pas honteuses, vous autres, d'être ici à danser , quand nous avons tous les pommiers de monsieur Vaïvieux d iraulcr !...
Sï 36 m
màd. blinval.
Ah ! mon Dieu , quel langage 1 venir parler de pommiers aii milieu d'un galop!
lE PREMIER PAYSAN.
Soyez tranquille, nous leur en donnerons du galop.
MAD. BLINYAl.
Dans quel pays suis-je venue ?
VALVIEUX.
En Normandie, madame, au milieu de bons villageois qui iic connaissent pas les usages de Paris ; mais qui , en revanche , connaissent fort bien les travaux de la campagne.
ANATOLK.
C'est une horreur •' [A Mad. Dermance) Et vous souffririez !
MAD. DEaiMANCE.
J'en suis comme vous toute stupéfaite ; mais que faire ?